Les fans de la créature du marais sont gâtés sur les dernières semaines. Nous ne remuerons pas le couteau dans la plaie de la série live qui a été annulé avant même la diffusion de sa première saison, mais au moins celle-ci a le mérite d’exister. Mais surtout ce pour nous pouvons nous réjouir vient de la publication par Urban Comics de deux séries sur le personnage, l’une par Alan Moore, dont nous parlerons dans quelques temps, et celle qui nous intéresse aujourd’hui. Celle qui reprend la genèse du personnage d’Alec Holland. Mettez vos bottes et vos imperméables, on part dans le marais avec la création de Len Wein et Bernie Wrightson, Swamp Thing !

Urban regroupe dans cette édition le one-shot qui a mis en place le personnage de Swamp Thing. Les auteurs n’avaient absolument pas prévu le succès de cette série. Mais les success story commencent souvent comme cela. Et après quelques mois, où les lecteurs réclamaient à corps et âme le retour de la créature du marais, Wein et Wrightson ont décidé de lui donner des aventures. Urban reprend donc les 13 premiers numéros de la série et ajoute en fin de recueil le Swamp Thing Winter Special écrit par Tom King et dessiné par Jason Fabok. Mais surtout ce Swamp Thing aura été l’occasion d’égrener le nouveau label Urban Cult. Un dos arrondi, du papier du qualité, Urban a mis la barre haute dans un écrin qui donne toute sa mesure à cette histoire. J’espère le revoir très vite !

Trêve de blabla sur l’édition et passons maintenant à son contenu. La série originale date du début des années 70. Si vous avez déjà lu d’anciens récits de cette période vous savez probablement ce que ça veut dire en terme de story-telling, de dialogues, de traduction. Il faut apprécier cette manière de raconter une histoire qui est complètement différente de ce qui nous est proposé actuellement. Néanmoins Swamp Thing se démarque sur de nombreux points ! Au niveau story-telling on reste sur du classique, un chapitre raconte une petite histoire se terminant en 20 pages. Il y a bien sûr un fil rouge et des personnages récurrents. Chacune de ces histoires met en place l’aspect légèrement horrifique mais surtout surnaturel et bête de foire du personnage. On nous propose un bestiaire de monstres que Swamp Thing doit aider ou combattre. J’ai trouvé cela très rafraîchissant, sachant que l’on ne trouve pas ça avec tous les personnages.

Mais surtout ce qui m’a marqué, que ce soit par sa qualité mais aussi par la distance que l’oeuvre prend par rapport à ses congénères de l’époque, vient de la narration, des dialogues et de la traduction. Quelle claque ! Quelle majestueuse claque !! Len Wein démontre rapidement qu’il doit être un homme très cultivé et cela se ressent avec le langage soutenu qu’il emploie. Envolées lyriques, descriptions riches et immersives, dialogues non clichés, voilà les ingrédients d’une oeuvre magistrale. Et cela ne m’a jamais semblé élitiste, bien que soutenu les termes employés sont compréhensibles. Et surtout la traduction proposée est fabuleuse ! Aucune expression désuète et datée, tout est parfait et dans l’air du temps. Un véritable bonheur !

Maintenant il reste à parler de la partie graphique (ne vous fiez pas aux images de l’article, la qualité des couleurs est bien meilleure dans l’oeuvre). Urban a fait le choix de publier l’ensemble des chapitres en noir et blanc. Je ne vais pas commenter le choix et ne pourrait pas savoir si la couleur aurait amélioré l’aspect de l’oeuvre. Je vais juger sur pièce. Et force est de constater que le trait de Bernie Wrightson s’accommode parfaitement du noir et blanc. On distingue la richesse de son trait et le foisonnement de détails. Je me dis que la couleur aurait pu noyer tout cela, surtout un emploi important de vert dans les marais par exemple, et qu’ici on sent les pages respirer. On a la possibilité de se pencher sur chaque recoin. Même si c’est vrai qu’une pointe de couleur aurait pu mettre en avant certaines parties (un peu à la Sin City).

Pour moi, au final, le seul point faible de l’oeuvre (surtout de la partie d’origine) vient du fait que Swamp Thing ne parle pas. On a donc droit aux fameuses bulles de pensée qui décrivent les actions du personnage comme les lecteurs peuvent les connaitre. C’est le seul bémol que je lui trouve. Outre cela, cette édition de Swamp Thing est une vraie pépite. Que ce soit par la qualité d’édition ou bien des histoires racontées, par un langage et une traduction merveilleuse et des dessins sublimes. Il y a tout ! Si vous voulez voir la naissance d’un personnage important de l’industrie du comics, c’est ce tome qu’il vous faut. Et ça vous permettra de préparer le terrain avant le run du fameux barbu britannique.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67

Une réflexion sur “Swamp Thing par Len Wein : Comics Review

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