Tu l’as sans doute remarqué ami lecteur, mais aujourd’hui même, sort dans les salles obscures, Shazam de David F. Sandberg,  avec Zachary Levy dans le rôle titre, et dernière itération de ce qu’il convient d’appeler les Worlds of DC (RIP le DCCU). L’occasion pour l’Atelier, un peu comme tout le monde, de nous pencher sur le récit qui a grandement inspiré le scénario du dit film, à savoir Shazam par le duo gagnant de la Distinguée Concurrence, j’ai nommé Geoff Johns et Gary Frank.

Le pitch, tu le connais certainement déjà, lecteur averti que tu es, mais je te fais la version courte. Billy Batson, jeune garçon orphelin et caractériel, est trimbalé de familles d’accueil en orphelinats depuis toujours. Mais lorsque la famille Vasquez l’accueille en son sein, tout va changer pour Billy, notamment à partir du moment où il  est choisi par un vieux sage, pour devenir la nouvelle incarnation du champion de la Terre, face à un danger imminent, celui de son alter ego, Black Adam. Pour cela il sera doté de la sagesse de Salomon, de la force d’Hercule, de la résistance d’Atlas, de la puissance de Zeus, du courage d’Achille et de la vitesse de Mercure, soit l’anagramme SHAZAM.

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Moi, pour rendre mes reviews intéressantes, je mets des vieux, ça fait hyper mystérieux (comprenne qui pourra)

D’ailleurs, première différence notoire avec le film, le personnage de Black Adam, qui est ici bien présent, alors que celui-ci devrait faire l’objet d’un spin off au cinéma, avec… The Rock Dwayne Johnson dans le rôle titre !

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Plus je vois Billy Batson, et plus je ne peux m’empêcher de le considérer comme une version mal élevée de Bruce Wayne jeune, la faute à Batman Terre-Un peut-être

Comme par magie

Mais attardons nous ici sur un point plus central du récit papier, et celui qui a certainement motivé la Warner à développer au cinéma un personnage méconnu du grand public, c’est-à-dire pourquoi c’est si bien Shazam ?

Il n’est de secret pour personne, que Geoff Johns, au-delà de tout le talent qu’on lui connaît, possède de surcroît, un don tout particulier pour les Origin Stories (Green Lantern, Flashpoint, Batman Terre-Un). Ici la règle est largement vérifiée afin de dépoussiérer, c’est peu de le dire, un personnage dont les origines remontent aux années 1940, dans une maison d’édition nommée Fawcett Comics, rachetée par DC Comics en 1972, qui avait pris soin quelques années auparavant de traîner Fawcett en justice pour… plagiat de Superman. Si on ajoute à cela le fait que le personnage s’appelait alors Captain Marvel (sic), un relooking et une réécriture du personnage semblait s’imposer, autant sur l’aspect scénaristique que cosmétique.

D’ailleurs, le multivers DC, si brillamment dépeint par Grant Morrison dans Multiversity, que Martin a évoqué ici , intègre les créations de Fawcett Comics sur la Terre n°5. Certes, on avait également entraperçu Shazam dans Kingdom Come, mais le personnage était relativement passé sous le radar au tournant des années 2000. Et c’est là qu’entre donc en scène Geoff Johns, ancien chef de la publication chez DC et un des auteurs majeurs de la maison. Et Johns va nous proposer un point d’entrée parfait pour le personnage. Aucune backstory n’est à maîtriser, si vous ne connaissez pas Shazam et que vous voulez le découvrir, ce comics est fait pour vous !

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Grâce à sa famille d’accueil, l’aventure de Billy va prendre une tournure « Goonies » très inattendu

The Boss is Here

Loin de proposer une énième version de l’anti-héros, qui se retrouve pour on ne sait quelle raison, tributaire d’un pouvoir bien plus grand que bla bla bla… Johns, en tout cas, c’est mon interprétation, livre ici un regard tout en nuance sur l’innocence propre à l’enfance. L’exaltation, la colère, l’injustice, le rêve, tout ici se mêle, pour proposer une vision quasi-phantasmée du mythe du super-héros, mythe reposant lui-même sur des personnages mythiques/mythologiques de la Grèce Antique.

On peut justifier simplement cette assertion par le fait que, gamins, je pense que l’on a tous eu ce rêve inaccessible de se retrouver avec des super pouvoirs pour pouvoir combattre les injustices dont on était victimes. En sous-texte c’est ce que cette version de Shazam nous montre, et révèle grâce à cela, un potentiel d’identification, notamment des plus jeunes, plus fort et surtout plus large qu’un Bruce Wayne marqué par le deuil, ou qu’un Superman born to rule. Et pour les plus cartésiens, et les moins nostalgiques d’entre vous, ceux qui auraient du mal à se remémorer leur âme d’enfant, il reste toujours la partie graphique.

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Une des nombreuses « Frank faces » de l’histoire, petit bijou graphique

Le Duo Gagnant

J’avais découvert l’association sur Batman Terre-Un, mais Johns avait donc déjà travaillé avec Gary Frank, qui s’était fait connaître dans les années 90 sur The Incredible Hulk, pour compléter à merveille l’histoire. Ici les pages regorgent de détails, le trait est fin, mais surtout ce qui me tue à chaque fois que je vois les dessins de Gary Frank, c’est ce que je tends à appeler la « Frank face », c’est-à-dire, une case de visage, en plan serré, de trois-quarts, qui rend magnifiquement compte des émotions du personnage. C’était déjà très présent dans Terre-Un, mais cela l’était donc a priori, sur Shazam. Etant donné la place accordée aux émotions et à leur caractère exacerbée (rappelons que l’on vit l’histoire principalement du point de vue d’un enfant) , et que chaque personnage, notamment enfant, possède une caractérisation assez marquée, le dessin vient donc se marier parfaitement au récit. On ajoutera que le contraste entre l’aspect coloré du personnage principal et le ton et l’ambiance au final assez sombres, permet de mettre en avant des jeux d’ombre très intéressants, ainsi que des jeux de lumière, éclairs obligent.

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Une splash page de Gary Frank ça se savoure, surtout en clair obscur.

Avec des yeux d’enfant

Si avec tout cela, cher lecteur, je ne t’ai pas encore convaincu de t’intéresser à ce qui est un travail fondateur d’un des gros poissons du comics moderne, porté par un dessinateur au top, pour un récit qui est un concentré de nostalgie enfantine, c’est que tu as peine à t’émouvoir encore devant ce que certains appellent de manière un peu galvaudée, les super-slips. Si tu es dans ce cas, alors cherche au fond de toi, je suis sûr que tu trouveras la petite étincelle de naïveté dont tu as besoin pour y croire, et alors là, il ne te restera plus qu’à dire le mot magique… SHAZAM!

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2 réflexions sur “Shazam, Just say the word! : Comics Review

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