Bonjour cher(e) passionné(e) de littérature, installe toi confortablement dans ton canapé, ta chaise de bureau ou l’endroit privilégié où tu poses tes fesses. Aujourd’hui on part sur un terrain inconnu sur le blog (enfin presque). En effet, je ne vais pas te parler de DC, je vais te parler d’un comics indépendant. Jusque là rien de bien inédit, je parle régulièrement de comics Image, Dark Horse, … mais cette fois-ci, rien de tout cela. Dans cette review, je t’embarque dans l’univers Valiant, publié par Bliss Comics en France. J’ai déjà analysé une oeuvre de cet éditeur, avec Britannia, néanmoins il se passe dans un lointain passé et n’est donc pas réellement dans la continuité de cet univers. Par contre Bloodshot Salvation l’est.

C’est au détour du Humble Bundle sur l’univers Valiant que j’ai décidé me lancer, avoir plusieurs comics numériques en VO pour 1$, je ne pouvais pas passer à côté. Et comme ce titre était écrit par, le meilleur, Jeff Lemire, j’ai décidé de commencer par ça. Je suis conscient que Bloodshot Salvation est une suite à Bloodshot Reborn, que je n’ai pas lu, néanmoins je trouve que la connaissance de ce qu’il s’est passé précédemment n’est pas une obligation. Cela représente déjà un point fort, pour peu que vous connaissez un minimum du personnage (en gros ses pouvoirs) vous devriez être en mesure d’assimiler le récit.

Dans ce tome, Ray Garrison n’est plus le Bloodshot à la solde du projet Rising Spririt (cela devait être présent dans les tomes précédents), il maîtrise sa vie et ses pouvoirs qu’il peut utiliser quand il le désire et pour effectuer ses propres actions. Il mène une vie « paisible » (entre gros guillemets) avec Magic et leur bébé Jesse, jusqu’à ce que sa femme reçoive un appel de son père qui ne va pas laisser Ray indifférent. Pour lui, la famille qu’elle a quitté représente une menace à leur futur bien-être. Il va donc se mettre en chemin pour mettre les points sur les i de Daddy. Et le récit se déroule sur deux périodes de temps différentes. En effet, en plus de cette ligne temporelle désigné comme le présent, Lemire nous emmène dans le futur, où la petite Jesse est maintenant une jeune enfant qui a hérité des pouvoirs de son père, les nanites. Sa mère et elle sont pourchassées par les membres du projet Omen, successeur de Rising Spirit, qui cherchent à récupérer l’enfant et ses pouvoirs.

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Comme je l’ai dit, l’un des points forts de ce récit est qu’il peut être apprécier sans une connaissance approfondie de la série. Bien sûr, l’attachement aux personnages et aux différentes actions qu’ils entreprennent n’est pas le même mais Lemire réussit à ne pas nous perdre. Les deux lignes temporelles sont très intéressantes, elles permettent de connaître le sort de certains des personnages via leur mention dans le futur. Cela renforce le côté dramatique des phases du présent, surtout pour le personnage de Ray, pour lequel on attend impatiemment le dénouement au fur et à mesure des pages.

Les deux antagonistes sont en premier lieu jetés de manière rapide dans le récit, pour moi qui ne connait pas l’univers encore une fois. Néanmoins une séquence de flashbacks permet de définir le contour de ces deux opposants et de leur donner un véritable relief. J’ai beaucoup aimé cette partie, qui stoppe le récit mais qui a de réelles bienfaits sur l’histoire globale. C’est sur ce subplot que je peux voir la patte de Lemire le plus précisément, où, à mon sens, il prend plus son temps et développe les personnages comme il aime le faire. Je suis un peu plus mitigé sur le reste de l’ouvrage, où je ressens moins son empreinte.

Côté graphique, c’est Lewis LaRosa et Mico Suayan qui sont à l’oeuvre. Chacun s’occupe d’une période temporelle, et leurs styles est suffisamment similaires pour que ça ne gêne pas la lecture. Néanmoins je suis assez mitigé sur ce qui est proposé ici. D’un côté, les planches sont bien présents et ont de grandes qualités, la représentation de l’action, par exemple, est absolument dingue. Lors des phases de combat, on ressent avec toute l’intensité les coups de Ray et des autres personnages. Même si le tome ne tourne pas uniquement là-dessus, ces planches sont vraiment à un niveau très élevées !

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D’un autre, j’ai beaucoup plus de mal avec les designs des personnages et leur représentation photo-réaliste. On est un peu sur une vibe à la Alex Ross, je le sens, et malgré que j’aime beaucoup ce style j’ai eu beaucoup de mal ici. Je ne saurais dire si mon à priori vient du travail du dessinateur, de l’encreur ou du coloriste, probablement l’un des deux de la fin. Mais les personnages ont un effet lumineux sur la peau que j’ai du mal à cerner et à apprécier. Cela les rend à la fois très détaillés dans leurs expressions et leurs caractéristiques physiques mais aussi assez peu humain. Je comprends qu’on puisse apprécier mais ça n’a pas marché complètement sur moi cette fois-ci.

Pour résumer, ce premier numéro de Bloodshot Salvation fait le job. Lemire met en place son histoire, sur deux périodes temporelles, ce qui augmente l’attente de certains événements pour Ray, par exemple. Il se permet de ralentir son récit pour conter l’histoire, très humaine, des deux antagonistes comme il en a l’habitude. Côté graphique, je suis mitigé entre une claque sur les planches de scène d’actions et un style photo-réaliste qui ne fonctionne pas sur moi. Néanmoins le fait de ne pas être lâcher sur un tome d’une série en cours est une réelle force. Commencer par Bloodshot Reborn me semble plus judicieux et je vous encourage à le faire.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-66 WD-Icon-65

 

7 réflexions sur “Comics Review 76 : Bloodshot Salvation #1

  1. Ressenti très proche pour moi. J’ai pas eu de mal sur le dessin de Suayan que je trouve moins statiques que ceux de Ross (et puis moins kitschos aussi). Les critiques avaient pointé la qualité graphique d’un Valiant récent, X-O manowar. Je trouve qu’on est bien au-dessus sur ce tome. Avec Valiant j’ai personnellement le grand plaisir de trouver des BD adultes qui demandent pas une thèse sur l’éditeur et ont des traitements proches de ce qu’on fait en franco-belge. Du comic mature quoi. Je suis de plus en plus fan.

    Aimé par 1 personne

      1. Si ca t’intéresse tu peux les contacter pour qu’ils t’inscrivent sur les actu SP mensuelles en numérique. Pour ma part je remonte l’antériorité lentement (les intégrales de 700 p c’est quand même costaud à lire) mais leurs one shot sont très chouettes et très jolis (Rapture très sympa, The valiant excellent et Divinity assez énorme).

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