L’industrie du comics book, et principalement américain, propose de nombreux genres. Le super-héroïque, le fantastique, la romance, le récit d’anticipation, etc, etc. On pourrait en citer des dizaines. Nous avons parlé sur le blog de nombre d’entre eux via nos différentes reviews. Chacun a sa préférence et un genre le fera voyager différemment d’un autre. Mais, car il y a forcément un mais, il est un genre dont nous n’avons encore pratiquement pas parlé. Et ce genre c’est les crossovers !

L’industrie américaine adore cela. Faire se croiser des personnages de différents univers pour raconter une histoire commune. Certains lecteurs diront que le but n’est que de faire de l’argent en ciblant la fanbase des deux séries respectives, ce qui n’est pas complètement faux. D’autres que cela vient de l’envie d’auteurs de voir des personnages iconiques se rencontrer. On peut penser à Batman / Tortues Ninjas, à Power Rangers / Tortues Ninjas ou encore à Usagi Yojimbo / Tortues Ninja (oui je prends uniquement des exemples avec les tortues mutantes et alors ?!). Mais aujourd’hui on ne va pas parler de ces crossovers mais de celui qui amène l’univers du chevalier noir en collision avec un icone de la pop, The Shadow.

Personnellement je ne connaissais pas le personnage de Shadow avant la lecture de ce tome écrit par Scott Snyder et Steve Orlando. Le personnage fait partie de l’écurie de l’éditeur Dynamite qui a bien sûr donné son avis pour voir les deux univers se mêler (en même temps qui cracherait sur un crossover avec le chevalier noir). Mais le parti pris par les auteurs est d’avoir fortement en avant l’univers du personnage par rapport à celui de Batman. Le choix est astucieux. On connaît tous, plus ou moins, l’univers de Gotham et ses antagonistes. Le fait de mettre Shadow sur le devant de la scène en utilisant l’un de ses personnages comme antagoniste principal permet de définir les contours de ces récits sans faire trop d’exposition. Cela a le mérite de ne pas perdre le lecteur tout en définissant l’histoire qui nous est donné de lire.

Même si forcément Scott et Steve amène la mytho du chevalier noir avec sa rogue gallery et notamment son antagoniste majeur, le Joker. Mais outre ce dernier, il passe clairement au second plan et on ne retient qu’un quator de personnages, deux provenant de DC et deux de Dynamite, deux héros, deux vilains. Symétrie parfaite. Mais là où les auteurs font mouche c’est sur la symbolique apportée à la relation entre Batman et Shadow. Le second a été l’une des inspirations, tout comme Zorro par exemple, pour le premier lors de sa création. Et l’intrigue va nous dévoiler que Shadow a été présent pour entraîner Bruce dans ses jeunes années, juste avant qu’il n’enfile la cape. Quand la fiction rattrape la réalité, Shadow a inspiré Batman dans les années 30, ici il a permis à Bruce de définir le justicier masqué via son entrainement.

Outre ce parallèle très bien senti, l’intrigue met en place une série de meurtres mystérieuses sur laquelle Batman va enquêter. Le récit est donc axé sur l’aspect le plus intéressant du personnage, à mon sens, ses qualités de détective. Shadow apporte quant à lui un petit côté mystique et mythologique en lien avec son passé. Et moi dès qu’on dit mythologie i’m on board ! (Je dois être l’un des rares qui apprécie plutôt le Joker mythologique de Snyder lors des New 52). Les auteurs aborderont l’immortalité, le poids de ce type de don, la relève des personnages et bien d’autres notions.

Côté graphique, c’est le génialissime Riley Rossmo qui est à la manœuvre. Si vous ne le connaissez pas je vous conseille fortement de vous pencher sur son travail. Et plus précisément sur la série Martian Manhunter publié actuellement en VO par DC. Faites-vous ce petit plaisir avec cette maxi-série en 12 numéros, complètement libre de la continuité et qui propose de la science-fiction comme on en fait peu. Mais je déborde du sujet. Le trait de Rossmo est très atypique, c’est certain. Il ne colle pas avec tous les personnages, surtout des personnages mainstream comme Batman. Et ça se voit. J’ai préféré ses représentations de Shadow et son antagoniste plutôt que celle de Batman, le Joker, Pingouin et consort. Probablement parce que je n’avais pas de point de comparaison pour ceux de Dynamite. Ce qui n’est pas le cas pour ceux de DC. Je pense aussi que Batman n’est pas le personnage le plus adapté à son style. Batman est trop carré, pas assez psychédélique pour que le mariage se fasse avec le dessinateur. Le Joker pourrait satisfaire ses pré-requis mais là aussi il manque quelque chose à mon sens. Ce n’est pas une déception mais clairement un cran en-dessous de Martian Manhunter (LISEZ CETTE SERIE !!!). Néanmoins si vous aimez les illustrations qui sortent du moule mainstream, cela vous intéressera.

Pour conclure, ce crossover Batman / Shadow est une lecture agréable. Intrigue bien ficelée et qui tient en haleine jusqu’au bout, brin de mysticisme et de mythologie, explications méta en rapport à la création des personnages et dessins de Riley Rossmo (même si pas au top de son talent). Pas indispensable, l’oeuvre représente une alternative pour ceux qui voudraient lire du Batman hors continuité ou qui seraient intrigué par Shadow.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65

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