On dit souvent que la littérature ou même la culture ne produit plus rien de neuf ! Que tout ce que les auteurs de l’imaginaire actuels ne sont que des répétitions de thèmes et d’histoires déjà connus (le mythe du héros aux 1000 visages, toussa toussa). C’est plutôt vrai, même si on pourrait en débattre longtemps. Et puis à certains moments des auteurs prennent cet état de fait à bras le corps pour sortir un bon gros fuck à ceux qui pensent cela. C’est un peu le cas avec Ody-C, la réinvention / réinterprétation du mythe homérien par Matt Fraction et Christian Ward.

Même si vous ne l’avez jamais lu vous aurez obligatoirement déjà entendu parler de l’Iliade et l’Odysée d’Homère. Récit mythologique racontant la guerre de Troie et le retour d’Ulysee dans sa contrée d’Ithaque. Et même si l’oeuvre littéraire ne vous dit vous avez déjà du voir des films parlant de cette période (le Troie avec Brad Pitt peut-être). Toujours est-il que l’oeuvre est gargantuesque et regorge d’idées et de passages mythiques qui en fait un récit épique, génial mais aussi complexe. Et là-dessus Matt Fraction a du avoir l’idée un soir de réinterpréter ce lore et cette mythologie à sa sauce mais surtout avec le prisme de notre société actuel. Une société bien plus tourné vers les étoiles.

On prend donc les dieux olympiens et on les transpose dans les étoiles, Poséidon devient la déesse (bah oui pourquoi pas) des étoiles plutôt que des mers, … On suivra le périple de trois guerrières qui, après avoir réussi à mettre fin à la guerre de Troia grâce au fameux cheval, tente de rentrer chez elles. Mais les déesses ne laisseront pas les choses se dérouler aussi facilement, elles cherchent un divertissement après avoir vu une guerre durant tant d’années. Chacune des trois héroïnes devra donc affronter des épreuves connus de l’oeuvre originale, le cyclope pour ne citer que lui.

On se prend très facilement au jeu de l’intrigue, et pour un fan comme moi de cette époque mythologique c’était un pur régal de lecture. Ody-C c’est le type d’histoire qui te fait crier au génie lorsque tu la parcours, le type d’histoire à laquelle tu aurais aimé penser. Basé sur un pitch si simple mais si puissant. Mais attention si l’oeuvre d’Homère était complexe, sa petite sœur n’évite pas non plus cet écueil. En effet la narration n’est pas toujours facile à suivre. Que ce soit dans la liste assez importante de personnages à suivre, ou encore dans les différentes lignes de narration qui se chevauchent parfois. Ce tome ne sera donc probablement pas un bon tome de chevet à explorer avec les yeux à moitié fermé, sauf si vous souhaitez rejoindre Morphée le plus rapidement possible.

Et puis ce qui prend une importance majeure dans une bande dessinée, comme son nom l’indique, vient également de la partie graphique de l’oeuvre. En plus d’être un récit de transposition passionnant, Ody-C est également une claque visuelle. Comme la plupart des travaux de Christian Ward.

Dès la première page on ressent le style de Ward et son immense travail ! Je commencerais par une partie qui m’a légèrement moins emporté, et c’est purement sur le trait des dessins. Même si j’aime énormément les styles un peu brouillons, qui sortent un peu des sentiers battus, celui de Ward ne m’a pas conquis. Trop brouillon peut-être dans la représentation des visages notamment. Mais le point reste assez minime et ne m’a pas empêché de prendre un grand plaisir.

Et sur le reste c’est bien la claque dont je parlais. Les compositions sont absolument dingues, dantesques, grandioses d’inventivité, [insérez ici le superlatif à employer], …. Littéralement à certains moments on sent que Ward définit de nouveaux éléments inconnus à notre civilisation, et on reste simplement bouche bée.

Et finissons avec l’aspect qui attire probablement l’œil du lecteur le plus rapidement, à savoir le travail de colorisation. C’est probablement ce qui m’a poussé à me lancer dans la lecture au départ. Et je ne m’étais pas trompé. Que dire d’autre à part qu’on en prend plein les yeux ?! Une véritable dinguerie. A l’image de l’oeuvre d’ailleurs, follement inspirante mais parfois très complexe. On se perd parfois dans la colorisation démentielle et qui challenge notre perception préconçue des choses.

Pour résumer, Ody-C est une oeuvre brillante mais complexe à la fois dans son scénario et sa partie graphique. Mais on ne va pas se mentir ses petits défauts n’éclipsent aucunement ses immenses qualités. Il serait dommage que vous passiez à côté d’une telle oeuvre. Ody-C est encore la preuve, à mon sens, que l’indépendant a tellement plus à proposer que les publications mainstream.

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