Salut à tous et bienvenue dans cette nouvelle review sur le blog, aujourd’hui on s’attaque à du lourd, du très lourd, dans un premier temps par son contenu car je vais vous parler de l’intégrale de 600 pages de Mutafukaz donc ça pèse son poids mine de rien. Mais pas uniquement sur cet aspect, car ce comics est une petite bombe que vous vous devez de posséder mes amis. Et dans cet article je vais essayer de vous donner envie et de vous dire pourquoi il vous le faut si ce n’est déjà le cas.

Déjà Mutafukaz c’est une publication française donc c’est déjà une bonne raison de l’acheter en tant que tel, un peu de chauvinisme ça ne fait pas de mal de temps en temps, et en plus ça remercie des auteurs talentueux et des maisons d’édition qui prennent des risques comme Ankama avec son label 619. Le label proposant en plus quelque chose d’assez inédit dans le paysage comics français, avec de la violence, des jurons à tout va, de la sexualité non aseptisée, en gros rien n’est censuré et quand c’est bien fait on ne peut qu’apprécier (coucou The Fix …).

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Sinon Mutafukaz ça parle de quoi ? Et bien cet ouvrage nous fait suivre les aventures de Angelino, un p’tit gars paumé dans sa vie, habitant de Dark Meat City, une ville où le chaos et les gangs règnent. Accompagné de son pote Vinz, nos deux zigotos vont se retrouver au milieu d’un beau bordel lorsque Angelino va commencer à avoir des hallucinations sur la forme des ombres de certaines personnes. Quand en plus ils se font courser par des mecs peu recommandables et que la police vient faire un carton à la mitraillette chez eux, ça devient sévèrement la panique. On va donc suivre la suite des aventures qui va amener nos deux héros à combattre les bad guys, à se trouver des alliés tous plus loufoques et déjantés les uns que les autres, …

Le pitch peut paraître assez classique raconté de la sorte, c’est plus ou moins une structure narrative avec mise en place de l’univers, élément perturbateur qui retourne l’histoire et péripéties par la suite. Néanmoins l’intrigue est absolument passionnante et à aucun moment vous n’allez vous ennuyer, en tout cas ça n’a jamais été mon cas. Chaque scène nous emporte dans un tourbillon de découverte et on est complètement submergés par ce que nous raconte Run, son auteur. De plus on se projette et on a un max d’empathie pour les deux héros, ces espèces de loosers magnifiques qui ne savent que faire de leur vie et qui vont de petits boulots en petits boulots. L’écriture de ces deux-là est suffisamment précise pour que l’on soit investi dans leurs aventures et qu’il ne soit pas trop manichéen pour garder un intérêt et avoir une certaine originalité. De plus la pléthore de personnages secondaires complètement déments nous achèvent, avec la compagnie de lucha libre par exemple. Malgré un scénario de base assez classique et convenu, le reste de l’histoire ne l’est en aucun cas, on passe outre les clichés très connus d’une histoire de ce type, notamment sur sa résolution, que je ne mentionnerais bien évidemment pas. Mais j’ai été très agréablement surpris d’éviter certains ressorts narratifs de fin de périple qu’on a vu un bon millier de fois dans à peu près toutes les histoires présentant un héros qui doit combattre une entité maléfique.

Un autre point fort de cet ouvrage vient de la retranscription de l’action dans les différentes pages. Le dessin de Run est extrêmement immersif et lisible, on évite donc le tourment d’avoir des scènes de baston où l’on ne voit et comprend rien à ce qui s’est passé. C’est ici tout le contraire et cela apporte énormément de pouvoir appréhender facilement ce qui se passe.

Et en plus d’une magnifique retranscription de l’action, on a le droit à de la vraie violence, du sang, de la chique et du mollard mes amis. Ça bastonne sévère et ça n’a pas peur de le montrer et ça colle parfaitement avec l’univers mafieux et brut de décoffrage que met en place l’auteur. Sans toute cette violence et avec une censure plus présente on aurait hérité d’une oeuvre bâtarde qui ne s’assume pas complètement, là on a droit à quelque chose de jouissif et qui fait plaisir.

Pour finir parlons plus en détails de la patte graphique de ce tome, et comme tu as pu le remarquer on est sur quelque chose de très singulier par la pluralité des styles proposés. Si vous me suivez un peu vous savez peut-être que je préfère au sein d’un même ouvrage avoir le même style graphique mis en place par le même dessinateur plutôt que trop de différences. J’ai un peu de mal à jongler entre les deux et cela dessert un peu mon plaisir de lecture. Alors qu’ici ce n’est absolument pas le cas, déjà parce qu’à part les phases de rêve d’Angelino tout le travail graphique est fait par Run. Même s’il se permet des changements complets entre certains chapitres on a toujours une cohérence entre ceux-ci et c’est un véritable tour de force. Et le monsieur nous sort littéralement le grand jeu en n’ayant aucune limite, on passe du style noir et blanc plus propre au manga, aux illustrations plus street-art qui collent avec l’univers de ce Mutafukaz, mais également aux fresques qui se rapprochent de la peinture, et j’en passe. Apprêtez vous à en prendre  plein les mirettes tellement ce tome est magnifique et chaque page sera une découverte. C’est du grand art tout simplement !

Comme vous pouvez le voir je suis admiratif du travail réalisé par Run sur cet ouvrage. Son histoire est passionnante et vous tiendra en haleine jusqu’au bout en se permettant de l’originalité sur tous ses éléments de résolution et sa partie graphique est un chef d’oeuvre absolu, maniant un nombre incalculable de styles différents, illustrant l’action de manière fluide et extrêmement lisible. Je n’arrive tout bonnement pas à lui trouver un défaut, je vous le conseille donc à 1000% !!!

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67

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