Bonjour cher(e) passionné(e) de littérature, installe toi confortablement dans ton canapé, ta chaise de bureau ou l’endroit privilégié où tu poses tes fesses.

Bonjour bonsoir à toutes et à tous et bienvenus dans ce tout nouvel article du blog consacré aujourd’hui à… Attends, Martin, c’est toi ?

Tony ? Mais qu’est ce que tu fais dans mon article ?

C’est toi qu’est ce que tu fais dans mon article ?

T’as pas dû bien lire le titre. On est dans la 100ème Comics Review là, la dernière sous le format numérotée donc j’ai envie de dire ouste

Ouais, mais moi j’ai lu Sherlock en VO, alors j’ai plus le droit que toi d’être ici. Alors ouste toi-même !

Bon allez je propose qu’on coupe la poire en deux et qu’on fasse la review ensemble, ça te va squatteur ?

Allez faisons ça, en plus ça a l’air tendance de faire des doubles reviews de Sherlock Frankenstein… Après vous, boss 🙂

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Avant Sherlock Frankenstein, il y avait Black Hammer…

Fort de 2 Eisner Awards, la série est publiée depuis Juillet 2016 et éditée chez Dark Horse aux US, et depuis Octobre 2017 par Urban Comics chez nous. Créée et écrite par Jeff Lemire et dessinée par Dean Ormston, Black Hammer raconte la petite vie tranquille d’une bande de super-héros emprisonnés dans une étrange ferme après avoir combattu un ennemi cosmique : l’Anti-God. Suite à la disparition de leur leader et ami Black Hammer (comme le titre de la série, comment c’est trop une coïncidence !), nos ex super essaient tant bien que mal de s’accommoder de leur nouvelle vie, jusqu’à ce que l’arrivée de Lucy Webber, fille du Black Hammer…

Et c’est justement sur ce personnage que va se concentrer le spin-off dont nous allons parler aujourd’hui : Sherlock Frankenstein et la Ligue du Mal. Et on va mettre les choses au clair tout de suite, si vous ne connaissez pas l’univers de Black Hammer, passez votre chemin. La petite Lucy donc, 19 ans, autoproclamée journaliste, est persuadée que son père n’est pas mort, qu’il a juste disparu, avec tous les anciens super, suite à leur combat contre Anti-God. Suite aux évènements de Black Hammer tome 2, on la suit alors qu’elle utilise la liste des super-vilains de son père pour essayer de trouver des indices qui pourraient l’aider à le retrouver. Sa principale cible : la némésis de celui-ci, le fameux Sherlock Frankenstein.

Au cours de ce court récit, on va pouvoir suivre Lucy qui rencontre certains des grands noms de l’histoire de Black Hammer, jusqu’ici à peine effleurés dans l’intrigue principale. On commence par une visite de l’asile d’Arkham… de Spiral City, pardon, avant de visiter un vilain sortie tout droit de l’univers Lovecraftien, pour finir par le merveilleux Sherlock Frankenstein, et en apprendre enfin un peu plus sur ce personnage.

Vous vous attendiez à quoi d’autre venant de Lemire ?

L’intrigue est relativement lente, et il ne se passe pas vraiment grand chose dans cette histoire à vraie dire. On suit Lucy dans l’exploration du passé de son père, et de ses principaux adversaires. Pour chacun d’entre eux, on en apprend un peu plus sur leur passé, leur origine, et leur lien avec le Black Hammer. On le savait déjà altruiste (C’est un super-héros quoi…), mais on se rend compte très vite de toute l’humanité et le grand coeur que possédait le Black Hammer. On en apprend aussi beaucoup plus sur la vie de Sherlock, au delà de sa relation avec Golden Gail. Et bordel, que c’est beau. C’est humain, c’est véritable, et c’est beau.

J’ai lu des critiques, ça et là, sur le bouquin. Histoire de prendre la température du bain avant de se lancer avec Martin dans cette review à 4 mains, et ce qui revient le plus c’est “c’est lent, on s’ennuie”, “ça n’apporte rien à l’histoire” ou encore “c’est du vu et du revu”.

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Alors oui, Sherlock Frankenstein c’est lent. Mais est-ce qu’on en attendait autre chose ? Je veux dire, Black Hammer, c’est pas spécialement rythmé. Les amateurs de Lemire pourront aussi se souvenir que Sweet Tooth c’était pas spécialement ça non plus en terme de rythme, de même plus le plus récent Royal City. Mais vraiment, quand on lit du Lemire, on veut du rythme et de l’action toutes les 2 pages, ou on cherche un récit qui prend le temps de s’intéresser à ses personnages ? Parce que oui, Sherlock Frankenstein c’est lent, et c’est du réchauffé (et soyons honnête, dans les publications récentes, qu’est ce qui ne l’est pas ?), mais c’est surtout une histoire de personnages, et une histoire d’univers. On est pas là pour voir un epic showdown entre Black Hammer et Sherlock Frankenstein, ou voir le combat entre les super et l’Anti-God. Non, on est là pour en apprendre plus sur les vilains qui peuplent le monde du Black Hammer. Et c’est exactement ce qu’on a ici. Pas de mensonge sur la marchandise, pas de fausse pub. De plus le personnage de Lucy ne se prête pas à une histoire qui va à 100 à l’heure. Elle est journaliste et le synopsis du tome est qu’elle mène son enquête afin de découvrir ce qui est arrivé à son père et ses amis. Déjà on ne s’attend pas à avoir une réponse au bout de trois pages et en plus cela permet de voir un vrai travail journalistique et d’investigation. Cette phase de l’intrigue est extrêmement bien mené et écrite par Lemire.

Quant à la partie ça n’apporte rien à l’histoire… Eh bien c’est un spin-off. C’est une histoire contenue, qui raconte un pan d’histoire liée à l’intrigue principale, mais qui n’a pas pour vocation d’expliquer quoi que ce soit. Est-ce que c’est pas ça, ce qu’est supposé faire un spin-off ? A notre sens, si. Vous imaginez une seule seconde avoir eu la révélation que Dark Vador était le père de Luke dans un vulgaire spin-off ? Nous sommes bien d’accord.

J’aurais une critique sur la publication française cependant qui pourrait peut-être expliquer la confusion autour du titre. En VO, Sherlock Frankenstein est publié accompagné d’un “From the world of Black Hammer”, et on a donc bien ça, un livre qui est tiré du monde de Black Hammer, pas un livre sur Black Hammer. En français, le “Black Hammer présente…” est peut-être un peu moins clair. Peut-être. C’est qu’une théorie 🙂

Un spin-off s’intégrant à un univers mais proposant de la nouveauté !

Et qu’en est-il des illustrations de ce tome ? C’est David Rubin qui est à l’oeuvre et la première chose que l’on puisse dire c’est qu’il s’intègre parfaitement à l’univers Black Hammer. Il a un style assez proche de Dean Ormston ce qui permet de bien comprendre que l’on se situe toujours dans le même monde et de conserver une cohérence importante pour un spin-off. Mais si tout était pareil que la série principale le tome n’aurait pas son identité propre. Et Rubin imprime certaines différences en utilisant un trait un peu plus rond sur les visages par exemple. De plus l’énorme différence graphique vient du travail de colorisation. C’est Dave Stewart qui est aux commandes et qui utilise une palette extrêmement large et forte et qui est en total opposition avec ce qui est fait sur la série principale. Vous avez peut-être ressenti des couleurs un peu mornes et sombres dans les deux premiers tomes, ici on a des dessins qui explosent de vie avec du rose vif, de l’orange, du jaune, du vert, … Encore une fois les artistes réalisent exactement ce que nous pensons indispensable pour la mise en lumière d’un spin-off, un style suffisamment proche de l’original pour conserver une cohérence à l’oeuvre et l’intégrer dans cet univers, mais en ajoutant suffisamment de différences pour en faire une oeuvre à part entière.

Alors que dire de Sherlock Frankenstein ? Vaste fumisterie qui ne sert à rien, ou bijou pour les fans de l’univers ? Eh bien, les deux mon capitaine. Ca n’apporte rien à l’histoire. Genre rien du tout. En revanche, ça développe l’univers. Genre beaucoup. On a la présentation de plein de nouveaux personnages, on en apprend plus sur Black Hammer et sa relation avec ses nemesis, et surtout, ça ouvre la porte à plein de nouveaux spin-off : Doctor Star déjà publié en VO et qui ne devrait pas tarder à être annoncé par Urban chez nous, Quantum Age (en cours de publication en VO, l’histoire se déroule dans le futur) et Cthu-Louise (one-shot centré sur un personnage rencontré dans Sherlock).

Plus qu’une simple avancée dans l’histoire, Sherlock Frankenstein est une réelle ouverture du monde de Black Hammer, où Lemire compte s’amuser, et ne compte pas s’arrêter de s’amuser. Et nous, ça nous va très bien.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67

 

4 réflexions sur “Comics Review 100 : Sherlock Frankenstein

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