Bonjour cher(e) passionné(e) de littérature, installe toi confortablement dans ton canapé, ta chaise de bureau ou l’endroit privilégié où tu poses tes fesses. Tu le sais certainement mais il y a peu nous avons eu la chance de voir un nouveau label d’édition de comics débarqué dans le paysage français. Casterman a décidé de lancer Paperback pour publier des albums en marge des ouvrages classiques que l’on peut voir chez les gros éditeurs. Tout bénéf pour nous, de plus que les premiers tomes étaient d’un très bon niveau avec Au temps des reptiles, Mech Academy et l’exceptionnel Magnus. Et pour finir la deuxième salve de parutions ils sortent Apocalyptigirl, récit complet d’environ 80 pages écrit et illustré par Andrew MacLean. Essai à nouveau transformé ?

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L’auteur nous propose de suivre Aria, une fille solitaire dans un monde post-apocalyptique. Accompagnée de son chat, elle tente de suivre en évitant les deux factions présentes sur Terre qui se livre une guerre sans merci. Mais ce n’est pas son unique but, en plus de vouloir réparer un robot géant qui pourrait l’aider à mieux se défendre elle doit également essayer de retrouver un artefact sur la planète qui pourrait la sauver, elle et son monde.

Pour une histoire assez courte comme celle-ci, l’auteur arrive parfaitement à définir un univers cohérent et avec un passé poussé et intéressant. En quelques pages il arrive à nous détailler les événements qui ont amené au statut-quo présent dans le tome et donc pourquoi l’humanité s’est pratiquement éteinte. En plus de cela et comme souvent dans les comics indépendants, les flashbacks à connotation mythologique permettent d’utiliser des techniques d’illustrations plus poussées et qui ressortent.

En plus de définir un univers passé et présent intéressant et cohérent, Andrew MacLean définit en seulement quelques pages son personnage principal. La montrer chantante et optimiste alors qu’elle est confrontée à une apocalypse est tout bonnement parfait. On ressent une énorme empathie tout de suite pour Aria et pour son chat Réglisse. Son caractère est d’ailleurs renforcé quand on voit ce qu’elle est obligée d’effectuer pour survivre, en plus des tâches répétitives tous les jours avec la réparation du robot, la recherche de nourriture, elle doit se protéger des deux factions humaines qui s’entre-tuent. Jamais on ne sent en elle un sentiment de résignation ou d’abandon, ce qui est à remettre en perspective quand on apprendra depuis combien de temps elle est dans cette situation. Et le prisme de personnages que met en place l’auteur au début est complètement contre-balancé par la suite, celle qu’on voyait chantante et enjouée se transforme en machine de guerre quand il faut se défendre. Elle envoie de sacrés tatanes et met en perspective les deux personnalités du personnage ainsi que les deux personnalités de l’oeuvre.

La fin, très poétique, ne m’a absolument pas déçu et finalement le seul bémol que je pourrais voir à ce récit provient de sa durée. Il me semble légèrement trop court, et va donc trop rapidement vers son but affiché. Ce n’est pas tant une faiblesse mais plutôt que l’on aurait pu développer cet univers et cette histoire sur plusieurs chapitres sans que cela ne dénature la structure et la qualité de l’oeuvre.

Niveau illustrations, nous sommes encore une fois avec Paperback sur un travail avec énormément de personnalité. Rien n’est lisse ici, que ce soit la représentation des personnages, des décors, les compositions des pages, le travail de colorisation, … Si vous aimez quand rien ne dépasse, le trait du monsieur pourrait vous rebuter légèrement, mais au contraire si vous appréciez la patte unique d’un artiste vous allez vous y retrouver complètement.

Ce nouveau tome de Paperback est encore une fois une franche réussite. Le label s’affirme vraiment comme une alternative aux éditeurs plus connus en proposant des histoires fortes avec des artistes dont on sent la passion et l’envie de raconter leurs histoires. Après 4 tomes parus, on est à mon sens sur un sans-faute avec des bonnes voir exceptionnelles lectures et ce Apocalyptigirl n’y fait pas défaut. Foncez sur ces pépites mes amis, on en veut toujours plus des comme ca !

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65

Une réflexion sur “Comics Review 79 : Apocalyptigirl

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