Salut à tous et bienvenue dans ce nouveau numéro de Comics Run, l’article où j’analyse le run d’un auteur / dessinateur sur un personnage ou une série de comics. Après avoir parlé de Scott Snyder et Greg Capullo sur Batman, de Robert Kirkman sur Walking Dead, de Greg Rucka et Liam Sharp sur Wonder Woman et de Locke & Key aujourd’hui je m’attaque au run de l’immense Neal Adams sur le personnage non moins immense de Batman.

Je suis en mesure de vous proposer cette analyse des travaux de l’auteur sur le personnage grâce aux récentes éditions de Batman La Légende parues chez Urban Comics et qui regroupe une grande partie des chapitres dessinés (voir scénarisés) par Neal Adams. Si vous êtes friands des histoires old school, cela pourrait vous ravir et je vais vous exposer mon ressenti sur cette oeuvre dans cet article. Commençons par les quelques points négatifs afin de finir en beauté par la suite.

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  • Je vous parle des travaux de Neal Adams dans ce Comics Run mais il faut malheureusement avouer que le terme run est un peu galvaudé. En effet l’artiste n’a pas travaillé sur le personnage dans une série en particulier. Cela est plus un testament de la politique éditoriale de l’époque chez DC et ailleurs. Adams a donc dessiné Batman dans Brave & The Bold, Batman, Detective Comics et World’s Finest. De cet état de fait il est difficile de tirer une analyse globale d’un run étalé sur tant de séries différentes. Même si les chapitres de l’époque proposaient des histoires contenues il faudra néanmoins être prévenu avant de se lancer dans la lecture.
  • L’un des gros bémols de ces éditions à mon sens provient du travail de recolorisation qui a été effectué. Bien sûr cela permet d’avoir un ouvrage bien plus dans l’air du temps et c’est ce qui est demandé actuellement mais on perd tout de même le travail originel de l’artiste. Je ne ferais pas le lien avec les modifications qu’à apporter George Lucas sur la saga Star Wars, on en est encore loin, mais je trouve cela dommageable. Une oeuvre devrait être apprécié de la manière que l’auteur et dans ce cas présent le dessinateur l’a produite. Les modifications ne gêneront probablement pas un nouveau lecteur (elles ne m’ont pas gêné avant que je sois courant) mais elle reste un mauvais point à mon sens.

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Image comparative trouvée sur bdzoom et disponible ici.

  • Je me dois de parler de ce point, même si cela est inhérent à la création de comics de l’époque mais qui n’a plus court actuellement. Nous avons maintenant l’habitude de consommer des séries avec un scénario global. Un chapitre ne se suffit plus vraiment à lui-même, il doit être replacer dans son contexte. On pourrait discuter des heures des bienfaits et des méfaits de ce changement dans la manière de créer du comics book mais toujours est-il qu’à l’époque où Adams a travaillé sur Batman il était très rare de voir une histoire s’étaler sur plusieurs chapitres (il l’a fait et nous en parlerons ensuite). Chaque chapitre avait un début et une fin avec une intrigue contenue. Cela se termine souvent par des chapitres rapidement expédiés de manière abrupte voir ridicule parfois. C’est en grande partie pourquoi ce run n’est pas fait pour tout le monde et, à mon sens, surtout pas pour un néophyte du personnage et du média.

Passons maintenant aux choses plus réjouissantes, aux choses qui me font aimer ces deux ouvrages (même si le second m’a légèrement laissé sur ma faim par rapport au premier).

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  • Malgré la recolorisation de ces ouvrages, le travail de fond d’Adams reste toujours présent. Et bon dieu que c’est une claque. Après avoir lu de vieux récits de Batman découvrir ceux d’Adams est un chamboulement énorme. Fini le Batman bariolé en costume de toutes les couleurs, place au Batman sombre et magistral que l’on connait maintenant. On doit énormément à Adams pour le personnage que l’on connait à présent. Ses illustrations, ses couvertures, ses découpages et sa mise en scène, tout est au point et vous en mettra plein la vue.
  • Neal Adams c’est aussi la création de nouveaux personnages tellement iconiques et qui suivent la logique de changement apportée sur la série. On part sur un héros maintenant plus sombre et il faut que ces nouveaux ennemis en soient le reflet. Il n’y aura donc pas de héros farfelus et loufoques dans cet ouvrage, pas de Pingouin des années 60 ou bien du Sphinx. Ici on a la création de Man-Bat et de Ra’s Al Ghul, et quand je disais tout à l’heure qu’une histoire avait rarement d’impact sur la suite ce n’est pas le cas pour ces deux personnages. On a bien une forme de continuité au fur et à mesure des chapitres et cela même s’ils ne se suivent pas directement. Ces deux antagonistes représentent parfaitement l’évolution de Batman, entre la tragédie de Man-Bat et la froideur de Ra’s Al Ghul, le récit devient beaucoup plus mature et sombre. Voilà pourquoi Adams est rentré dans légende, il a révolutionné et aidé à façonner le héros que l’on connait actuellement.

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Arrivé à ce moment de l’article vous voyez apparaître 3 points négatifs et 2 positifs et vous pourriez penser que mon ressenti sur l’oeuvre découle de cela. Il en est tout autre. A mon sens le run de Neal Adams est d’une qualité exceptionnelle, surtout par rapport à la période où il a été publié. Adams aura réussi à réinventer un personnage qui s’enlisait dans des histoires qui n’étaient pas les siennes (on peut aimer la série d’Adam West si l’on veut mais force est de constater qu’on est très loin d’un Batman mémorable dans le bon sens du terme). Adams est le père spirituel du Batman torturé et sombre que nous connaissons actuellement, en plus d’être littéralement le père de deux grands vilains. Les points négatifs que je liste ici sont inhérents à la manière que les auteurs avaient de créer des histoires à l’époque et nous ne pouvons rien y faire maintenant. Cela pourra en gêner certains, cela ne fait aucun doute, mais si vous appréciez Batman (de toute façon qui ne l’apprécie pas ?) le run d’Adams est un rite de passage que vous devriez entreprendre à un moment. Ne serait-ce que pour connaître et lire le travail d’un des légendes du comic book américain et pour comprendre comment des jeunes auteurs comme Frank Miller auront pu créer leurs versions du chevalier noir en étant biberonné avec celle-ci. Rien que pour cela ce run en vaut la chandelle !

3 réflexions sur “Comics Run #5 : Batman par Neal Adams

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