Bonjour cher(e) passionné(e) de littérature, installe toi confortablement dans ton canapé, ta chaise de bureau ou l’endroit privilégié où tu poses tes fesses. Si tu suis un peu l’actualité comics française tu dois être au courant que Hi Comics ressort le titre Locke & Key de Joe Hill et Gabriel Rodriguez dans une nouvelle édition. Ne connaissant pas ce titre avant cette parution je me suis jeté dessus, et donc après les analyses des tomes 1 et 2, me voilà de retour pour parler du troisième opus de cette magnifique série.

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L’histoire mise en place par le scénariste suit son cours. Après avoir emménagé dans la maison familiale de Keyhouse, les Locke ont commencé à découvrir des clés leur octroyant une variété de pouvoirs. Les premiers tomes nous montraient une clé permettant de se matérialiser en spectre, une autre pour inspecter le cerveau d’une personne, … Mais tout n’est pas rose pour eux, en effet un esprit malfaisant cherche à récupérer toutes les clés, notamment celle de la porte noire afin de réaliser son but, dont on a pas les détails de manière précise. Ce nouveau tome continue sur la lancée des précédents en continuant à dévoiler de nouvelles clés présentes dans la maison et de nouvelles capacités plus dingues les unes que les autres.

La première chose que j’ai apprécié vient des deux premiers chapitres et de leur mise en place. Ce dont nous avons l’habitude dans la lecture de bande dessinée c’est de voir plusieurs scènes dans un même chapitre et des personnages sur plusieurs lieux, tout cela dans le même laps de temps qui s’entrecroise. Joe Hill démarre son tome avec deux chapitres où les actions ne concernent qu’un seul personnage majeur que son intrigue. On a donc aucune coupure temporelle ou spatiale, tout se déroule sous nos yeux tels que les personnages le vivent. Pour prendre un parallèle avec le cinéma cela m’a fait penser à un plan séquence où le réalisateur ne charcute pas ses plans. Et dans le medium comics cela donne un véritable sentiment de lisibilité à ces chapitres, on est pas déboussolés par des changements incessants et la compréhension est pleine. img_20180904_082039_hdr635850188.jpg

Comme vous pouvez le comprendre à la lecture du titre de ce tome, la couronne des ombres, Bodge, l’antagoniste de la série, va être en mesure de se créer une armée d’ombres et de les soumettre à son bon vouloir. L’idée est encore une fois très intéressante et le désarmement de la situation par Kinsey et Bode est très ingénieux. Presque trop, vu la rapidité avec laquelle elle arrive à trouver un moyen de contrecarrer les êtres maléfiques. L’inventivité de Joe Hill continue de faire des merveilles et d’élever le récit. Outre cette clé des ombres, il dévoile deux nouvelles clés donnant accès à deux nouveaux pouvoirs très intéressants.

Et ces deux nouveaux pouvoirs sont magnifiés par le trait de Gabriel Rodriguez qui se dévoile de plus en plus et commence à me conquérir. J’ai toujours un problème avec ses visages et ses yeux, cela restera jusqu’à la fin. Néanmoins je sens clairement l’évolution de son trait et le fait qu’il prenne confiance sur cette série. Pour preuve la représentation des corps spectraux qui sont bien plus étudiés qu’ils ne pouvaient l’être dans le premier ouvrage.

De plus ses planches deviennent de plus en plus recherchées et les découpages de plus en plus intelligents par rapport à ceux que les auteurs veulent exprimer. La première idée qui m’a vraiment laissé bouche-bée provient d’un des nouveaux pouvoirs dévoilé que je ne spoilerais pas. Néanmoins sa représentation est réfléchi très intelligemment. Le fait de donner le plus d’espace possible dans les planches permet encore une fois d’augmenter la lisibilité et la compréhension de l’histoire. J’ai l’impression que le mot d’ordre des deux auteurs est de permettre aux lecteurs d’appréhender au mieux leur ouvrage, même si pour cela il faut utiliser des procédés qu’on ne voit pas souvent. Ceux qui l’ont déjà lu reconnaîtront cet enchaînement de 5-6 pages dont je suis en train de parler.

Pour terminer mon analyse je voudrais parler de la mère de la famille Locke et de son traitement à la fois scénaristique et graphique. Suite au décès de son mari, Nina décide de déménager à Keyhouse. Au début elle arrive à s’en sortir et à ne pas sombrer. Néanmoins l’attaque de Sam Lesser ne va pas la laisse intacte et elle va sombrer dans l’alcoolisme pour se réfugier et oublier les malheurs qui arrivent à sa famille. Elle en arrive à négliger de plus en plus ses enfants et ne s’en sort pas. Ses représentations sont parfaitement éloquentes quand à son état, ses cheveux sont poisseux, elle est constamment en état d’ébriété, … Le bout du tunnel semble approcher lorsque Nina découvre une nouvelle clé, qu’elle a déjà manipulé par le passé. Elle va utiliser celle-ci de manière futile au début mais une idée va germer dans son esprit. Une idée qui pourrait la rendre heureuse à nouveau. Son évolution au cours de ce tome est parfaitement gérée et cela la rend très humaine. Et lorsque son idée n’est pas concluante sa détresse est équivalente à l’espoir qu’elle avait ressenti. Et Gabriel Rodriguez utilise avec une telle intelligence le découpage de ses planches pour faire ressentir les émotions de Nina. Lorsqu’elle découvre ce pouvoir les cases sont carrés ou rectangulaires, tout va bien. Par contre, dès que l’espoir se meure les cases se brisent et prennent des formes beaucoup plus hachées. Sa colère se ressent dans la structure des pages dans lesquelles elle apparaît. Voilà comment un dessinateur peut me conquérir, pas seulement en proposant des représentations qui me plaisent, mais également en étant ingénieux sur comment faire passer de manière visuelle les messages que le scénario tente de nous donner.

img_20180904_085159_hdr-1625636373.jpgimg_20180904_085225_hdr-1633708722.jpgimg_20180904_085144_hdr169936299.jpg

Le duo Joe Hill et Gabriel Rodriguez continue de faire des merveilles sur cette série. L’histoire se décante et ça devient absolument fou à Keyhouse. Les pouvoirs sont de plus en plus ingénieux et intéressants. Quand en plus de cela Rodriguez trouve des moyens parfaits de faire passer les messages du scénario sur ses planches on ne peut qu’être conquis. A mi-chemin cette série est une vraie claque et j’attends la suite avec une impatience bien trop forte.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67

2 réflexions sur “Comics Review 83 : Locke & Key #3

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