Salut à tous et merci d’être présent pour cette nouvelle review. On entre aujourd’hui dans la semaine Paperback sur le blog, en effet l’éditeur de bande dessinée française Casterman qui édite Tintin, le Chat, San Antonio, Alix, … a décidé de sortir son label de comics américain sous le nom de Paperback. Ils proposent deux tomes pour leur lancement, Mech Academy qui sera disponible sur le blog mercredi, ainsi que celui qui nous intéresse aujourd’hui Au temps des reptiles. Alors, lancement réussi ?

Tout d’abord touchons un mot du travail éditorial de ces deux premiers tomes, Paperback ne se lance pas dans le grand bain sans expérience, en effet Casterman a été fondé en 1780 à Tournai et édite des BD depuis le début du siècle dernier, niveau expérience ils sont costauds donc. La première chose que l’on remarque sur un livre c’est forcément sa couverture, même s’il ne faut pas s’y fier tout le temps, et j’adore tout simplement le style utilisé sur celles-ci, avec une police de caractères très grande pour le titre, et l’utilisation de plusieurs images séparés en cases comme le contenu d’une BD, c’est pour moi une très bonne idée. De plus les deux livres contiennent de nombreux bonus qui vont de la galerie de couvertures et croquis (chose assez commune), à l’histoire annexe d’une dizaine de pages, aux préfaces et postfaces extrêmement détaillés qui permettent de comprendre le travail de l’artiste, notamment sur ce tome.

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Assez parlé de l’édition, attaquons nous maintenant à ce Au temps des reptiles à proprement parler. Comme le laisse entendre le titre et sa couverture, Ricardo Delgado nous conte une histoire de dinosaures dans la région qui serait aujourd’hui proche du Nil en Egypte. Le monsieur est un fan absolu de ces créatures et on sent la passion ressortir de son ouvrage. Le récit va donc nous montrer les péripéties de différentes races de dinos et leurs quotidiens de recherche de nourriture, de défense de leurs territoires, d’accouplement, …

La première chose à noter et qui fait la force et le caractère inédit de ce tome est qu’il ne contient aucun dialogue, voir même aucun mot. Les dinosaures ne parlent pas, Delgado a donc fait le choix de ne mettre aucune indication textuelle dans son ouvrage, pas de bulles de pensée pour les différents animaux, pas de cadres permettant de situer le lieu, l’action ou les décisions prises par les personnages. Ce tome ne contient que des illustrations, c’est pour ma part la première fois que j’ai pu lire une BD mise en scène de la sorte. Et le manque ne se fait absolument pas sentir ! Le déroulé des actions est extrêmement lisible et le story-telling devient la partie la plus importante, et elle est maîtrisée à merveille. On est en présence d’illustrations qui aurait été supprimé dans un récit classique car elle n’auraient pas rempli un intérêt majeur. Par exemple quand un dinosaure sent un danger on va voir plusieurs cases avec des mouvements de sa tête entrecoupé par des cases sur ses assaillants, alors que cela aurait été beaucoup plus rapide dans un comics qui peut se baser sur du texte. J’ai donc beaucoup aimé cette manière de raconter une histoire, qui au final est tout à fait cohérente. Je suis peut-être légèrement déçu par la fin, que bien sûr je ne raconterais pas, mais pour laquelle j’aurais pu attendre autre chose (je vous ai évité la rime « qui me laisse sur ma faim »). Le fait de ne pas avoir dans le récit les noms des différentes espèces de dinosaures peut-être assez déconcertant, ils sont présents dans les annexes avec les différents croquis et un peu dans la préface mais sans que l’on sache que tel nom corresponde à tel dinosaure.

Venons en maintenant à la partie graphique de ce tome, qui est forcément très importante car sans dialogue ce sont les illustrations qui ont la charge de raconter ce qui se passe. Comme je l’ai dit l’enchaînement des différentes cases se suffit amplement à la mise en place de l’histoire et des différentes péripéties. Le trait de Delgado est maîtrisé, notamment sur sa représentation des dinosaures qui se distinguent suffisamment les uns des autres par leur anatomie. Il utilise des différentiations de couleurs entre plusieurs représentants d’une même race dans un troupeau pour nous permettre de repérer les personnages importants, une très bonne idée. Les décors peuvent sembler un poil vide, ou à l’état de croquis mais ce n’est qu’un léger défaut qui n’entache pas le plaisir de la lecture. Le travail le plus impressionnant sur la partie graphique est de loin la gestion des couleurs. Nous sommes en présence d’un tome qui utilise à merveille une palette de couleurs extrêmement riche et ce pour coller soit à l’environnement où se trouve nos protagonistes (eau, jungle, désert, …) soit les actions qui sont retranscrites, voir même la période de la journée avec des couleurs plus sombres pour la nuit. Il y a de nombreux exemples de couleur très différentes dans ce tome et c’est une chose très agréable.

Et si ce n’était pas assez, nous avons droit à quelques pages magnifiques qui conjuguent tous les points précédemment cités pour nous en mettre plein la vue.

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Ce premier ouvrage du label Paperback est une vraie réussite. L’auteur a pris le parti et le risque de raconter l’ensemble de son histoire sans dialogue sans que cela ne soit un frein à la compréhension de celui-ci. L’histoire est intéressante et on en vient à avoir de l’empathie pour certains des dinosaures. La partie graphique magnifie le design de ces derniers, en parvenant à bien différencier les espèces et les personnages principaux de chacun d’elles. La gestion des couleurs est également l’un des points forts de cet ouvrage que je vous recommande si vous aimez le préhistorique et les histoires atypiques.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65

5 réflexions sur “Comics Review 52 : Au temps des reptiles

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