Salut tout le monde et merci d’être une nouvelle fois présent pour cette nouvelle review qui se rapproche fortement de la 50ème dans laquelle j’essaierais de faire quelque chose de spécial et d’inédit (sur le blog tout du moins). Mais revenons à nos moutons et à cette 49ème review qui portera sur le tome 2 de l’excellent Sweet Tooth de Jeff Lemire. Je pense que vous pouvez déduire du peu de temps entre les reviews des deux premiers tomes que je suis à fond dans cette série qui s’avère être magistrale pour le moment et dont j’attendais la suite avec grande impatience. Sans plus tarder attaquons nous à son contenu.

L’histoire reprend où elle s’était arrêté dans le premier tome, Gus, notre héros mi-humain mi-cerf, est emprisonné dans un camp de la milice qui mène des expériences sur les enfants animaux et sur les femmes enceintes pour essayer de trouver une explication au virus qui décime la population et qui créé ces enfants hybrides. Il n’est donc pas dans la meilleure des postures et avait été abandonné par Jepperd qui souhaitait récupérer le corps de sa femme défunte aux mains de la même milice. Néanmoins celui-ci a des remords et va chercher à tout prix à faire évader Gus même s’il doit pour cela prendre des risques énormes et s’allier à des personnes pas très recommandables. Va-t-il réussir dans sa tâche et sa soif de vengeance ? Gus lui pardonnera-t-il sa trahison ?

Lemire réussit une nouvelle fois avec brio à nous conter les péripéties de Gus et de Jepperd aidé de certains autres personnages, à la fois humain et hybride. Le point fort de ce tome et de cette série de manière générale est que l’on éprouve une empathie profonde pour les personnages. Jamais lors de la lecture d’un comics voir même d’une histoire au sens large, je n’ai autant voulu les héros triomphaient de l’adversité qui se dressait devant eux. Jamais je n’ai autant été imprégné dans une histoire de manière si viscérale, et cela est en grande partie dû à l’écriture des différents protagonistes. Que ce soit Gus et les enfants animaux ou bien Jepperd et les femmes qui l’accompagnent, chaque personnage est développé, on en apprend plus sur chacun des personnages secondaires et pourquoi ils sont arrivés là où ils sont maintenant, on arrive donc à comprendre leurs actions et leurs choix. Mais ce qui me touche le plus c’est l’écriture des enfants-animaux qui est tout simplement sublime. Dans le tome 1, Gus était l’incarnation de l’enfance, de la pureté et de la naïveté face au monde nouveau, dans le second il se renforce mentalement, en essayant de ne pas donner sa confiance à n’importe qui, il grandit et n’est donc plus totalement cette incarnation même s’il reste au plus profond de lui un être bon. Mais la place est prise par les trois autres hybrides qui sont absolument attachants par leurs découvertes du monde, leurs émerveillement, … J’ai eu un coup de cœur pour la marmotte Bobby, qui sans avoir énormément de dialogues ou de présence arrive à crever l’écran et à être captivant et tellement à croquer via ses expressions. Lemire ne t’avise surtout pas de toucher à ce personnage !!!

Car oui on peut avoir peur pour nos héros dans ce tome, encore plus que dans le précédent. Chacun d’entre eux se trouvera en situation de danger plus ou moins extrême au cours du récit, et le danger est réel, ce n’est pas les pseudo-péripéties qu’on voit venir de loin et que peuvent proposer les comics mainstream chez DC ou Marvel. Non ici on ressent la peur des personnages et on comprend que les enjeux sont bien présents. Cela renforce l’implication que l’on a dans l’histoire ainsi que son suspense qui est littéralement à couper le souffle. Je commente rarement à haute fois le déroulé d’une histoire lors de mes lectures mais cela a été le cas ici.

L’auteur continue également à développer les thèmes de son récit en filigrane des aventures de nos héros, en effet la famille est encore très présente dans ce tome avec Jepperd qui va faire une découverte qui le bouleversera ou encore la relation entre celui-ci et Gus qui finira par le pardonner après une scène violente qui ne rend leurs retrouvailles que plus touchante encore. Le thème de la science opposée à la religion est également toujours représenté par le Dr Singh qui continue à mener son enquête concernant le passé de Gus et de ses parents. C’est une des parties qui motive l’histoire à avancer, que ce soit littéralement avec la progression des personnages géographiquement mais aussi avec les révélations qui vont crescendo sur le virus et le père de Gus. On est encore avec plein de questions sans réponse et le tome final nous livrera tous ses secrets.

Côté graphique, Lemire étant toujours Lemire c’est toujours aussi beau et ça colle parfaitement à cet univers post-apocalyptique avec des enfants animaux, des milices armés et des fanatiques porteurs de masques. J’avais dit dans la review du premier tome que je ne retrouvais pas vraiment la marque de fabrique du style actuel du monsieur, à savoir l’aquarelle, chose réparée dans ce second tome qui l’utilise à certains moments de manière beaucoup visible. J’adore toujours autant cette technique qui donne un effet fait maison sur lequel je suis friand.

Ce tome a également un aspect beaucoup plus roman graphique que le précédent, avec notamment ce chapitre qui allie illustrations et paragraphes de texte plus conséquent tout en ayant la disposition des pages au format paysage. Ou encore le premier chapitre qui utilise un narrateur en bas de chaque page en la personne du Dr Singh qui raconte son histoire, comment il est arrivé à faire des recherches pour la milice, … tout en montrant Gus et les enfants animaux enfermés sans utiliser de bulles de dialogue. Pour rajouter à l’originalité de ce chapitre il s’agit d’un hommage de Lemire à Marv Wolfman et George Perez qui avait utilisé cette technique lors d’un chapitre de leur génialissime Crisis on Infinite Earths.

Et pour finir l’auteur utilise toujours ses techniques de story-telling qu’on voit généralement plus dans d’autres médias, comme le déplacement d’un objet extérieur pour amener sur la scène en question, ici avec l’exemple d’une mouche, l’utilisation d’un élément d’un des protagonistes de la planche dans le découpage de celle-ci avec ici cette pâte d’ours ou bien des découpages très marqués et qui s’imprègnent complètement de l’action contée. Un chef d’oeuvre encore une fois.

Ce second tome de Sweet Tooth est exceptionnel, il allie les qualités de Jeff Lemire avec ses histoires humaines centrés sur ses personnages en allant encore plus loin. Jamais je n’ai eu autant d’empathie pour des personnages et jamais je n’ai été impliqué de la sorte dans leurs aventures. Chacun ayant quelque chose à offrir et personne n’étant reclus à un rôle de sidekick inutile. La partie graphique monte également d’un niveau en mélangeant les styles, les formes de découpage, les méthodes de travelling et story-telling. On est tout bonnement en présence d’un chef d’oeuvre et je n’ai qu’une hâte c’est de savoir le sort réservé à nos héros. Et surtout Bobby t’es dans mon cœur pour la vie !

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67

 

3 réflexions sur “Comics Review 49 : Sweet Tooth #2

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