Animosity est une des ongoing que j’apprécie le plus. Depuis la sortie de son premier tome chez Snorgleux Comics j’en suis tombé amoureux et le second opus a confirmé mon sentiment. J’ai tout de suite été touché par les relations entre les personnages, surtout celle entre Jesse et son chien Sandor qui devenait, après son éveil, un substitut paternel. De plus la cause animale est un aspect qui me touche et pour lequel je suis sensible et Marguerite Bennett aborde de plus en plus de thèmes importants. Le troisième tome sort aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies et il est donc temps d’en parler avec vous !

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Sandor où es-tu ?

Ce troisième tome reprend l’intrigue après que nos compagnons aient vaincu la horde du dragon rouge de la forêt dans le précédent ouvrage. Ils se sont retrouvés en face d’un énorme essaim d’abeilles qui les ont forcé à retrouver certaines des leurs qui ont été enlevées par des humains. Une partie de la troupe se rend donc vers cette colonie qui utilise les abeilles pour polliniser leurs récoltes. A première vue tout semble magnifique et parfait, Jesse retrouve même Mittens, le chat de ses voisins lorsqu’ils habitaient encore à New York. Mais quelque chose la tracasse ! Dans cette ferme, il n’y a aucune femme.

Nos protagonistes sont toujours en route pour tenter de rejoindre la Californie, forcément depuis New York ça fait une sacrée marche. Malheureusement cet objectif est de plus en plus relégué au second plan. Les personnages n’en parlent presque plus et ils sont la plupart du temps submergés par les actions ou les antagonistes qui se dressent devant eux. Cela rend leurs progressions et l’attachement que l’on peut avoir avec l’histoire un peu moins fort qu’au départ. On a plus l’impression de les voir succéder les péripéties sans liens et sans but. On ressent beaucoup plus que précédemment la structure du récit en arc. Dans ce tome l’arc principal est lié aux abeilles et on sait déjà que le tome suivant en proposera un autre.

D’un côté ce système est assez classique donc on ne peut pas trop en vouloir à l’autrice, c’est le système de la BD américaine qui est formaté de cette façon. De plus avec chaque arc, elle se permet d’introduire des notions beaucoup plus philosophiques et qui amènent à réfléchir. Dans le tome précédent, on voyait la place de la religion et l’au-delà suite à l’éveil des animaux et quelle place ceux-ci pourraient avoir après leurs vivants. Dans ce troisième tome, Marguerite Bennett se penche plus sur les minorités, et surtout les minorités invisibles et sans voix. Encore une fois elle l’utilise avec parcimonie et brio et on sent que son message n’est pas forcé. Ces passages permettent d’élever un peu le récit et de le sortir des ses phases d’action et d’aventure.

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Et malheureusement ce tome marque une petite rupture dans mon ressenti de l’oeuvre en grande partie à cause d’un choix narratif. Je suis tombé amoureux de l’oeuvre pour la relation Jesse – Sandor. Elle m’apparaissait comme magnifiquement écrite et inédite. De voir un chien s’occuper d’une petite fille, lui faire faire ses devoirs, … Et au fur et à mesure de l’histoire cette relation disparaît petit à petit. Nous n’avons pratiquement plus d’interaction entre ces deux-là et je trouve cela vraiment dommage. Bien sûr cela va avec leur évolution et développement au sein du récit et du fait qu’on ne puisse garder un statut quo, mais cela n’enlève pas ma tristesse de perdre cette relation parfaite.

Des explosions, toujours des explosions !

Concernant la partie graphique Rafael de Latorre est toujours aux manettes et continue à imprimer le style qu’il a mis en place sur les tomes précédents. Il n’y a pas trop d’évolutions là-dessus, je suis toujours satisfait de son travail pour le moment. Son trait colle plutôt bien aux différents personnages et il arrive à maîtriser les différences de tons qui peuvent se succéder au cours des chapitres. On a toujours droit à quelques compositions de pages un peu stylisées. A part cela je n’ai pas grand chose à dire de plus sur le graphisme de ce troisième tome, on reste en grande partie sur le travail déjà entrevu sur les tomes précédents.

Légère déception à la lecture de ce troisième tome d’Animosity. Moi qui adorait littéralement la série jusque là, je reste un peu sur ma faim concernant cette suite. Le récit perd en fluidité et on ressent beaucoup la structure narrative en arc qui éloigne les personnages de leur but premier. Même si ces arcs permettent à chaque fois d’aborder un sujet de société important et de le projeter sur le monde animal. Je suis également déçu par la perte d’une relation forte et puissante entre Jesse et Sandor comme on avait au début de l’histoire. J’espère de tout cœur que cela reviendra dans la suite.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65

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