Le voilà enfin ce fameux Multiversity. L’oeuvre étendard du travail de Morrison chez DC Comics. L’oeuvre qui met le plus en avant son amour du multivers et qui lui laisse un champ de liberté presque infini pour créer ce qu’il le souhaite et sur la forme qu’il le souhaite. On continue donc sur notre lancée après Final Crisis et on s’aventure dans les méandres des mondes parallèles pour découvrir ce que regorge l’esprit du magicien écossais.

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Pour commencer faisons un peu le point sur ce qu’est Multiversity et les pré-requis à maîtriser, ou à minima connaitre, avant de vous lancer dans la lecture. L’univers DC Comics est, vous le savez probablement, composé de 52 univers alternatifs qui cohabitent et vibrent à différentes fréquences. Chaque univers a sa propre histoire, ses propres héros et permet régulièrement de voir des contextes inédits, par exemple la terre 10 où les nazis ont gagné la Seconde Guerre Mondiale. Normalement le déplacement entre ces différents univers n’est pas possible, mais le Monitor Nix Uotan devenu Super juge peut maintenant s’y déplacer à bord de son vaisseau, l’Ultima Thule. Comme vous pouvez le voir il nous semble important, bien que dispensable, de lire Final Crisis avant de se lancer dans la lecture de ce tome. Ils apparaissent comme un tout assez cohérent et Multiversity représente la suite presque logique de la crise finale. Et ici Morrison va nous proposer plusieurs histoires dans les différents mondes du multivers. Voyons cela plus en détail.

Le comic book ultime !

En disant cela je ne parle pas de l’objet que j’ai pu lire, j’ai mes réserves quant à celui-ci, mais bien de l’intrigue qui tourne autour d’un comic book. Pratiquement chaque histoire relatée montre les personnages tenant des comic books des autres univers. Le lien entre le multivers est fait de cette manière et prendra même une plus grande importance. Morrison est connu pour faire régulièrement du méta dans ces œuvres, c’est à dire qu’il peut rendre ses personnages conscient de leur condition, de briser le quatrième mur, de référencer des actions au sein de leur univers ou du nôtre, … Ici on a le droit au comic book qui en fonction de l’univers parle des héros d’un autre et ainsi de suite. Je dois avouer que je suis assez peu friand de ce genre de narration. En plus d’y voir de la référence pour la référence la plupart du temps, dans notre exemple je suis déçu de ce qui s’apparente à un manque d’imagination à mon sens. Je trouve ça légèrement simpliste que les univers aient connaissance des autres au travers de comic books. Ca me parait réducteur de penser que chaque univers a « obligatoirement » ce medium de présent. Est-ce qu’on aurait pas pu imaginer quelque chose de plus sophistiqué mis en place dans l’un des 52 univers ?

Un tome en contradiction

Le paradoxe de ce tome c’est que j’ai deux visions bien différentes de son début et de sa fin. J’ai commencé à le lire à la suite de Final Crisis que je n’ai pas apprécié. Et les quelques premiers chapitres ne m’ont pas rassuré. Le premier, censé présenté l’intrigue de l’histoire, était un peu compliqué à mon goût et pour la suite j’ai eu le sentiment d’avoir une intégrale des différents mondes du multivers. Une intégrale où on présenterait un récit dans un univers différent mais sans avoir de lien avec une histoire globale. C’est à certains moments le cas et à d’autres non. Même le chapitre Pax Americana, dont j’avais entendu beaucoup de bien, m’avait laissé sur ma faim narrativement. Et puis la seconde partie du tome a su me reconquérir. Et plus précisément les deux derniers chapitres. Tout d’abord, le chapitre dédié à Ultra Comics. En contradiction avec ce que j’ai pu dire au-dessus, j’ai vraiment apprécié le caractère méta de celui-ci. Pourquoi ? Parce qu’il est bien écrit et propose quelque chose d’inédit et d’intéressant. Je vais essayer de ne pas trop en dévoiler pour vous laisser la surprise mais Morrison prend constamment le contre-pied de ce que pourrait penser le lecteur. Ultra Comics est clairement la partie que j’ai préféré.

Et pour finir, la conclusion de ce Multiversity. Le chapitre finale qui nous propose ce qui, à mon sens, aurait du clôturer Final Crisis, ce qui consiste une fin satisfaisante pour une crise chez DC Comics. Là on a une bataille finale dantesque, là on a de l’émotion, de l’action, des repos pour bien comprendre les enjeux. Tout ce que n’avait pas Final Crisis. La vraie crise de Morrison elle se situe ici à mon sens. Et si on pousse un peu plus loin, outre l’hommage que l’auteur a pu faire à Kirby et son Quatrième Monde, ce n’est pas là qu’il excelle. C’est bien dans l’exploration du multivers qu’il se sent le mieux et ça se voit.

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De vrais propositions graphiques

Et encore une fois Multiversity me satisfait bien plus graphiquement que n’avait pu le faire Final Crisis. Là on a de vraies propositions, là on a de la personnalité et des artistes qui s’éclatent. Ça fait plaisir à voir et c’est tout simplement beau et dans des styles variés et différents. Déjà quand on en vient à proposer des mini représentations de nos héros préférés comment voulez-vous ne pas fondre ?

Et puis qui dit Morrison dit Frank Quitely qui travaille sur le chapitre Pax Americana et qui s’en donne à cœur joie. Autant narrativement, comme je le disais, je n’ai pas vu le génie (l’hommage sur Captain Atom je suis loin d’être fan), autant niveau graphique c’est une claque. Que ce soit sur le découpage, sur les représentations, sur la couleur, … c’est du pur génie. Surtout, je dis bien SURTOUT, ces trois premières pages. J’ai été soufflé ! Littéralement ! Je ne sais pas si ce que procédé a déjà été employé dans un comics, en tout cas c’est la première que je le voyais et j’en ai eu pour mon argent !

Multiversity est une oeuvre complexe, bien plus encore que ne pouvait l’être Final Crisis. Ne vous lancez pas dans la lecture sans être au calme, bien concentré et réveillé. Ce n’est pas le genre de livre qu’on lit avant d’aller se coucher par exemple. Mon ressenti est partagé, entre un début de tome qui ne m’emballait pas du tout et une deuxième partie qui a retourné complètement la vapeur. Loin d’être parfait, il me satisfait amplement plus que la crise finale que Morrison a pu écrire. Je le trouve plus à l’aise et plus dans son élément ici.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65

 

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