Nous avons eu la chance de découvrir Déchus d’Aurélien Guilbert lors du Roubaix Comics Festival il y a un mois environ. Au départ attiré par le fait que le dessinateur réalisait des free sketchs j’ai feuilleté son premier tome et il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que j’allais repartir avec. La partie graphique m’a instantanément séduite. J’espère que cette analyse vous permettra de découvrir un tome que vous ne connaissez peut-être qui parait aux éditions Graph Zeppelin.

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Mon ange

Déchus conte l’arrivée sur Terre d’un ange nommé Esthel. Elle devient donc une déchue en descendant sur Terre de la sorte, mais elle est loin d’être la première de sa race à venir sur notre planète et à quitter le paradis. De nombreux anges ont déjà entrepris le voyage et certains sont même présents depuis plus d’un siècle. Alors que la plupart d’entre eux sont clairement venus pour la détente et le sexe avec des humains, Esthel a un but, une mission. Dieu lui a confié la tâche d’éliminer tous ces anges déchus de la Terre. Réussira-t-elle sa mission ? Et surtout, arrivera-t-elle au bout de celle-ci avant que les émotions humaines ne s’emparent d’elle ?

Voilà le pitch de ce premier tome de Déchus. Au premier abord on pourrait penser au vu d’un tel résumé que la série serait un peu ennuyeuse. Des anges bien sous tout rapport qui descendent sur Terre pour s’amuser, cela ne donne pas très envie. Mais le traitement qui en est fait par Aurélien Guilbert lui en donne. En effet, dans cet album les anges s’apparent pratiquement plus à des démons. Leurs passe-temps se résument principalement à avoir des relations sexuelles avec les humains, relations qui sont d’ailleurs fatales pour ces derniers, ou alors à confectionner de la drogue. On est donc loin de l’image tout propre de l’ange et on se rapproche pratiquement de celle du démon. C’est pour cela qu’Esthel intervient. Elle est notre point d’entrée dans l’univers et va vite se mettre en avant et l’évolution de son personnage va prendre une nouvelle dimension, qui je le pense sera confirmé dans le second tome.

Il faut néanmoins que vous soyez en garde si vous espérez ou voulez vous lancer dans l’aventure de Déchus. Après tout, Aurélien Guilbert propose une réinvention du mythe biblique avec des anges très différents de ce que l’on pourrait imaginer, tout en arrivant à ne pas sombrer dans un tome trop religieux. Et il parvient cela notamment en incluant une bonne dose de sexualité, parfois très explicite. Ne vous inquiétez pas trop, nous ne sommes pas sur une BD pornographique, rien de trop explicite n’est montré. Tout est toujours contenu et caché tout en étant suggéré et sans que l’interprétation soit vraiment possible. On est donc plus sur une BD érotique que pornographique (si vous voulez la version pornographique, elle est disponible aux éditions Tabou). A certains moments on peut sentir que cette page était destiné à un lectorat beaucoup plus adulte et qu’Aurélien l’a légèrement modifié pour ne pas trop choquer. Cela peut déranger et cela m’a légèrement dérangé sur certaines cases mais sans non plus me sortir de la lecture ou m’en dégoûter. Sur l’ensemble du tome la partie érotique ne prend pas complètement le dessus et c’est surtout l’intrigue qui nous tient en haleine.

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Angel City

Côté graphique la filiation est évidente et elle est totalement assumée par l’auteur. A l’ouverture du tome vous allez rapidement vous rendre compte que l’auteur puise ses influences graphiques chez Frank Miller et son Sin City. Bien qu’il se qualifie de « scénariste qui dessine » plutôt que l’inverse, le style d’Aurélien Guilbert est clairement au niveau. Pas au niveau de Frank Miller et de son chef d’oeuvre en noir et blanc, mais qui peut se targuer de l’être de toute façon.

Guilbert utilise le noir et blanc tout au long de son tome et ajoute des touches de couleur ci et là pour renforcer certaines parties de ces pages. Celles-ci sont extrêmement lisibles malgré le manque de couleur et la tâche n’est pas si simple à réaliser. De plus on pourra noter certains découpages et compositions intelligentes notamment dans la manière de relater des phases de discussion. Le dessinateur le dit lui-même, son style évolue au fur et à mesure de la lecture.

Déchus, le comics d’Aurélien Guilbert, est une histoire pour le moment passionnante. On se prend au jeu de la découverte d’un monde où les anges sont descendus sur Terre et où ils sont tombés dans la déchéance, en grande partie sexuelle. L’oeuvre est érotique et propose des illustrations assez suggestives, en allant jamais vers le pornographique. Cela pourra en perdre certains mais ce ne fut pas le cas pour moi. Et puis ce style graphique proche de Sin City ne pouvait que me satisfaire. J’ai hâte de lire la suite !

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65

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