Nous est de retour aujourd’hui, et je dis nous car cette review sera une review à quatre mains, entre Martin et Tony. Nous allons vous parler d’un comics qui vient de sortir en VF et qui fait partie de l’univers de Black Hammer. Black Hammer c’est la lettre d’amour au genre super-héroïque de Jeff Lemire (le meilleur scénariste actuel, faut-il encore le rappeler ?). C’est l’univers où il peut partir d’un postulat connu et sublimer des archétypes de personnages ou d’histoires. Et le tout est à couper le souffle. Cela sera-t-il le cas de Doctor Star, le dernier spin-off en date ? Voyons cela ensemble.

RCO005

A la conquête des étoiles

Doctor Star c’est avant tout un récit humain, un récit qui prend le partie de ne montrer aucun événement héroïque. La seule bataille est expédiée en deux cases. Lemire n’en a cure, il ne cherche pas à créer un comics mainstream, l’équivalent d’un blockbuster. Au contraire il cherche à définir un récit intimiste, qui se focalise sur les émotions et les choix de son personnage principal (en même temps si vous connaissez l’auteur c’est l’une de ses gimmick les plus importantes). James Robinson est un scientifique qui fait tout pour découvrir la para-zone, il est même financé par le gouvernement américain dans ses recherches en échange de la fourniture d’une arme à exploiter. Néanmoins cela ira beaucoup plus loin et montrera l’obsession du personnage envers la conquête des étoiles et de l’au-delà. Ce thème a été pris à bras le corps par de nombreux écrivains ou réalisateurs. Cette conquête spatiale aura été l’une des plus grandes réussites de l’humanité tout en suscitant des pertes terribles, que ce soit financière, matérielle mais avant tout humaine. L’humanité aura toujours aspirer à plus et le voyage dans l’espace en a fait bien sûr partie. Le vide spatial aura fait perdre la tête à de nombreux hommes et femmes et il les aura poussé à l’obsession. James Robinson n’y échappe pas et il en va jusqu’à délaisser sa famille et à n’avoir plus que cette idée en tête. Plus rien ne peut le détourner de son but. Seules les étoiles ont place dans son cœur et dans son futur. A la lecture de cet ouvrage je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le film First Man de Damien Chazelle qui se concentre sur la conquête lunaire avec le prisme du personnage de Neal Armstrong. Lui et Robinson sont tout autant obnubilés par leurs missions et ils feront tout pour arriver à leurs fins. Néanmoins à l’orée de leurs réussites ou de leurs fins de vie ils vont se rendre compte que quelque chose de plus existe peut-être, quelque chose pour lequel ils n’avaient pas besoin d’aller dans les étoiles. Ils pensaient l’herbe plus verte ailleurs, dans leurs cas les étoiles plus scintillantes, mais il se pourrait bien que leur bonheur se trouvait dans un endroit bien plus proche.

Lemire démontre donc encore son génie (oui j’ose employer le mot) sur la création d’histoires humaines et à la charge émotionnelle énorme. Comme pratiquement chacune de ses œuvres publiées par des éditeurs indépendants le focus est mis sur les personnages et leurs relations. On apprend donc à connaître et comprendre James Robinson, à voir son évolution ainsi que celle de sa femme et de sa famille. Et encore une fois Lemire arrive à nous briser le cœur. Il s’impose toujours, à notre sens, comme l’un des rares auteurs capables de créer ce type de comics et on vous encourage clairement à découvrir sa bibliographie, surtout que Black Hammer est peut-être la plus abordable au vue du lien avec le comics book super-héroïque.

RCO014

A l’image de Sherlock Frankenstein, ici pas question de développer plus l’histoire principale, mais plutôt de développer encore plus le lore, l’univers. Nul besoin d’avoir lu la série mère pour comprendre les enjeux de ce tome, qui s’étend plus dans la découverte d’un (presque) nouveau personnage et de son histoire personnelle, d’une force et d’une puissance qui ne laisserons pas de marbre même les plus insensibles d’entre vous.

Quand je parle d’univers, c’est à prendre également au sens littéral. On quitte un peu la Terre et Spiral City le temps de quelques pages pour explorer un peu l’univers cosmique de Black Hammer, avec son lot de races alien hommages et d’équipes intergalactiques.

Toute la force de ce livre est de nous faire ressentir une empathie folle pour son personnage principal. Le héros est quand même un père de famille qui abandonne femme et enfant pour se livrer à la conquête de l’inconnu, et on arrive pourtant à s’y attacher, tellement il est touchant et vrai dans ses intentions. Il ne voulait pas abandonner sa famille, mais l’appel des étoiles et de la para-zone était trop grand.

Au final, en guise de héros, on voit la rédemption d’un homme. Un père brisé par ce qu’il a fait subir à sa famille, par la tragédie qui touche son fils. On suit l’aventure au travers d’une lettre dans laquelle il raconte son histoire, il essaie d’expier ses péchés, de se faire pardonner auprès d’un fils qui l’a rejeté, avant qu’il ne soit trop tard. On ressent sa tristesse, ses remords, sa déception d’avoir suivi son rêve de gosse plutôt que de s’occuper du sien. Un héros humain, comme on a l’habitude d’en voir chez Lemire, et dont pourtant on ne se lasse pas.

Pour une fois on ne parlera pas de la partie graphique de l’oeuvre (ou tout du moins pas beaucoup), non pas qu’elle soit mauvaise mais simplement qu’à notre avis le cœur de l’oeuvre n’est pas là. Max Fiumara arrive à délivrer un copie sobre et brillante et qui parfait le récit que Lemire met en place, que ce soit dans les périodes temporelles diverses mais aussi sur les lieux divers. C’est beau mais sans prendre le dessus sur l’histoire. Une page nous a néanmoins marqué par son travail titanesque de composition et de story-telling.

RCO010.jpg

Doctor Star et le royaume des lendemains perdus est un apport exceptionnel à l’univers de Black Hammer. One-shot intime, humain et tout simplement parfait, il s’apprécie sans même avoir de base de la série principale, n’importe qui peut se plonger dans ses pages et en ressortir bouleversé. Sautez sur ce petit bijou de comics !

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67

 

Une réflexion sur “Doctor Star : Comics Review

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s