Salut à tous et bienvenue dans cette nouvelle review comics consacré à l’un des événements majeurs de l’année qui a tenu en haleine le public américain et qui va faire de même (ou pas) avec le public français. Aujourd’hui je vais vous parler du dernier event cosmique de DC Comics orchestré par Scott Snyder et Greg Capullo, la team créative qui était à l’oeuvre sur Batman lors des New 52.

A l’heure où j’écris cet article le tome 1 de cet event vient d’être publié par Urban Comics et comprend les premiers numéros ainsi que quelques tie-ins pour compléter l’histoire, 2 tomes supplémentaires sont prévus pour terminer cette histoire. J’ai quand à moi terminé la lecture de l’histoire complète que je suivais en VO, c’est la première série que j’ai acheté en fascicule. Je connais donc la fin mais l’article sera présent sans poil sur la suite de l’histoire, je donnerais juste mon avis sur le début de ce run, sur sa stratégie éditoriale et un avis plus global sur la qualité de cet event. Voilà vous êtes prévenus sur la teneur de cet article, on peut commencer.

Metal est une série qui devait à la base comprendre 6 numéros et nous conter l’invasion de l’univers DC par des versions de Bruce Wayne aka Batman qui auraient complètement basculé dans le côté obscur. Le titre vient de l’utilisation tout au long de ce tome de différents métaux lourds et cosmiques pour expliquer cette invasion et sa résolution, rien à voir avec le style de musique donc. Dans ce premier tome Batman enquête sur une affaire qui va le mener lui et la Justice League à faire face à la découverte de l’apparition d’une montagne en plein cœur de Gotham. Les différentes péripéties vont amener nos personnages dans des contrées verdoyantes et anciennes jusqu’à l’arrivée sur Terre des evil Batmen tant redouté. Voilà en gros le pitch des deux premiers numéros de cet event.

Comme vous l’avez vu j’ai bien spécifié qu’à la base cette histoire devait être conté en 6 numéros, mais c’est là que le bat blesse, et qu’il vous met une bonne tatane dans la tronche. De manière éditoriale cet event est un vol pur et simple !!! J’ai fait l’exercice avant cette review de ne relire que les 6 numéros Metal et de voir si l’histoire avait un sens et était cohérente. La réponse est définitivement NON. Sans les différents tie-ins, pour lesquels il vous faudra bien sûr ouvrir votre porte-monnaie, cette histoire est un vrai gruyère. Entre ellipses temporelles, personnages sans backstory et présents dans 3 pages de l’event, vous en aurez pour votre argent mes amis. Ce procédé est tout ce qui me dégoûte dans l’industrie du comics mainstream, on vous appâte avec un event cosmique court de 6 numéros et qui sera complet en 6 numéros pour au final vous vendre une quinzaine de numéros supplémentaires pour compléter et pleinement comprendre l’histoire. Les evil batmen ont chacun droit à leur numéro pour définir d’où ils viennent et pourquoi ils sont devenus ce qu’ils sont, sans ces numéros ne vous attendaient pas à comprendre un brin de qui ils sont, il n’y a rien !! Que font-ils durant cette invasion ? Vous ne le saurez pas non plus car cela est présent dans des mini-event au sein de l’event principal comme Gotham Resistance ou Bats out of Hell et qui sont publiés dans des séries tel que Nighwing, Justice League, … Et en plus de ça on a les deux numéros Batman Lost et Wild Hunt qui pousse l’enfilade jusqu’au bout, car ces deux numéros sont tellement proches de la trame principale de l’histoire qu’ils auraient pu être intégrés dans la numérotation standard, et cela de l’aveu même de l’auteur. A quel point nous prend-on pour des pigeons quand un numéro auxiliaire est appelé par l’auteur Metal 5.5 ?

Assez parlé de la partie éditoriale, j’imagine que vous vous rendez compte de mon état d’agacement suite à cet event. L’histoire est à trou donc avec aucune explication de qui sont les evil batmen, de quelles sont leurs motivations à part de conquérir la Terre et le multivers, avec des ellipses temporelles qui sont en fait un prétexte pour vendre plus de numéros et les développer dans une partie annexe, mais est-ce que l’histoire se tient et est intéressante ? Encore une fois non ça ne marche pas du tout. Snyder nous fait tout ce qu’il est connu pour ne pas bien faire, à savoir qu’il est ultra-bavard, qu’il pense avoir autant de talent que des maîtres dans la mise en place d’une histoire cosmique cohérente tel que Morrison ou Wolfman, qu’il enchaîne des actions sans aucune explication de leur faisabilité, qu’il use de deus ex-machina pour résoudre ces intringues, …. Non l’histoire ne vaut pas le coup, elle est assez moyenne tout au plus et ne vous attendez pas à être en présence d’un classique de l’éditeur. L’event va vite tomber dans un oubli abyssal et prendre la place qu’il mérite. Et sans être méchant j’espère vraiment qu’on ne donnera plus à Snyder ce genre d’opportunités, c’est un auteur avec du talent mais en aucun cas suffisant brillant pour gérer la ligne éditoriale de DC à ce niveau. Et j’ai très peur au vue du carton de ventes qu’a fait cet event et au fait qu’on lui ai confié la Justice League ….

Et avec tout ça comment s’en sort Greg Capullo sur la partie graphique ? Légèrement mieux heureusement, le monsieur a toujours la manière d’en mettre plein les yeux aux lecteurs. On retrouve encore ici des planches assez magnifiques et le cosmique lui réussit plutôt bien. Néanmoins j’ai une très grosse réserve, on sent de manière assez flagrante à quel point Capullo est las de travailler sur des séries mainstream et avec d’importants délais ! Au fur et à mesure de l’event on voit son trait se dégrader pour devenir assez commun voir brouillon. De plus son trait ne colle pas vraiment à la Justice League où chaque personnage masculin se ressemble un peu trop dans les expressions de leurs visages. Cette partie est donc mitigé également et je suis content que Capullo parte sur la série Swamp Thing où il pourra repartir sur de nouvelles bases et une série plus tranquille.

 

Vous l’aurez compris je n’ai pas apprécié cet event, que ce soit dans son histoire, ses dessins et surtout, SURTOUT sur sa politique éditoriale qui nous donne un résultat à trous. L’édition Urban comblera en partie ce dernier problème mais je ne peux cautionner ce genre de pratique, qui sont le cancer de l’industrie du comics à mon humble avis. Si vous souhaitez être à jour de l’univers DC lisez cet event mais n’en attendez pas trop, si au contraire vous ne suivez que les event cosmiques légendaires de DC tels que Crisis on Infinite Earths, passez votre chemin, celui-ci n’en est pas un !

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-66 WD-Icon-65 WD-Icon-65 WD-Icon-65

 

15 réflexions sur “Comics Review 55 : Dark Nights Metal

  1. Je l’ai lu également en VO et je ne suis fortement ennuyée au début. La suite bouge mais vraiment rien de folichon… ça a été, à mon sens, survendu par DC et l’équipe créative. Il n’y a que visuellement que j’ai apprécié le titre.

    Aimé par 1 personne

    1. C’est effectivement long à démarrer au début. Mais c’est presque le moment où c’est le plus cohérent, la suite ça part en vrille totale à mon sens.
      Et effectivement ça a été survendu et surtout Snyder n’a pas les épaules pour gérer un évent cosmique à grande échelle

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  2. Merci pour la franchise. On partage tous ce rejet de la stratégie du pigeon… c est pour ça que perso je lis surtout de l’indé. J’ ai le vol1 sur ma pal on verra si je continue mais tour de même la partition graphique est de très haut vol!

    Aimé par 1 personne

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