Isola est une oeuvre indépendante qui débarque dans nos librairies françaises dans le label Indies d’Urban Comics. L’oeuvre représente un peu la madeleine de proust de leurs auteurs, Brenden Fletcher et Karl Kerschl, qui ont été ensuite rejoint par Msassyk. Cela fait plusieurs années qu’ils planchent sur cette idée de monde complètement nouveau avec pour inspiration les productions du studio Gibli. Voyons ensemble si Isola mérite votre attention, sachant que le premier tome dispose de l’offre à 10€ de l’éditeur.

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Une fantasy complexe

Isola débute son intrigue à 100 à l’heure. Il n’y a pas de phase préparatoire au récit et nous sommes directement plongés dans l’action des deux personnages principaux, Rook, un soldat de la garde royale de Maar, et son tigre. On comprend rapidement dans le premier chapitre que ce tigre n’est autre que la reine Olwyn. Leur but est de rejoindre une île nommée Isola et de faire reprendre son apparence à la reine. Mais leur route sera semé d’embûche car l’animal représente une proie de choix pour les chasseurs en tout genre.

Comme je l’ai dit nous sommes directement projetés dans l’action des deux personnages et cela peut représenter une difficulté. Nous n’avons pas de mise en place et d’élément perturbateur comme pourrait le proposer un récit classique. Cet élément est déjà arrivé lorsque nous ouvrons la première page. L’oeuvre base donc plus son récit sur le mystère de la transformation de la reine et de leur départ de la capitale. Cela rend le tome difficile à prendre en main et vous demandera un peu plus de patience et d’attention pour vous plonger complètement dans l’intrigue. D’ailleurs un prologue se trouve en fin de tome et permettra d’expliquer cet élément perturbateur, en gardant bien sûr toujours des zones d’ombre pour la suite.

Ce n’est pas le seul détail perturbant et qui rend la lecture légèrement complexe. Comme tout premier récit de fantasy, les auteurs doivent développer l’univers qu’ils ont créé et cela prend du temps. Rome ne s’est pas faite en un jour et l’adage se vérifie ici. Il est très compliqué de comprendre tous les tenants de l’histoire que ce soit en rapport à la géographie des lieux, aux aspects politique, au nom des lieux et des personnages ou même à certains langages parlés par des indigènes. Les réponses se dévoilent petit à petit mais les auteurs prennent leur temps.

Néanmoins l’un des points, à mon sens, vient de la mise en place des personnages et de leurs relations. On comprend très rapidement l’influence de la reine sur Rook alors même qu’elles ne sont pas en mesure de communiquer. J’ai vraiment apprécié le travail sur les expressions et les regards du tigre qui transmet immédiatement les pensées du personnage.

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Colours matter !

Néanmoins et ce malgré certains choix un peu déroutants au niveau de l’histoire qui compliquent la projection dans l’univers d’Isola, s’il est bien une partie de l’oeuvre qui parvient à nous submerger dès les premières pages c’est le travail d’illustrations et de colorisation.

Karl Kerschl et Msassyk réalise un sublime travail. Les illustrations sont soignées et le style colle parfaitement à l’univers fantasy mis en place. On pourrait le qualifier d’assez classique mais je pense que le choix est le bon car il représente la seule porte d’entrée que nous maîtrisons. Un style trop personnel aurait complètement perdu le lecteur, à mon sens. Mais outre les illustrations qui sont de bonne qualité, c’est de loin la colorisation qui fait exploser le tout.

L’utilisation de couleurs pastel comme vous pourrez le voir sur la page de couverture immergent le lecteur avec les protagonistes. Et encore une fois cela colle parfaitement à un univers complètement nouveau et inconnu. Nous voyons de suite la démarcation entre notre monde et le monde d’Isola et ce grâce aux couleurs plus chatoyantes que ce à quoi nous sommes habitués. Les deux coloristes utilisent une palette très large, du vert d’eau, du bleu, du rouge, du orange, du rose, littéralement tout y passe.

Après la lecture je vois la colorisation comme un cocon que les dessinateurs tissent autour du lecteur, elle permet de s’imprégner de l’univers et de pardonner un récit qui reste très mystérieux pour l’instant. Même si la compréhension n’était pas du tout facile, je me suis senti bien dans ce tome. Ce travail apporte un aspect très onirique à l’oeuvre et en fait son plus grand atout.

Isola est une oeuvre complexe à prendre en main. Le scénario se dévoile très lentement et les auteurs ont la tâche de nous présenter leur univers de fantasy. A la fin du tome on est toujours en suspens quand à comprendre tous les tenants et aboutissants de l’histoire et de ses protagonistes. Même si ses deux personnages principaux et leur relation est un petit plus. Par contre l’atout majeur de l’oeuvre vient du travail de colorisation qui vous aidera à plonger dans l’univers de manière onirique et à oublier un scénario dont on pourrait attendre un peu plus.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-66 WD-Icon-65

 

2 réflexions sur “Isola #1 : Comics Review

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