Salut à tous, bienvenue de ce nouvel Comics Event. Nous sommes fin octobre, tu le sais peut-être, voir même tu y étais, la Comic Con Paris 2018 vient de se terminer. On a peut-être même eu la chance de discuter ensemble et j’espère que tu as bien kiffé ce moment. Toujours est-il que qui dit convention de la sorte dit annonce en tout genre par les différents artistes, éditeurs ou bien panels dans lesquels certaines informations peuvent avoir le mérite d’être partagées. Voilà le but de cet article aujourd’hui, je vais essayer de vous faire un résumé des informations que je juge intéressantes si vous n’avez pu être présent ou si vous êtes passés à côté. Je précise avant de commencer, je n’ai pas assisté à toutes les conférences, je ne dispose donc pas de l’exclusivité des annonces, ce qui suit sera ce que j’ai noté personnellement de ce que j’ai pu vivre durant ces trois jours. Commençons.

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Le premier panel notable du vendredi était bien sûr celui de Frank Miller et Andy Kubert. J’ai assisté à la conférence sur la diversité dans les comics mais je n’en ai pas ressorti grand chose à part une historique de cette pratique dans le medium.

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On passe donc directement à notre ami Miller. Ceux présents vous diront probablement la même chose, on a eu assez peur sur le début de la conférence, Miller prenait énormément de temps pour répondre aux questions et on était partis pour quelque chose d’assez peu intéressants. Mais il a finalement bien caché son jeu et au bout de quelques minutes il était parti. Les deux artistes avaient réservé une annonce pour cette comic con, que vous avez peut-être déjà vu passer. Le duo prévoit de retravailler ensemble, après leur collaboration sur DKIII notamment, sur un récit se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale. Batman, Wonder Woman, Superman et les autres seront donc propulsés dans cette période qui les a vu naître sur le papier (pour rappel Superman est né en 1938, Batman en 1939 et Wonder Woman en 1914). Miller semble donc très attaché à amener les héros que l’on connaît dans cette période temporelle. On risque donc de voir Superman casser la gueule à des nazis et c’est toujours agréable, surtout vu le climat politique actuel. Aura-t-on une critique acerbe de ce qui se passe en ce moment ? Seul l’avenir nous le dira. Ils se sont également permis de rajouter quelques informations, notamment concernant le sergent Rock, personnage créé par le père d’Andy, Joe Kubert.

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Le personnage est assez peu utilisé ou connu du grand public mais il a le mérite de coller parfaitement avec ce que chercher à raconter le duo. Et pour finir de nous mettre l’eau à la bouche si on ne l’avait pas déjà. Miller et Kubert se sont rendus dans les catacombes de Paris lors de leur séjour, et ils ont grandement appuyé le fait que Batman aurait sa batcave à cet endroit. Miller nous ayant même parlé d’un mur de celle-ci entièrement recouvert de crânes. La hype est au maximum, mais malheureusement aucune information sur un début du projet.

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Vous le savez peut-être également, Miller prépare actuellement un Superman Year One avec John Romita Jr. Peu de choses ont fuité pour le moment, et c’est plus ou moins toujours pareil après cette conférence. La seule réelle information que Miller a lâché c’est que le récit verra Clark sur Krypton, au Texas et à Metropolis. Somme toute les trois lieux les plus connus du personnage donc fallait pas être devin pour s’en douter. Néanmoins on ne peut qu’avoir hâte de voir ce que Miller va envisager pour sa planète Krypton, cela risque d’être assez croustillant. Il est parti en donnant cette phrase sur le personnage « Superman est l’immigrant ultime ».

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Venons-en maintenant à la conférence d’Urban Comics, que j’attendais avec impatience car l’éditeur est malheureusement assez peu bavard sur les réseaux et sur le futur de ses publications. L’une des choses capitales que j’ai apprise et que l’on pouvait deviner c’est qu’Urban publie des récits plus à la marge lorsqu’une série ou un film est produit sur le personnage. La petit info c’est que c’est Warner qui débloque des fonds publicitaires, lors des sorties, qui permettent à Urban de se lancer dans certaines séries moins connus. Et cela va être le cas en 2019, notamment avec la sortie de titres sur Swamp Thing, dont le run d’Alan Moore. Dans le même acabit, la Doom Patrol de Grant Morrison va enfin voir le jour chez l’éditeur. Deux excellentes nouvelles pour les fans des personnages ou ceux qui aimeraient le devenir. On aurait aimé le même type d’annonces concernant Shazam, qui ne dispose toujours que d’un titre chez Urban, mais qui n’a pas eu la chance d’avoir une annonce. Urban sortira-t-il des histoires anciennes du personnage ? On l’espère vraiment ! (Il semblerait que deux titres aient été annoncé mais soit je suis passé à côté soit cela c’est fait en dehors de la conférence).

Toujours côté DC, Urban va bien entendu continuer la publication de l’ère Rebirth, notamment avec l’arrivée de nouveaux talents sur certains titres. On pense à Snyder sur Justice League, Bendis sur Superman et Action Comics, Morrison sur Green Lantern, Azzarello sur Suicide Squad, … Tout sera publié, la numérotation des tomes librairie sera-t-elle remise à zéro ? Pas d’annonce concrète lors de la conférence mais il semble que cela soit le cas. On n’a pas l’information non plus de savoir si Action Comics arrivera enfin en format librairie ou non.

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Concernant le Black Label tout cela est également dans les cartons. Urban a sorti son premier ouvrage avec le White Knight N&B (qui n’était pas sorti en VO dans ce label). Le suivant sera le Batman Damned d’Azzarello et Bermejo. Vienda ensuite le Superman Year One de Miller et probablement tout ce qui sortira sous ce label par la suite.

Côté indépendant l’éditeur continue sur la voie qu’il a défini, à savoir de suivre certains auteurs très en vue, comme Jeff Lemire, Rick Remender, … L’une des annonces de ce côté-là sera la publication du premier tome de Death or Glory, la nouvelle série de Remender et de Bengal (un dessinateur français) et cela arrivera courant 2019.

Et pour finir le meilleur pour la fin. Et le meilleur c’était la conférence Batman La Légende, surtout grâce à Neal Adams. J’étais par chance au premier rang et je vais vous faire part de certaines questions qui lui ont été posé. Petite pépite en approche.

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On va aborder en premier le run de Batman sur Neal Adams. A l’époque où il a repris le personnage, Batman n’était nul part, il avait sa propre série télé avec Adam West mais c’était tout simplement un cartoon. Ce n’était pas Batman, c’était une comédie. Adams a donc ramené Batman tel qu’il était dans les comics. Il nous a d’ailleurs fait part d’une anecdote sur son arrivée sur le personnage. Il est allé dans le bureau Julius Schwartz, l’éditeur du personnage à cette époque, en lui demandant de pouvoir dessiner Batman. Adams ne l’a pas évoqué durant la conférence mais il semblerait que Schwartz avait un passif avec lui après qu’il ait quitté abruptement la série Spectre qu’il supervisait. Et donc à cette question l’éditeur lui a purement et simplement dit de dégager de son bureau. Il est donc ensuite aller voir Murray Boltinoff, l’éditeur de la série The Brave and The Bold, qui accepte de lui en donner les illustrations. Voilà comment Neal Adams démarre son travail sur le chevalier noir.

Plusieurs mois passent et Adams se rend dans les locaux de DC de nuit, tout est sombre, excepté une pièce dans un coin. Il s’y aventure et voit dans le bureau un homme aux yeux brillants et aux cheveux ébouriffés. C’est l’éditeur de Batman qui tient énormément de papier dans ses mains et lui dit « Adams, pourquoi les lecteurs m’écrivent-ils que le vrai Batman est dans B&B et non pas dans sa série ? Tu crois mieux savoir qui est Batman ? » Ce à quoi Adams lui aurait répondu « Ce n’était pas moi qui le sait mieux, c’est les enfants qui lisent les comics. »

Jack_Palance_-_1954La suite porte sur le personnage de Ra’s Al Ghul, qu’Adams a créé. Il est parti d’une constatation, que la plupart des némésis du chevalier noir était des clowns ou des personnages pittoresques, le Joker, le chapelier fou, le pingouin, le sphinx. L’éditeur et Adams voulait mettre en avant un méchant « normal » et réel. Pour se faire ils se sont inspirés de Sherlock Holmes et Moriarty et voilà comment est né le personnage de Ra’s.

Il se serait d’ailleurs inspirer de l’acteur Jack Palance pour représenter le personnage. Adams nous a d’ailleurs confié qu’à cette époque DC pensait à annuler la série Detective Comics ainsi que la série Batman. La création de ce personnage a peut-être participé à sa sauvegarde.

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L’auteur en est ensuite venu à parler d’une autre légende des comics et du personnage de Batman, lui-même présent sur le salon avec Frank Miller. Alors que Miller débutait dans l’industrie il est venu voir Miller en quête de conseil et en lui apportant des planches qu’il avait dessiné. Adams les a qualifié d’absolument horrible, qu’elles nous auraient fait pleurés. Miller lui demandait alors une heure de son temps afin qu’il lui pointe les parties à modifier. Suivant ses conseils Miller retournait travailler et revenait la semaine suivante. Les planches étaient toujours très moches, néanmoins il avait écouté les conseils que lui avait donné Adams et avait corrigé ces parties-là. S’en suivait une nouvelle séance de conseils durant une heure et ce pendant pas mal de temps. C’est comme cela que Miller est devenu ce qu’il est, en corrigeant ses erreurs et en écoutant les conseils qu’on lui donnait. Un jour il revient montrer à Adams des planches, qu’il trouve encore une fois horribles. Celui-ci lui dit qu’il les a déjà vendu et qu’il est employé pour cela. Adams en rigolant lui répond de foncer, d’apporter ses planches, de prendre le job et de continuer. Et un an plus tard, Miller serait embauché par Marvel pour travailler sur un certain Daredevil. Il admet qu’il n’a jamais eu aussi tort qu’avec Frank Miller. 

La question suivant répond à une évolution du personnage que veut le voir devenir toujours plus sombre. Y a-t-il une limite ? Pour Joelle Jones il y a bien une limite jusqu’où le lecteur peut et veut aller avec le personnage. Adams quant à lui s’interroge sur le costume à proprement parler du chevalier, qui devient de plus en plus cuirassé avec des bottes de combat, une ceinture de garnison, … Pour sauter de toit en toit ne devrait-il pas plutôt avoir des bottes de ninja ? Freddie Williams quant à lui n’est pas contre le fait d’avoir un Batman plus dark, mais dans des récits hors continuité ou dans le futur. Pour Adams il y a une limite à changer le personnage, passer une ligne créez-en un nouveau plutôt que de jouer avec le même. En plus vous empocherez des royalties.

Batman peut-il tuer ? La sempiternelle question. Adams a un avis bien tranché sur la question avec un NON franc et massif. Pour lui Batman est l’oméga et Superman l’alpha. Batman n’est pas un super-héros, il ne tue pas car il est humain. Freddie Williams est plus ouvert sur la question et comme pour le côté sombre il ne serait pas contre voir un Batman hors continuité franchir la limite (coucou BvS par exemple). Joelle Jones pense elle que le code d’éthique du détective ne lui permet pas de franchir cette limite.

Couv_337800Et pour finir, l’angle du mariage de Bruce Wayne et de Selina Kyle a été abordé. Partie qui a d’ailleurs été en partie dessinée par Joelle Jones et la question était : Batman peut-il être heureux ? Jones aime explorer la relation entre les deux personnages mais ne pense pas que le couple pourrait fonctionner sur le long terme. Les voir heureux ensemble retirerait le côté sombre de Batman. Neal Adams a lui aussi un avis très tranché. Batman ne peut-être heureux. De manière plus générale il pense d’ailleurs que cela n’a pas d’intérêt de faire évoluer les personnages tels que Batman, aucun intérêt à les voir se marier, avoir des enfants ou mourir. La raison est que tout cela est de la fiction, les comics sont des fantasmes, ils ne représentent pas le réel et ne doivent pas le faire. On vient lire des comics pour échapper au réel, pour voir des brutes en costume se battre tout en donnant envie de lire la prochaine issue. C’est pour cela que pour lui toutes les générations de Robin sont une erreur, Nightwing aura bientôt le même âge que Bruce si ça continue. Freddie Williams lui a pris son pied à écouter Adams là-dessus et pense que l’attachement de Batman ne doit pas sortir de la bat-family.

Sur ce que pense Neal Adams je vous laisse vous faire votre propre opinion, personnellement je ne suis pas complètement d’accord. Si on ne fait pas évoluer le personnage on va en venir (ou on y est déjà) à raconter inlassablement la même histoire.

Voilà qui clôture les moments marquants de cette Comic Con pour moi, je vous proposerais demain un article spécial Comics Haul pour vous montrer mes achats ainsi que ceux que Clem. Bye !

Vous n’êtes pas encore partis ? Bon d’accord je vais le dire. Tous ces moments, ces conférences, la vue des artistes ne sont rien en comparaison du fait d’avoir pu passer du temps avec vous. Ceux avec qui l’on parle toute l’année sur les réseaux et que j’ai pu voir en vrai pour discuter. Voilà le highlight de ce salon pour moi. Merci à vous tous donc, désolé pour ceux que je n’aurais pas vu, j’espère la prochaine fois. Si vous avez l’occasion de faire une convention de la sorte foncez, je pensais m’ennuyer en partant pour trois jours et ça n’est pas arrivé une seule minute. Merci les copains !

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