Bienvenue dans ce nouvel article de l’Atelier Comics de Noël, notre calendrier de l’avent participatif. C’est au tour de Kaisuke de se lancer dans l’aventure et on l’en remercie grandement. Avant de lire ce qu’il a à vous proposer je me permets de vous partager son compte Twitter ainsi que le blog Wade-Gaming sur lequel il est rédacteur. N’hésitez pas à aller le suivre si ce n’est pas déjà fait. Je laisse la place maintenant pour son partage.

[Review] Le Magicien d’Oz de Skottie Young

Voilà enfin ma pause tant méritée. Les horaires dans cet Atelier Comics de Noël sont insoutenables, je devrais penser à fonder un syndicat… Quoi qu’il en soit, installez-vous confortablement car je vais vous parler d’Oz. L’univers du Magicien d’Oz fait partie intégrante de l’imaginaire populaire, à tel point que tout le monde connaît cette oeuvre de manière plus ou moins pointue. Même sans avoir lu le roman pour enfants originel de Lyman Frank Baum paru en 1900, vous avez peut-être vu le célèbre film de 1939 avec Judy Garland dans le rôle titre ou bien la série animée japonaise des années 80. Pour ma part, je ne connaissais que de nom cet univers pourtant si riche, jusqu’à récemment. L’oeuvre qui m’a permis de plonger véritablement dans le pays d’Oz n’est aucune de celles citées jusqu’alors, mais un comics. Ce dernier a une valeur toute particulière à mes yeux car il est dessiné par un artiste que j’affectionne : Skottie Young. Il est accompagné par Eric Shanower au scénario, un spécialiste dans le domaine qui avait déjà œuvré auparavant sur une série de bande dessinées inspirées du pays d’Oz de Lyman Frank Baum dans les années 80 et 90, pour proposer une adaptation fidèle des romans de Baum en comics pour Marvel.

De plus, ce livre est sorti en France en 2012, année où j’ai véritablement commencé à lire des comics. Pour toutes ces raisons, je suis ravi de vous parler aujourd’hui, dans le cadre de L’Atelier Comics de Noël, du comics Le Magicien d’Oz de chez Marvel. Suivez-moi, je dois déjà reprendre mes fonctions de lutin. J’enfile donc mon bonnet et mes fausses oreilles, et nous voilà partis  !

Se voulant le plus fidèle possible à l’oeuvre de Lyman Frank Baum, Le Magicien d’Oz en comics reprend les mêmes péripéties que vit Dorothée Gale (que j’appellerai par la suite Dorothy parce que j’apprécie tout simplement davantage la version originale de son prénom) dans le roman éponyme, de la terrible tornade qui enlève Dorothy de son Kansas natal à sa rencontre avec ses singuliers amis, l’Épouvantail, le Bûcheron de Fer-blanc et le Lion poltron, sur la route de briques jaunes dans le but de rencontrer le Grand Oz.

Même si je ne peux pas l’affirmer pleinement, la fidélité de l’adaptation de l’oeuvre de Baum par Eric Shanower se ressent à la lecture de ce comics par l’abondance de péripéties qui s’y trouve. Au-delà des grandes lignes connues de tous, le lecteur néophyte, que j’ai été, découvre une multitude de personnages secondaires et de quêtes subsidiaires au départ de Dorothy du pays d’Oz pour rentrer au Kansas. Bien que l’élément perturbateur intervienne au bout de quelques pages à peine, l’aventure de Dorothy et de ses compagnons se montre bien plus dense que l’on ne pourrait le penser aux premiers abords.

Le style graphique que déploie Skottie Young pour ce récit correspond parfaitement à la fantaisie enfantine qui se dégage de l’univers du pays d’Oz, notamment concernant les personnages aux courbes circulaires, les rendant mignons au possible. Un peu comme moi, si ce bonnet était à ma taille et que mes oreilles tenaient correctement, mais je m’égare… Néanmoins, à ce postulat de base s’ajoute une atmosphère étrange dû à de nombreux paramètres visuels. Le design de l’Épouvantail, par exemple, le rend parfois effrayant lorsqu’il se met à sourire. L’ambivalence qui régit l’ambiance du comics vient aussi en partie des nombreux traits épars présents dans de nombreux arrière-plans et ce, dès la première page. Ils donnent l’impression que Dorothy évolue sans cesse dans un monde branlant, instable. L’irrégularité des couleurs participe également à créer la singularité de cette adaptation. Jean-François Beaulieu, le coloriste fétiche de Skottie Young, appose les différentes teintes de couleur avec une séparation nette. Bien qu’une cohésion se forme finalement, cette colorisation contribue à la déréalisation caractéristique du fantastique pays d’Oz et de l’aventure que Dorothy y mène.

6q7N4kYU.jpg

La cité d’émeraude, lieu de résidence du Grand Oz, contraint ses visiteurs à porter des lunettes à verres verts pour se protéger de l’étincelance du lieu. Cet accessoire m’a rappelé le jeu Psychonauts, dans lequel le protagoniste nommé Raz porte une paire de lunettes similaire. Voilà, c’était un détail assez anodin, mais ce rapprochement est l’occasion pour moi de vous conseiller subtilement ce magnifique jeu de plate-forme de Tim Schafer. D’accord, d’accord, j’arrête de digresser…

La bizarrerie qui émane du Magicien d’Oz à la sauce Shanower/Young laisse même parfois place à l’effroi. Sans pour autant sauter au plafond comme quand le Père Noël, d’ailleurs nommé Martin pour les curieux, vient vérifier que les lutins travaillent correctement, certains personnages tranchent complètement avec le merveilleux accueillant du pays d’Oz. On peut par exemple noter l’apparition presque spectrale du Grand Oz sous la forme d’une tête terrifiante ou la célèbre vilaine Sorcière de l’Ouest, plus ignoble que jamais !

FWXaJkNt.jpg

D’ailleurs, toute la partie se déroulant sur les terres de cette dernière dénote complètement du reste de l’histoire par sa maturité macabre. Les désirs émouvants des compagnons de Dorothy laissent place à une illustration de leur capacité à tuer de sang froid. Que du bonheur donc.

F74MHUEu.jpg

L’édition de Panini vient agrémenter l’histoire de Young et de Shanower d’une galerie de couvertures et de croquis préparatoires, nous apprenant des détails intéressants sur cette première histoire autour du pays d’Oz. Eric Shanower nous apprend par exemple que Toto obtient la capacité de parler dans le monde d’Oz, mais qu’il préfère continuer à s’exprimer comme un chien ordinaire. Ce genre de détails permettront à quiconque de briller en société pour sûr !

L’ambiance ambiguë du brillant récit proposé par Eric Shanower et magnifiquement illustré par Skottie Young accompagne la multitude de paysages somptueux et de créatures fantastiques que rencontre Dorothy lors de sa découverte du pays d’Oz. Tous ces éléments permettent au lecteur de ressentir pleinement le dépaysement de Dorothy face à cette contrée magique.

rPZULk_9.jpg

Bien plus enchanteresse que ce poste de travail dans lequel je passe des heures assis sur un tabouret tremblant. Il faut vraiment que je pense à fonder un syndicat… Mais pas maintenant, Martin arrive !

Avant de m’enfuir de l’atelier par cette fenêtre, je vous remercie de m’avoir suivi dans cette redécouverte de cette histoire qui occupe une place particulière dans mon cœur de lecteur. J’escalade avec peine cette maudite lucarne, ce qui me laisse juste le temps de vous souhaiter d’autres bonnes lectures durant la suite de ce calendrier de l’Avent, dans cet Atelier Comics de Noël auquel j’ai tout de même pris un grand plaisir à contribuer, bien qu’il soit temps pour moi de m’envoler vers d’autres cieux avant de croiser le Père Fouettard, étrangement nommé Martin également…

Une réflexion sur “16 Décembre : L’Atelier Comics de Noël 2018

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s