Aux côtés des mosntres de l’édition que sont DC et Marvel (oui dans cet ordre), s’ajoutent de plus en plus de concurrents aux dents longues, tels que les valeurs sûres comme Glénat ou Delcourt ou encore l’étoile montante, Bliss Editions. Mais récemment, l’un des derniers arrivés n’est autre que Catserman, le célèbre éditeur de BD franco-belge, via son label comics, Paperback, dont l’interview de son éditeur en chef, Basile Béguerie est disponible ici.

Le Mauvais Oeil

Après des succès éditoriaux indéniables comme MagnusAtomic Robo, Apocalyptigirl ou encore Mech Academy le temps est venu de nous pencher sur Orc Stain. Nouveau cadre, nouvel univers, la diversité propre à Paperback est bien respectée ici, puisqu’on se retrouve transporté sur une terre où les orcs règnent en maître, rangés derrière l’autorité suprême du grand OrcTsar. Sauf que nôtre leader suprême est son caractère quelque peu soupe au lit, vont vite se retrouvés quelque peu désappointés, lorsqu’une pythie lui révèle que l’accès au « chibre divin » (sic) ne lui sera possible qu’à l’aide d’un orc borgne, qui semble être la clé pour y parvenir. On se retrouver donc dans une bonne vieille situation de prophétie à l’ancienne, où notre Orc borgne, Qu’un Oeil, le bien nommé, va vite se retrouver traqué par les forces impériales, luttant coûte que coûte pour sa survie, l’occasion de faire au passage quelques rencontres d’alliés d'(in)fortune.

Mais au-delà de la quête que cela suppose, ce premier tome n’est qu’une grande exposition de l’univers animiste, animé et violent qu’est celui des orcs. Tout y est foutraque,  terriblement organique voire même vivant! De l’arme de service à la tasse / canette… il en ressort un côté très « Claude Ponti sous stéroïdes » qui donne un cachet énorme à l’univers (ce qui ont des enfants comprendront la référence). Le tout étant sublimé par une partie graphique aux petits oignons. Le parti pris est simple : tout est vivant et mouvant, et ce qui ne l’est pas en apparence peut être réveillé, et on sature sur trois couleurs. Orcs oblige, on est sur le trio gagnant violet / vert / rouge, le tout dans des tons clairs presque pastels qui garantissent la cohérence graphique de l’oeuvre.

Un univers hyper vivant où tout peut vous péter à la tronche, à tout moment

Nous les Orcs, sales, moches et méchants

Parlant de cohérence, je dois avouer avoir un faible pour les « hommes-orchestres » (en tout bien, tout honneur), ceux capables de se charger du scénario et des dessins à la fois. Ici James Stokoe nous livre une partition très divertissante voire jouissive pour ce qui est du sens du détail. Ça grouille, ça bave, ça fourmille et bien sûr, ça tranche, ça explose et ça hurle. Entendons-nous bien, il n’est pas question de remettre en cause le caractère brutal et bestial d’un peuple, d’une race, dont la culture geek n’a eu de cesse de nous dépeindre comme plus proche de l’animal que de l’homme civilisé, en faisant, pour l’occasion un de ses antagonistes principaux. Non, ce n’est pas parce que les orcs règnent que cela les a rendu plus sociables et pacifistes. Le moindre mot de travers, regard en coin ou couteau dans le dos et le règlement de compte n’est jamais très loin. Ceci allié à cet univers vivant de partout donne la sensation que le récit évolue sur cocotte minute géante.

Graphique
Il ne vous faudra que quelque pages avant de vous rendre compte qu’on est devant une grosse réussite sur le plan graphique

Pour quelques piasses de plus

D’ailleurs puisque j’évoque le fait de placer des mots « plus hauts que les autres », il est également à porter au crédit de Stokoe, le choix de doter les orcs, non pas d’un langage, mais d’un phrasé qui leur est propre, le tout marié à des expressions et termes inventés pour la circonstance. Si vous êtes du genre à tailler des gronches, pour récolter quelq’ piasses, que vous pourrez claquer dans le premier rad’ rempli d’faces de fion pour vous dégoter une puterelle de première, alors Orc Stain est fait pour vous. On navigue entre l’argot de marin bourré, le dialogue d’Audiard et le Nadsat d’Orange Mécanique. On peut donc dire qu’Orc Stain est une oeuvre qui a une vraie patte, autant sur le plan graphique, que sur le plan des dialogues.

RCO016
Les environnements sont somptueux, mais les personnages ne sont pas en reste

On conclura donc sur le fait qu’Orc Stain est encore une réussite pour le label Paperback et une licence très prometteuse. Certes on pourrait lui reprocher une intrigue un peu classique et un lettrage un peu trop présent par endroits mais le tout est porté par  son ambiance unique, même si elle ne plaira pas forcément à tous. Et à tous ceux-là, qui ne trouveraient pas d’intérêt dans Orc Stain, je me contenterai de leur jeter une bonne vielle POXA GRONKA des familles!!

Note globale

4 étoiles

 

5 réflexions sur “Parlons en : Orc Stain, au Royaume des Aveugles…

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