Renato Jones est une oeuvre à talent unique. C’est à dire que Kaare Andrews se charge de tout, du scénario, en passant par les illustrations, les couleurs, … (je ne suis pas sûr s’il réalise le lettrage). Le premier ouvrage nous avait présenté Renato, un riche héritier, sous les traits du Freelance. Celui-ci voulait détruire de l’intérieur le système des UN% de la population qui détient la majorité des richesses du globe. Et il utilisait la manière forte pour y parvenir. Le tome un était une très bonne surprise, est-ce que le second prend la même direction ?

3

Une suite de qualité

Il est toujours compliqué de réussir à transformer l’essai après qu’un premier tome soit une réussite. La magie peut ne plus opérer ou bien l’intrigue n’est plus aussi accrocheuse. Cela doit être une hantise pour un scénariste je pense et dans le cas qui nous intéresse Kaare Andrews réussit parfaitement à échapper à ce piège. Son récit a toujours la même impulsivité, le même peps. Les pages se tournent facilement et il réussit à ne pas tomber dans l’abyme du trop de dialogues. L’un des avantages est que l’intrigue n’était pas clôturée à la fin des premiers chapitres et qu’on repart là-dessus. Ça permet de ne pas trop prendre de risque et de continuer ce qui avait été développé.

L’auteur se permet en plus d’aller vraiment loin dans les actions des antagonistes. On est au prise à de vrais menaces. J’ai une grosse impression qu’Andrews montre que l’on peut (doit ?) faire des récits où il y a des conséquences. Le type de récits où le héros vient sauver la mise d’une menace ultime à la dernière minute on est lassés de cela. Et Andrews le comprend bien, il va au bout des choses et son récit en sort complètement gagnant.

6

Un gros reproche que j’avais sur l’introduction de cette oeuvre était son manque de subtilité. Le caractère anti-capitaliste et politique était visible de loin, tout comme le manque de relief des différents personnages. Il était tous extrêmement manichéens. On est toujours là-dessus dans ce second volet, les méchants sont toujours très méchants et la politique fait toujours écho à ce qu’il se passe actuellement Outre-Atlantique, notamment avec un gros monsieur orange. Mais bizarrement cela m’a beaucoup moins dérangé cette fois-ci, peut-être en sachant à quoi je devais m’attendre la pilule est passée plus facilement. Le propos reste malgré tout intéressant, bien qu’il soit surtout un prétexte pour montrer un anti-héros démonter des grands dirigeants.

45

La relève de papy Miller

Mais cette fois-ci encore la force de l’oeuvre repose sur ses illustrations. Kaare Kyle Andrews est vraiment quelqu’un d’unique de ce côté-là. Il arrive à se créer un univers graphique absolument démentielle. Je l’avais déjà dit et on a encore des inspirations à la Frank Miller dans ce second volume avec le travail sur les ombres et dans les pages en noir et blanc. Faut aimer le style mais moi c’est ma came, Sin City c’est une de mes Bible.

1

Mais le fait est qu’il ne s’arrête pas uniquement avec un style claqué sur celui du maître, il va plus loin que cela. Comme dans le premier tome il allie le noir et blanc et la couleur de sublime façon. Ses traits sont puissants et retranscrivent magnifiquement l’action, ses compositions sont parfois dantesques. Il a même le génie de superposer des planches du tome précédent avec celles de celui-ci pour retranscrire les flashbacks. Je n’avais jamais vu cette méthode et elle m’est apparu comme une révélation. C’est brillant et ça démontre encore la virtuosité du dessinateur et du story-teller. Et en plus de cela vous allez avoir droit à des doubles pages qui vous laisseront sans voix. En tout cas c’est ce qu’elles ont fait pour moi. Deux pages consécutives en particulier qui sont à la fois si simples mais si parlantes. Wow ! C’est pour ce genre d’artistes que je lis des comics, tout simplement.

Kaare Andrews réussit, le non-maigre, exploit de proposer un second tome à la hauteur du premier. Son récit continue à proposer une remise en question de l’ordre mondiale, de la politique et de la capitalisation des richesse par un nombre restreint de personnes. Là où ses personnages étaient clairement unidimensionnelles, elles arrivent à prendre un peu plus d’ampleur. Mais surtout ses illustrations sont encore et toujours démentielles. Il arrive à allier des hommages à Miller dans son style tout en se définissant de manière unique et singulière. Les « Choke on this » de Renato ne sont pas seulement destinés aux UN% mais également aux lecteurs lorsqu’il voit ces pages !

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-66

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s