Bonjour cher(e) passionné(e) de littérature, installe toi confortablement dans ton canapé, ta chaise de bureau ou l’endroit privilégié où tu poses tes fesses. Tu t’apprêtes à lire ma review sur la saison un de l’oeuvre Renato Jones publié par Akiléos. Le tome de Kaare Kyle Andrews est sorti il y a quelques mois, j’ai un peu de retard pour en parler, mais mieux vaut tard que jamais. Si tu l’as déjà lu, tu pourras comparer nos avis avec ce qui va suivre, si non, je vais peut-être te donner envie de te le procurer. Sur ce, es-tu à bouffer ça ?

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L’auteur nous plonge dans un univers très semblable au notre. Les UN% les plus riches de la population mondiale possède plus de 60% de ces richesses (ça vous rappelle quelque chose), pendant que le reste souffre de l’économie budgétaire, des différentes crises mondiales et conçoit tous les efforts. Dans cet état de fait Renato Jones, un trentenaire, appartenant à cette élite suite à un héritage, va prendre le nom du Freelance pour éradiquer les puissants qui abusent de leur pouvoir.

Voilà pour le pitch de l’histoire. Comme vous le voyez, l’auteur choisit un angle très politique et anti-capitaliste. Le fond du tome repose intégralement là-dessus et utilise des gros sabots pour vous le montrer. La subtilité n’est pas vraiment présente et attendez-vous à lire des personnages ultra-manichéens. Tous les grands dirigeants d’entreprises sont montrés comme des criminels, des pédophiles, des exploitants de la main d’oeuvre humaine à bas coût. Bref, rien n’est fait pour humaniser un minimum ces hommes et femmes. C’est des enfoirés, un point c’est tout. Vous le sentez, ce n’est pas spécialement un bon point, pour donner un peu plus de volume à son oeuvre, il aurait pu mettre en abîme au moins un des « méchants » en lui donnant une raison pour ses actes. On tombe, malheureusement, dans la caricature dans les caractéristiques et la représentation graphique de ces personnages.

Et le personnage de Renato ne dispose pas non plus d’attention supplémentaire. Sa backstory permet de bien comprendre pourquoi il s’attaque aux plus riches, venant lui-même d’un milieu très pauvre. Malheureusement on a pas beaucoup plus à se mettre sous la dent, il protège la veuve et l’orphelin en démolissant tout ce qui bouge.

Là, tu dois être en train de te dire, je ne vais clairement pas me procurer ce tome au vue de l’histoire politique mais très classique et de ses personnages unidimensionnels. Mais attends un peu avant de réserver ton jugement, car la force de cette oeuvre, elle arrive.

Tu t’en doutes probablement, ce qu’il reste à débriefer, c’est sa partie graphique. Et là, j’ai pris une claque !!! L’ouvrage est un véritable ovni, Andrews multiplie l’utilisation de différents styles graphiques, du noir et blanc, de la couleur, des découpages extrêmement dynamiques. Allié à tout cela, un style extrêmement désincarné, à la limite du croquis, parfois, et vous savez peut-être que c’est le genre de dessins que j’apprécie. Autant dire que les idées regorgent et que le dessinateur les utilise toutes pour nous en mettre plein la vue. On sent, très clairement, l’influence de Franck Miller dans ce tome. Pour les érudits, je n’irais pas jusqu’à dire qu’il arrive au niveau du Miller des bons jours, mais on retrouve bien les différentes techniques de l’auteur et un parallèle très présent avec ses œuvres. Les différentes pages de noir et blanc me font évidemment pense à ce qu’on peut trouver dans Sin City. Les parties colorisées se rapprochent plus de ce que peut faire Miller dans Dark Knight Returns avec des planches décolorés et fades. Autant vous dire que j’ai pris un véritable pied à lire ce tome, et que la partie graphique a complètement rattrapé une histoire plus que classique.

Et l’inclusion des pages de fausses publicités en cours de récit, est une idée vraiment géniale. Le genre de propositions qui ne laissent pas indifférent et qui surprend totalement lors de la lecture.

Cette première saison de Renato Jones est une oeuvre à part, malgré un récit un peu banal et des personnages extrêmement caricaturaux, Kaare Kyle Andrews arrive à me conquérir avec une identité graphique très puissante. Je vous conseille vivement de feuilleter l’ouvrage si vous le voyez en librairie. Si le style vous parle, alors foncez et vous ne devriez pas être déçus. Si vous préférez les tomes avec une histoire qui prend le dessus et que le style graphique n’est pas primordial, je pense que cette oeuvre ne sera pas forcément pour vous.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65

 

2 réflexions sur “Comics Review 75 : Renato Jones #1

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