Enfin nous y sommes, enfin cette fameuse crise finale peut avoir lieu après deux tomes de prélude / introduction qui nous laissait dans un brouillard plus qu’épais quant au déroulement de l’intrigue de la série principale (review tome 1 et tome 2). Il est temps pour Morrison de nous en mettre plein la vue et de dévoiler son plan concernant la vision qu’il a d’une crise dans l’univers DC. Et surtout dans cet article on va essayer de vous dire si ça vaut le coup ou non ?!

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C’est la crise !

Avant de dire si ça vaut le coup ou non, penchons nous quelques instants sur l’histoire de ce Final Crisis. Darkseid est sur Terre et sous forme humaine tout comme ses sbires et les Néo-Dieux. Tous sauf Orion qui va être assassiné. Mais qui peut bien tuer un Dieu ? Vous vous en doutez les héros de la Justice League vont mener l’enquête avant que Darkseid ne mènent à bien son plan, tout du moins ils vont essayer. En plus de cela Morrison utilise le multivers qu’il a entre les mains pour amener la race des Monitor au sein de l’intrigue tout comme les terres parallèles du planétaire multivers.

Ça vous parait beaucoup à digérer et c’est le cas ! Vous avez peut-être lu des articles vous disant que Final Crisis avait un coût d’entrée, qu’il fallait connaître le Quatrième Monde de Kirby et en partie ce qu’était le Multivers. C’est vrai ! L’ouvrage n’est absolument pas fait pour un néophyte et ça en fait pour moi un gros défaut. Je vais comparer cette oeuvre avec Crisis on Infinite Earths de Pérez et Wolfman, ce que j’ai lu de mieux en terme de crise pour le moment. Dans celle-ci on a besoin d’aucun pré-requis, même s’il y a énormément de personnages, l’intrigue est limpide et on la comprend au premier abord. J’ai lu ce tome sans maîtrise de l’univers DC et je l’ai compris ! Avec Final Crisis c’est impossible. Si vous n’avez pas lu le Quatrième Monde, il n’y aura pas de séance de rattrapage pour vous, vous serez laissé sur le carreau. Pareil concernant votre connaissance du multivers.

Ca commence à faire cher le point d’entrée pour une crise quand même non ? Petite bonne nouvelle pour toi, tu peux déjà passer sur l’achat des deux premiers tomes. Je me demandais justement s’ils allaient avoir un impact sur la crise. AUCUN !!! Aucun ma bonne dame. C’est hallucinant à quel point les Seven Soldiers ne servent à rien, même Mister Miracle. C’est limite du foutage de gueule à ce niveau là. A part Miracle, les autres sont soit présent dans 4 cases (pour deux d’entre eux) soit pas du tout. Pareil pour les Sheedas dont on ne parle plus du tout. Le rappel des événements en prélude de ce tome 3 est largement suffisant.

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Je n’ai pour l’instant parler que de l’extérieur de l’ouvrage et de son accès assez compliqué, venons-en maintenant plus au fait. J’ai eu énormément de mal à la lecture de cette crise. Que ce soit par les choix faits par Morrison ou ceux qu’il a subi (je ne saurais pas complètement le dire). Le fait que les Néo-Dieux soient dans des corps humains, comme Darkseid est une idée qui n’apporte rien au final. La suivante n’est pas de son fait mais je préférais de loin lorsque le Monitor était unique, et non pas qu’il en avait 52. C’est quoi l’intérêt ? On perd compléter le caractère divin de cet entité et je trouve ça très dommage. On essaie de rationaliser et d’étendre quelque chose qui n’en a pas besoin.

Un tome hommage

Je vais dire un peu de bien de l’oeuvre, quand même. L’hommage de Morrison à Kirby et au Quatrième Monde est bien sûr évident. Cela peut paraître comme acquis à mon sens en 2018, mais je ne pense pas que cela l’était à l’époque. Je ne pense pas que ces personnages étaient si connus que cela, même par les lecteurs DC. Il faut dire que l’auteur aime montrer qu’il a de grandes connaissances de cet univers, pour le meilleur et le pire comme dit plus haut. Et même si j’aurais préféré voir directement les personnages, ils sont tous bien traités et représentés. L’hommage continue également avec le Multivers. Morrison est devenu l’auteur qui incarne le mieux cet aspect, l’auteur qui comprend le mieux ces enjeux. Encore une fois tout est maîtrisé et on découvre des héros des terres parallèles qu’on a pas l’habitude de voir.

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Néanmoins faire un hommage c’est louable mais il faut que l’histoire suive et soit bonne. Et c’est là que je vais être le plus réfractaire. Techniquement l’événement contient 7 chapitres, auxquels viennent s’ajouter des annexes dans les séries Batman et Superman Beyond notamment. Et 7 numéros pour la trame principale c’est beaucoup trop court. On a donc cette mauvaise impression de louper des choses, de voir des personnages passer d’un endroit à un autre sans qu’ils aient une réelle motivation à le faire. Là où le tome devrait ralentir et prendre son temps il nous perd en chemin.

Et surtout ce problème est flagrant sur l’émotion qu’est censé transmettre l’auteur via les actions des personnages. Vous vous doutez bien qu’une crise dans l’univers DC implique son lot de décès. Dans Crisis on Infinite Earths ils étaient à couper le souffle car les auteurs y consacraient plusieurs pages, mettaient l’accent dessus et surtout préparaient le terrain. Ici on les survole au mieux. Et je ne veux pas spoiler mais c’est pas des personnages de seconde zone en plus. Que ce soit via la narration de Morrison ou les illustrations je ne me suis pas senti connecté avec les héros. Et malheureusement l’hommage c’est bien mais quand ça n’arrive pas à capturer l’essence de ce qui faisait sa beauté ça ne fonctionne pas.

Je pourrais aussi vous parler du côté meta de Morrison mais je réserve cela pour son Multivers qui est un cran au dessus sur ce sujet.

Minimum syndical

Niveau graphique, on va aller très très vite. Vous l’avez certainement remarqué les dessinateurs Doug Manhke et J.G. Jones qui réalise la plupart de l’oeuvre nous propose un bon vieux minimum syndical. On est sur de l’illustration mainstream qui ne veut pas faire de vague et surtout ne chagriner personne. On essaie de ratisser le plus large en ayant un dessin assez impersonnel et classique. Forcément on a pas grand chose à y redire mais on s’ennuie quand même méchamment. 3-4 jolies doubles pages mais on s’arrête là. Et pourtant y’avait de quoi être hypé car l’édition d’Urban vous montrera les couvertures de J.G. Jones qui ont cette vibe Alex Ross. Quand j’ai vu ça j’ai eu espoir de voir cela dans les pages intérieures, mais ce n’est pas le cas. Donc forcément quand les plus belles illustrations du tome sont les variant cover y’a de quoi se faire du soucis.

Grosse déception pour ma part concernant cette Final Crisis. Malgré l’hommage fait par Morrison au Quatrième Monde et au Multivers, l’oeuvre m’apparaît comme bâclée sur son rythme qui va beaucoup trop vite alors que les deux premiers tomes de prélude ne servent à rien. Jamais je ne me suis senti connecté aux héros et aux événements qu’ils subissaient. Quand en plus au niveau graphique, c’est un travail très lambda qui nous est proposé ça n’aide pas à s’enthousiasmer. Si vous voulez lire une crise sublime, tournez vous vers Crisis On Infinite Earths plutôt.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65 WD-Icon-65 WD-Icon-65

7 réflexions sur “Final Crisis #3 : Comics Review

  1. Oui ben moi les délires DC j’en ai ras la casquette. Je ne sais pas si hormis Batman ils ont déjà produit des trucs compréhensibles par les gens qui ne sont pas nés avec DC tatoué sur l’omoplate gauche, mais comparativement le moindre run moyen de Marvel est plus accessible…

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      1. Je viens de finir les trois premiers All New Xmen de Bendis et Immonen en parallel du Batman Metal 3 et franchement, à un moment la BD c’est aussi un plaisir, pas que de la recherche de liens dans l’archéologie de DC… Entre les deux y’a pas photo, le Marvel est un bonbon, le DC est franchement laborieux…

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      2. D’accord. Ou alors sur des récits a la marge comme son Multiversity ou c’est le but de l’œuvre. Mais sur une crise je suis moins convaincu.
        Par contre sur Métal Morrison a eu un rôle très minime et c’est Snyder qui a voulu copier l’Écossais

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      3. Sur le multiversity je vais essayer de trouver certains épisodes comme celui de Quitely qui semble énorme graphiquement. Mais je trouve qu’Urban fait une erreur (comme sur Metal) en essayant d’agglomérer en volumes reliés avec des choses qui n’ont souvent rien à voir.

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