Bonjour cher(e) passionné(e) de littérature, installe toi confortablement dans ton canapé, ta chaise de bureau ou l’endroit privilégié où tu poses tes fesses. Une première historique pour moi dans cet article, j’ai acheté le premier kiosque de ma vie (j’en ai quelques uns mais que j’avais acheté d’occasion sur les brocantes notamment). Ayant découvert le comics sur le tard je me suis directement tourné vers le format librairie qui était plus qualitatif à mon goût. Néanmoins quand Urban Comics nous sort des récits complets intéressants de plus de 100 pages pour 6€ le calcul est rapidement fait. C’est pour cela qu’on va maintenant s’intéresser au récemment sorti Batman Europa de Mateo Casali et Brian Azarello au scénario et Jim Lee, Giuseppe Camuncoli et Diego Latorre aux illustrations.

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Le tome commence par nous plonger dans Gotham où le chevalier noir est aux prises avec un de ses ennemis jurés, le très puissant Killer Croc. Bien que victorieux de cette confrontation Batman se rend compte qu’il a plus de mal que d’habitude à se débarrasser de son ennemi. Il était moins rapide, ses coups étaient beaucoup moins puissants et sa capacité à encaisser ceux de son adversaire était diminué. C’est alors qu’Alfred le convoque à la batcave pour une affaire urgente, le batordinateur a été piraté. Le virus Colossus est en place dans le système et semble ne pas pouvoir être désactivé. Ajouté à cela le fait que le cape crusader est lui aussi infecté d’un virus qui lui laisse une semaine à vivre uniquement. Néanmoins la personne derrière cette intrusion a laissé un indice qui va mener notre héros en Europe, et pour commencer à Berlin, où il rencontrera son ennemi juré le Joker. Celui-ci est infecté de la même manière, et nos deux ennemis vont donc devoir s’entraider à travers le vieux continent afin de ne pas mourir ensemble.

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L’attrait principal du récit vient de cet état de fait assez inédit qui amène Batman et le Joker à devoir s’entraider. Ils doivent remonter ensemble la même piste afin d’essayer de trouver le coupable et le moyen de déjouer le virus qui les tuent à petit feu. C’est l’idée directrice de ce tome et elle n’est pas vraiment remise en question, aucun des deux protagonistes ne se demandent si c’est la bonne solution. On pourrait s’attendre à ce que Batman refuse catégoriquement cet aide mais il n’en est rien. On aurait pu explorer légèrement plus le subconscient de notre héros et au final avoir un rassemblement plus fort que ce qui nous est présenté.

J’ai le même ressenti quand au déroulé de l’intrigue. Ce qui commence à Gotham va vite être exporté en Europe, à Berlin, Paris, Rome et Prague mais jamais on ne sent Batman dans l’action. Il est constamment dans la réaction des pistes laissés par celui qui les a infecté et subit complètement l’enquête. Bien sûr qu’encore une fois le but des auteurs est de montrer le personnage dans des villes connus et dont il n’a pas l’habitude mais ils le font au détriment du personnage qui passe pour un pion à la solde de ce personnage mystérieux. Venant du meilleur détective du monde cela est légèrement décevant, il mène l’enquête mais n’en est pas le ressort principal. J’ai donc plus eu l’impression de lire un guide touristique au travers de l’Europe plutôt qu’une véritable histoire avec un scénario bien ficelé. Celle-ci a ses attraits plutôt intéressants mais on la sent légèrement cousu de fil blanc et l’intrigue avance parce qu’il faut la faire avancer et non parce que les personnages en sont responsables.

Heureusement la partie graphique est vraiment très agréable et assez peu commune. Déjà elle permet la mise en lumière des éléments des villes que parcourent les personnages. Vous vous doutez bien que l’on évite pas les clichés répandus sur celles-ci comme Notre Dame de Paris ou le Colisée mais les auteurs vont quand même un peu plus loin. On passe donc dans les catacombes de la capitale, au pont Charles de Prague, la porte de Brandebourge à Berlin, … Et chacune des illustrations de ses monuments historiques est vraiment magnifiques. On est sur du guide touristiques pour lecteurs américains mais cela a au moins le mérite d’être beau à regarder !

Côté dessins on est vraiment sur un sans faute, chaque chapitre amène son originalité et un trait qui est à la fois suffisamment différent mais proche du précédent pour garder une cohérence à l’oeuvre tout en démarquant bien chaque chapitre. On a par exemple un chapitre un peu psychédélique dans sa représentation et qui semble devoir être lu à l’aide de lunettes 3D, que malheureusement je ne dispose pas (outre celles des cinémas). On a également Jim Lee au premier chapitre et j’ai été surpris par celui-ci. Je me suis demandé pourquoi j’avais du mal à reconnaître son trait. J’ai comparé les artistes crédités sur ce tome et sur Batman Silence par exemple, le coloriste est dans les deux cas Alex Sinclair, la différence vient de l’encrage. Là où Scott Williams avait un encrage très prononcé et visible, dans ce tome Jim Lee encre lui-même ses illustrations et le sien est extrêmement fin voir invisible. On arrive donc à un style complètement différent de ce qu’il réalise d’habitude et cela permet de bien voir les différents acteurs et leurs contributions à une planche.

Le postulat de départ de ce Batman Europa est intéressant, voir s’allier Batman et le Joker a toujours quelque chose à offrir bien qu’on aurait pu espérer un peu de questionnement de la part des deux personnages qui subissent l’intrigue et ce que les auteurs veulent leur faire faire. Ils sont également amenés à traverser l’Europe et à nous offrir un voyage touristique qui a au moins le mérite de nous offrir de magnifiques représentations de monuments connus. Le dessin reste le point fort de cette oeuvre avec des styles très marqués et personnels de la part de chacun des dessinateurs présents sur le titre.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65 WD-Icon-65

 

3 réflexions sur “Comics Review 87 : Batman Europa

  1. Ah, j’ai pas le même point de vue moi sur l’attitude de batman. Pour moi, le fait qu’il soit plutôt passif, un cran en retard, ça va de paire avec le virus qui l’affecte et le diminue au fil du récit (d’ailleurs, la fin du récit est parfaitement dedans, et ce n’est presque plus un titre « Batman » d’une certaine façon). Cela fait qu’autant dans le dessin que dans le récit, le virus se ressent.
    Ça rend le tout assez meta : ordinateur, batman, et comics, tous infectés 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Effectivement je n’avais pas vu cela de cette manière et ton point de vue est intéressant. Après qu’ils s’allient au Joker si facilement me fait légèrement chier ^^
      J’adore l’aspect méta dont tu parles, ça marche parfaitement avec le chapitre en 3D, j’aurais aimé y penser 😂

      Aimé par 1 personne

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