Bienvenue dans ce nouvel article de l’Atelier Comics de Noël, notre calendrier de l’avent participatif. C’est au tour de lagauffredu64 de se lancer dans l’aventure et on l’en remercie grandement. Avant de lire ce qu’il a à vous proposer je me permets de vous partager son compte Twitter. N’hésitez pas à aller le suivre si ce n’est pas déjà fait. Je laisse la place maintenant pour son partage.

Bonjour à tous et à toutes. En ce mois de décembre, de fêtes et d’allégresse, voici l’occasion de parler de mon scénariste préféré qu’est Brian Michael Bendis et de l’une de ses œuvres cultes et probablement la plus noire : Alias ! Prenez un plaid, faites vous une tasse de chocolat chaud, installez-vous bien et laissez vous guider.

Bendis, le méga architecte

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Ce monsieur est né en Oregon dans les années 1967. Dès l’âge de treize ans, il décide qu’il voudrait travailler dans l’industrie du comics. Ses modèles sont Chris Claremont, John Romita Sr ou encore Jack Kirby. De plus, il découvre la bande dessinée policière qui sera une de ses grandes inspirations !

A la fin de ses études, il travaille comme caricaturiste dans un journal local de l’état d’Oregon avant de se faire embaucher par Image Comics et plus particulièrement par Todd McFarlane. Notez au passage qu’il fera un passage éclair dans la maison d’édition, Caliber Comics, où il créera Jynx qu’on peut retrouver aujourd’hui chez DC Comics.

Bendis reprend la série Sam and Twitch où il écrira dix-neuf numéros avant de s’embrouiller pour des histoires d’argent avec McFarlane.

Ceci dit, son passage chez Image lui aura permis de rencontrer Michael Avon Oeming qui deviendra un de ses meilleurs amis. A eux deux, ils créent Powers, une histoire policière dans un monde de superhéros. Cette série conditionnera le style du scénariste pour ses prochaines œuvres et son style (j’y reviendrais quand je parlerais de Alias). C’est grâce à celle-ci que Bendis sera mis sur le devant de la scène !

Auréolé de nombreux prix pour Powers, le scénariste débarque chez Marvel.

Dès le départ, Joe Quesada, l’éditeur en chef de l’époque, lui confie Ultimate Spiderman et cette ligne en général. Celle-ci avait pour but de permettre aux nouveaux lecteurs de découvrir les héros Marvel sous un nouveau jour. Une nouvelle continuité, de nouvelles histoires et un monde plus moderne.

Ce fut un succès immédiat ! Ce succès permit à Bendis de devenir cet immense architecte au sein de la maison des idées !

C’est lui qui a mis les Avengers sur le devant de la scène avec l’arc Disassembled, écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de Daredevil, la création de Jessica Jones (on y revient), créé un nouveau statut quo des mutants avec ce chef d’œuvre qu’est House of M, par exemple. Certes, il a eu de nombreux passages à vide comme pour Secret Invasion (un des pires event de ces dernières années) ou encore son Civil War II. Et même dans ses runs les plus faibles, on peut trouver quelques petites pépites comme le 4eme numéro des gardiens ou le 30eme pour All New X Men que je conseille fortement.

Néanmoins, Brian Michael Bendis est un des scénaristes et un des meilleurs dialoguistes de l’industrie des années 2000 et voir au-delà. Il restera dans les mémoires, c’est ce que je pense.

Après plus de dix huit ans de loyaux et bons services chez Marvel, il s’envole vers DC Comics pour être le scénariste des séries Superman et Action Comics.

Cependant, ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui. Revenons à Alias et à ce magnifique personnage qu’est Jessica Jones. Et la série Netflix lui a fait plus de torts que de bien !

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Alias ou comment Marvel a dit non au Comics Code

En 2000, le comics code authority est encore en vigueur aux Etats Unis (Il disparaitra en 2011). Malgré tout, il devient de plus en plus décrié et des éditeurs veulent sortir de ce système. Le premier des big two à le faire est Marvel qui décide de créer l’imprint MAX, un pied de nez au CCA !

Fin des années 90, début 2000, Marvel fait une refonte complète de sa ligne éditoriale après avoir failli être en faillite. La gamme Marvel Knight en découle comme sa petite sœur MAX.

De toutes les séries écrites pour le label, Alias est celle qui ressort le plus.

La genèse du titre est d’abord la volonté de Bendis de travailler sur le personnage de Jessica Drew, la première Spider-Woman. Très vite, le projet se transforme et le personnage de Jessica Jones se dessine. Nouveau personnage pour un nouveau label !

Jessica n’est pas comme les autres héroïnes de Marvel de l’époque. Elle est torturée, a de nombreux problèmes (alcool, finances, syndrome post traumatique…) et celle-ci est une ancienne super héroïne qui a côtoyé les Avengers avant d’arrêter complètement pour travailler dans le privé.

Et c’est là, l’une des grandes forces du récit !

Tout d’abord, Alias est une retcon plus ou moins importante de l’univers Marvel et le premier pas de Bendis dans son rôle d’architecte de la maison des idées. Un petit pas dans ce qu’on pourrait appeler la Bendis Era. Malgré tout, Cela se fait de manière naturelle car le scénariste a la faculté de rendre attachante Jessica pour le reste l’univers comme pour nous lecteurs. Les pages de l’œuvre sont envahies par de nombreuses cases de pensées de l’héroïne, écorchée par la vie. On la comprend, on connait ses joies, ses déboires et on aimerait en savoir plus !

Alias est plus qu’une série avec un fil rouge ou une grande menace, c’est une série dont le fil rouge est la reconstruction de son héroïne de son traumatisme et qui montre, également, le quotidien des super héros de façon crue (chose rare en 2001 chez Marvel) ! Pourtant, les intrigues des arcs ne sont pas en reste. Le but du scénariste est de montrer que les héros sont confrontés à des problèmes de monsieur ou madame tout le monde quand Galactus n’a pas décidé de venir manger la Terre pour la centième fois. Et de nombreux thèmes sont traités avec justesse. Religion, sexe, racisme, journalisme…

C’est le style de Bendis qui permet cela. Un style où le dialogue prime sur l’intrigue, où l’histoire principale est diluée sur de nombreux numéros à travers les multiples discussions avec les autres personnages. Le rythme est constant et ne souffre d’aucun temps mort. Ce qui intéresse le scénariste, ce sont les personnages. Et on sent tout l’amour que Bendis a pour ceux-ci. A travers ses dialogues, il donne une voix à chacun d’eux. Chacun a ses tics et expressions bien à lui !

C’est un plaisir de suivre Jessica Jones et de voir son évolution. Le dernier arc de la série est la culmination de cela ! Peut-être le plus difficile à comprendre et appréhender pour le lecteur qui ne s’intéresse pas à l’histoire éditoriale d’un des acteurs du marché des comics.

Et comment ne pas parler de Alias et de son héroïne sans Michael Gaydos et son style très sombre, très dur avec un gros travail sur le noir ! Si Bendis peut s’amuser autant avec ses dialogues, c’est grâce à son trait si particulier et son découpage génial ! On pourrait rapprocher son travail de Sean Philips et de son approche du polar. Tout se regroupe, vous voyez !

Gaydos est difficile d’accès mais il est, pour moi, la seconde grande force de la série.

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Voilà en quelques cases, comment on nous montre une affaire qui relève des problèmes quotidiens (ici la fugue d’une adolescente) et nous montre aussi une Jessica Jones désabusée par son travail de détective.

Bref, tout cela pour dire qu’Alias est une œuvre totale et la meilleure de Bendis. Elle m’a marqué énormément et je la conseille fortement à tous ceux ou celles qui veulent découvrir un comics Marvel plus proche de l’indé et une héroïne à la fois agaçante et touchante !

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