Bonjour bonsoir à toutes et à tous et bienvenue pour un nouvel article, ou plutôt une série d’articles consacrée à un monument des comic books, considéré par nombreux comme le meilleur truc jamais publié : The Sandman.

Comme indiqué dans le titre, cette série de review va se découper en 5 parties. Pourquoi 5 ? Eh bien plusieurs raisons : l’intégrale de The Sandman fait 10 tomes, j’ai la flemme de faire 1 seul big article qui sera pas fun à écrire et encore moins à lire pour vous, et j’ai aussi la flemme d’en écrire 10 petits. Donc 5 c’est un bon compromis 🙂 1 review tous les 2 tomes, ça permet d’avoir assez de matière pour vous faire un article pas trop long et assez intéressant.

Alors The Sandman, c’est quoi ? C’est bien ? Est-ce que ça mérite vraiment son status de meilleure série de tous les temps ? Est-ce qu’un noob de DC peut apprécier une aussi grosse série dans cet univers ? Nous allons répondre à toutes ces questions en temps venus 🙂

Cette première review va donc s’arrêter sur les 2 premiers tomes de la saga, à savoir Preludes and Nocturnes et The Doll’s House. Assez de préambule, accrochez vous à votre lit, on est partis pour une visite du royaume des rêves…

The Sandman : Un peu de contexte

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The Sandman est donc une série de comic books publiés chez DC (puis sous son label Vertigo à partir de l’issue 45) entre 1989 et 1996 pour un run de 75 issues au total. Ecrit par Neil Gaiman (American Gods, Coraline, Good Omens, et j’en passe tellement l’auteur est prolifique), dessiné par un tas de mecs absolument géniaux (entre autres : Mike Dringenberg sur les 30 premières issues, Sam Kieth sur les 5 premières issues, Jill Thompson…), lettré par Todd Klein (qui fait un boulot monstrueusement magnifique), et couvertures par Dave McKean. Beaucoup de monde donc sur ce projet, ambitieux s’il en est car c’était alors le début de la carrière de Gaiman. Lui qui n’avait jamais auparavant travaillé sur une série régulière se retrouvait à pitcher un reboot de la série Sandman de 1974 (Joe Simon,Michael Fleisher,Jack Kirby et Ernie Chua) à Karen Berger, alors éditrice de la ligne Vertigo pour DC. Quelques mois après son pitch, Gaiman fut recontacté par Berger en lui offrant un job : The Sandman. Le cahier des charges est simple : DC veut un nouveau Sandman. Gaiman doit garder le nom, et uniquement le nom. Pour le reste, il a carte blanche. Et bordel, ils ont bien fait.

Preludes & Nocturnes

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Preludes & Nocturnes est le titre du premier tome de The Sandman, qui compile les 8 premières issues, et c’est donc notre premier contact avec l’univers du Dreaming, de Dream et son lien avec les différents personnages du DC Universe.

Dream, c’est The Sandman, Morpheus, le personnage principal, et The Dreaming c’est son Royaume. Le royaume des rêves, des cauchemars. Sauf que le Dreaming a été déserté. Dream a été kidnappé par des humains en quête de pouvoir (qui voulaient vraiment appeler Death, mais qui sont manifestement pas très doués…). Retenus prisonnier, ses reliques du sommeil sont volés et abusés par des habitants du DC Universe. Pendant ce temps, nombreux mortels se retrouvent privés de sommeil, de rêve, ou piégés dans un sommeil sans fin. Alors qu’il finit par se libérer de ses bourreaux (qu’il punit avec toute la puissance du seigneur du sommeil, et franchement ça fait froid dans le dos), Dream part à la recherche de ses artefacts pour retrouver son pouvoir.

Le premier tome se concentre surtout sur la recherche de ces objets, par un Sandman faible, qui cherche à retrouver ses pouvoirs et sa grandeur d’antan. Et c’est, je trouve, une assez bonne tactique de narration pour faire entrer les lecteurs dans ce nouvel univers, tout en plaçant ci et là des références connues au monde de DC (John Constantine, Martian Manhunter, …). Le tome se conclut par une rencontre entre Dream et Death, sa soeur. Une espèce de réflexion autour de la mort, de la condition de Dream en tant qu’Eternel, qui se lit comme un conte.

La narration est léchée, subtile, entêtante, et chaque fin d’issue est un vrai page turner. Je suis bien content de lire ça en collected et pas en issue, j’imagine à peine la frustration d’un lecteur en 89 qui doit attendre un mois pour la suite 🙂

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L’équipe artistique sur ce numéro est composée de Sam Kieth, Mike Dringenberg et Malcolm Jones III (qui, d’après l’introduction du bouquin, obtient ici son premier job après sa sortie d’école. Chapeau). Et c’est beau. Bordel comment c’est beau. On pourrait imaginer quelque chose de très noir, mais non, ça éclate de couleurs. Vives, criardes, donnant à la fois une pâte réaliste quand on côtoie les humains, et un côté surréaliste quand on touche au Dream et au Dreaming. Alors oui, certains passages sont sombres. Forcément, on est supposé être dans un comic horrifique/fantasy. Mais c’est toujours extrêmement bien dosé, réfléchi, maîtrisé.

The Doll’s House

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The Doll’s House est donc logiquement le 2eme tome de la série, qui compile les issues 9 à 16.

Dream est de retour (pour vous jouer un mauvais tour) dans son royaume du Dreaming, et constate que certains de ses cauchemars ce sont échappés en son absence. J’ai envie de dire en même temps, normal, le gars laisse ses employés pendant 50 ans tranquille, faut pas s’attendre à ce qu’ils attendent sagement à la porte que le boss revienne. En plus de cela, une crise éclate dans le Dreaming : un nouveau Vortex vient de voir le jour… En parallèle, nous suivons l’histoire de Rose, jeune ado qui se découvre une riche grand-mère, tandis qu’elle fait des rêves de plus en plus étranges…

2eme tome donc de la série, et bordel comment c’est une claque. On développe encore plus l’univers que dans les premières issues. On se concentrait sur Dream et ses pouvoirs dans le tome 1, ici on donne plus de place au Dreaming, les créatures qui le peuplent, les règles qui le régissent, ainsi que les problèmes que peut rencontrer un dieu du sommeil. L’intrigue concernant la recherche des 4 cauchemars perdus est assez secondaires et se mélange habilement à l’histoire principale : celle de Rose qui part à la recherche de son petit frère Jed, disparu 5 ans auparavant. On y découvre un personnage assez classique, et c’est vraiment très intéressant de voir un personnage « normal » (comprenez humain, sans lien plus que ça avec l’univers DC) se retrouver embarqué dans une histoire aussi fucked-up que de rencontrer Morpheus himself. On y découvre des personnages aussi attachants que bizarres, au détour d’une convention de tueurs en séries ou d’un curieux corbeau qui travaille pour Morpheus.

Côté artistes, on retrouve Mike Dringenberg, Malcolm Jones III, Michael Zulli, Steve Parkhouse et Chris Bachalo. Comme pour le premier tome, on retrouve ce savant mélange de réalisme et surréalisme qui va si bien à l’oeuvre. On joue aussi beaucoup avec l’organisation des panels dans cet ouvrage, pour illustrer les séquences de rêveries de Rose (en passant du format portrait classique vers une narration en mode paysage). On découvre une galerie de personnages assez loufoques aussi, chacun avec des rêves très différents, chacun avec un style à part et c’est merveilleusement bien géré. Chaque univers est très bien amené, et extrêmement caractérisé ce qui permet de s’y retrouver malgré une narration entremêlée. Côté lettering, c’est toujours magnifique, chaque personnage a sa propre police, très bien étudiée et parfaitement cohérente avec le personnage et son univers.

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The Sandman : Et en Français ?

Eh bien, par chance pour ces reviews, l’intégrale en français a également été publiée en 10 tomes qui suivent les tomes anglais. Vous pouvez les retrouver aux Éditions Delcourt (collection « Contrebande ») et Panini (collection « Vertigo Cult »).

Sinon, vous avez 2 autres versions plus condensées : une chez Urban en 8 volumes (collection « Vertigo Essentiels »), ainsi qu’une chez Le Téméraire en 4 volumes. J’ai cherché un peu d’informations sur cette édition mais j’ai pas vraiment trouvé grand chose, alors je ne sais pas trop si c’est une intégrale ou non (en 4 volumes, ça me paraît peu !). Si vous avez des infos, hésitez pas à partager dans les commentaires 😉

Conclusion

Avec ces deux premiers tomes, on a la promesse d’une belle histoire. Un univers extrêmement riche, bien que contenu à sa propre histoire. J’avoue que j’étais réticent à commencer Sandman, de par ma méconnaissance de l’univers DC. Au final, on y croise certains personnages connus, mais plus en cameo, en références, qu’en vrais acteurs de l’histoire. On sourira aux clins d’oeil qu’on comprend, et on ne remarquera pas les autres sans avoir l’impression de passer à côté de quelque chose.

Est-ce que ça mérite sa place de meilleur truc jamais publié ? C’est encore tôt dans ma découverte pour le dire, mais c’est clairement une claque. J’ai commencé à les lire avec beaucoup d’attentes, et je ne suis pas déçu. Une fable fantasque et fantastique, qui distille ça et là des indices quant à la suite de l’oeuvre, des pistes d’élargissement de l’univers, et ça donne envie d’en savoir plus, de s’y plonger à corps perdu. Comme un rêve duquel on ne souhaite pas se réveiller, en somme.

Tony

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