Avant d’être le big boss du comics indépendant avec des séries à succès, acclamées et multi-adaptées (Wanted, Kick-Ass, Kingsman, Jupiter’s Legacy …), l’écossais Mark Millar a fait ses classes auprès des grandes maisons, notamment chez Marvel (Civil War, Wolverine, Ultimates…) mais c’est son travail auprès de notre tisseur préféré qui m’a marqué au point de vous en parler aujourd’hui.

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Quand ton pedigree parle pour toi

La Maison en manque d’idées

Réédité cette fin d’année par Marvel, dans sa collection Icons (pour le tarif forfaitaire de 36 euros), « Spider-Man par Mark Millar » – comme le veut cette collection rendant hommage aux auteurs ayant été particulièrement marquant auprès d’un personnage –  nous emmène une fois de plus à Manhattan sur les traces de Peter Parker.

Le pitch de cette aventure, parue à l’origine en 12 numéros dans la collection Marvel Knights entre 2004 et 2005 est simple. Spider-Man, une fois de plus harcelé par ses pires ennemis, Le Bouffon Vert en tête, va devoir faire face à un défi de taille, le kidnapping de tante May. On ne change pas une équipe qui gagne me direz-vous ? Bien sûr que non ! A l’heure où Marvel essayait de rajeunir son lectorat en attirant des new-comers, à une époque pré-MCU où lire des comics n’était pas encore redevenu à la mode, la Maison des Idées s’est reposée sur une des plus efficaces qu’elle ait jamais eu à savoir « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs soupes, et avec un jeune loup qui-n’en-veut aux commandes, ça passe encore mieux ! ». Et Mark Millar, encore méconnu, lui, déborde d’idées, notamment une qui fera recette chez la Distinguée Concurrence (dominante ?)

 

Une couverture qui a le bon goût de rajeunir l’ancienne édition de 2012, sortie en Marvel Select

Silence chez Marvel

En effet, grâce à son style direct, irrévérencieux, mais pas trop à l’époque, et si britannique, Millar va presque à lui seul rebooter le Spider-Verse. Comme d’autres comparses britanniques, Grant Morrison en tête, Millar s’est fait une spécialité de déstructurer les univers sur lesquels il lui a été donné de travailler. Et surtout, l’écossais s’est fait fort, dans cette traque haletante, d’intégrer toute la galerie de portraits des ennemis jurés de l’homme araignée : Le Bouffon Vert donc, Doc Ock, Venom, Le Scorpion, Le Vautour, Electro, J. Jonah Jameson mais aussi des alliés plus ou moins récurrents comme La Chatte Noire, les Avengers … bref, (presque) tout le bestiaire de Manhattan y passe et a un rôle à jouer. Pas de personnage accessoire, ni de caméo jeté en pâture juste pour flatter le lecteur. En cela, ce Spider-Man est le pendant parfait, de Batman Silence chez DC, dans une version forcément moins sombre et très accessible pour le nouveau lecteur (rappelons que le but à l’époque est de conquérir un nouveau lectorat). Si comme base, vous avez comme moi la série animée de 1994, ce récit est fait pour vous.

Quand Spidey jette l’éponge

Le récit, qui ne laisse que très peu de répit au lecteur, la course-poursuite pour sauver tante May restant la trame de fond, prend quand même le temps de développer un des aspects fondamentaux de la psychologie du tisseur, à savoir sa réelle humanité. Là où Batman s’est « programmé » pour sa croisade contre le crime, tout comme les X-Men, là où Superman est né surhomme, Peter Parker reste, une fois le costume mis au placard, un individu lambda, loser magnifique qui s’est, à plus d’une reprise, posé la question du renoncement à son alter-ego qu’est Spider-Man. Ici, Millar jette un pavé dans la mare, lorsque le tisseur se donne comme mantra au cours de sa poursuite, que celle-ci serait la dernière, et qu’il cesserait d’être Spider-Man une fois tante May sauvée. Millar connaît ses classiques et va clairement piocher chez Sa Sainteté Stan Lee pour des récits cultes comme « La fin de Spider-Man », ou encore « Spider-Man No More », parus respectivement en 1964 et 1967. Je n’en dis pas plus sur son choix et je laisse soin au lecteur d’en découvrir la clé.

 

« The End of Spider-Man » et « Spider-Man No More », des récits cultes qui ont clairement influencé Mark Millar

 

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Tiens Le Lézard est passé faire coucou lui aussi

La partie graphique, quant à elle, flatte la rétine du lecteur, surtout si vous aimez les personnages détourés à base de lignes épaisses, le style légèrement cartoony passe très bien, et on se régale sur quelques pleines pages de Terry Dodson et Frank Cho, dont le talent pour dessiner les personnage féminins et leurs rondeurs n’est plus à démontrer. Je vous laisse donc imaginer ce que ça donne sur Felicia Hardy ou Mary Jane. Le dessin se veut donc accessible et confortable pour le lecteur, de manière à pouvoir rester concentré sur l’histoire de bout en bout.

 

Un Must Have

En définitive, ce Spider-Man par Millar est une formidable  porte d’entrée dans l’univers du tisseur, non loin de l’univers Ultimate, avec juste ce qu’il faut de combats, de triangles amoureux, de dénonciations politiques (chose que Millar avait déjà avancé dans Ultimates).

Une ouvre dense, haletante, que l’on dévore d’une traite et à laquelle je ne peux reprocher un twist scénaristique à l’orée du dernier acte un tantinet trop prévisible, et du coup, une conclusion un peu convenue. Mais, comme Millar a su le démontrer lui-même 10 ans plus tard avec Jupiter’s Legacy, la perfection n’est pas de ce monde et même les surhommes sont faillibles.

Note Globale             5 étoiles

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