Bonjour cher(e) ami(e), installe toi confortablement pour cette nouvelle review comics dans laquelle on va parler d’un monument de notre industrie. Un monument de par son auteur, Franck Miller, qui est considéré comme l’un voir le meilleur scénariste de comics à avoir jamais écrit. Un monument également grâce à sa renommée en tant qu’ouvrage ayant révolutionné le comics game et un personnage iconique tel que Batman. Et dernièrement, un monument car cette histoire aura transcendé son média en inspirant encore et toujours des cinéastes comme Christopher Nolan pour les adaptations cinématographiques du chevalier noir. Aujourd’hui on embarque pour l’analyse du Batman Year One de Franck Miller et David Mazzuccheli.

Cette review a une particularité pour moi, en effet ce tome a été le premier comics que j’ai acheté. Lorsque j’ai décidé de me lancer dans la lecture de comics, je l’ai fait pour un personnage, un personnage qui me fascinait tout petit dans ces aventures animées et qui n’aura jamais quitté mon esprit depuis. Je parle bien sûr de Batman, et donc c’est tout naturellement qu’en commençant les BD j’ai cherché des histoires de ce personnage qui pourrait me plaire. Les conseils là-dessus sont souvent les mêmes, on peut débuter par Un Long Halloween, Silence, Dark Knight Returns ou bien comme moi Batman Year One.

Et ce choix est tout à fait compréhensible, le Batman que nous connaissons maintenant a été redéfini pratiquement entièrement par Franck Miller dans son récit de 1988. Un Batman bien sûr plus sombre par rapport à l’interprétation d’Adam West par exemple, mais également un Batman auquel on va donner une première histoire après son retour à Gotham. On va donc être confronté aux premières aventures de Bruce Wayne sous la peau du chevalier de Gotham, son combat contre la mafia et la corruption de la police, le choix de porter l’étendard de la chauve souris, … Cette histoire nous y sommes habitués maintenant, c’est le Batman que nous connaissons, et ce pour une bonne raison. En effet il y a 13 ans, un petit réalisateur du nom de Christopher Nolan s’est attaqué à une adaptation de notre héros préféré, et pour se faire il s’est grandement inspiré de ce récit. Il y présente un héros en recherche d’identité et encore titubant, une ville de Gotham beaucoup plus urbaine et qui ne respire pas, l’utilisation de gadgets astucieux comme l’émetteur d’ultrasons pour faire accourir les chauve-souris, une fin qui tease l’arrivée du Joker …. Néanmoins on ne peut effectuer une adaptation trait pour trait d’une oeuvre et donc le comics a toujours des perles qui sont moins connus.

img_20180612_213536_hdr1362542404.jpg

Déjà si l’on peut se nommer ce récit Batman Year One, car il retrace la première année de Bruce Wayne en tant que justicier à Gotham, on pourrait également lui apposer un autre nom, à savoir Gordon Year One. En effet le lieutenant James Gordon est ici dépeint comme un nouvel arrivant dans la ville et dans les forces de police de celle-ci, et cette histoire tourne autant autour de Batman qu’elle ne tourne autour de Gordon. Son personnage est d’ailleurs beaucoup plus développé que celui de Bruce Wayne, qui après avoir endossé le costume de chevalier noir n’intervient pratiquement plus dans l’histoire en dehors de sous son déguisement. Gordon est donc en quelque sorte le personnage principal de cette histoire, pour lequel on voit son intégration compliquée dans un service de police corrompue, la difficulté de jongler entre son emploi et une femme enceinte qui l’attend à la maison, le fait qu’il tombe amoureux d’une de ces collègues, … Le subconscient de notre policier moustachu est exploré et ce n’est pas pour nous déplaire.

img_20180612_210859_hdr297051029.jpg

On se concentre donc beaucoup plus sur la corruption policière et la manière donc Jim essaie de s’en débarrasser (l’histoire de sa vie en quelque sorte), dans lequel Batman viendra jouer un rôle en essayant de ramener la justice. Nos deux héros sont d’ailleurs très régulièrement mal en point, tabassé par ses collègues pour l’un, et blessé à de nombreuses reprise par balles ou par arme blanche pour l’autre. On ressent réellement le danger de nos personnages et ça fait plaisir de ne pas voir un Batman invulnérable comme on a l’habitude de le voir dans le paysage actuel. Les scénaristes devraient comprendre que plus le personnage semble en danger de manière physique ou émotionnel plus on pourra se projeter sur lui et avoir de l’empathie. Cela également couplé au fait de ne pas annuler tous les enjeux qui ont été mis en place précédemment, mais je m’égare. La retranscription de l’action est également un point fort de l’oeuvre grâce aux illustrations de David Mazzuccheli, et cela nous permet d’être immergé au maximum dans l’histoire. De plus j’ai énormément apprécié l’ajout d’indication temporelle dans les pages du récit. Cela nous permet dans un premier temps de savoir à quel époque on se trouve et de comprendre la progression du temps dans l’histoire, ce qui prend une réelle importance à mon sens. Cela donne un rythme plus important à l’histoire et lui donne une impression d’avancement assez continu sur la fin.

Et la partie graphique n’est pas en reste, elle colle magnifiquement avec l’aspect urbain délabré de la ville de Gotham. Et je trouve encore une fois que ce style se rapproche plus d’un comics policier plutôt que d’un comics du chevalier noir, cela renforçant encore mon impression que cette histoire est pratiquement plus celle de Jim Gordon. Je suis en temps normal assez peu fan des styles un peu old-school mais celui-ci me plaît énormément avec une utilisation de couleurs assez fades et d’un trait très simple. Mazzuccheli nous plonge dans les rues et les allées de la ville et son style colle parfaitement à son aspect étriqué. Le design du chevalier noir reste empreint de son temps mais je trouve que cela va plutôt bien avec un personnage encore jeune et qui se découvre et donc qui a un costume en lycra plutôt qu’une armure.

 

C’est assez compliqué d’analyser cet ouvrage, dans un premier temps car il est connu de pratiquement tous les lecteurs et d’autre part car Nolan a utilisé une grosse partie du matériel qui a donc été assimilé par le grand public. Sa partie graphique reste un peu old-school mais elle colle très bien à l’univers dépeint ici. Son histoire n’en surprendra donc probablement peu mais si on gratte un peu la surface on peut s’apercevoir que Jim Gordon prend une place aussi importante que Batman dans ce récit. Et finalement est-ce que Miller n’a pas voulu en faire la star de son oeuvre ?

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-66

 

8 réflexions sur “Comics Review 60 : Batman Year One

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s