Bonjour à tous et merci d’être présent pour cette nouvelle review sur le blog. Aujourd’hui je vais encore une fois vous parler d’un comics du géniallissime scénariste et dessinateur Jeff Lemire, que j’avais abordé dans mes reviews de Black Hammer (tome 1 et tome 2) et de Royal City. Cette fois-ci nous allons explorer un nouvel univers mis en place par Lemire, nouveau par ma découverte mais c’est une publication que le monsieur a démarré en Septembre 2009, presque 10 ans donc, il était grand temps de s’y mettre et de voir si Lemire a toujours été un génie de l’écriture et de ce média.

Sweet Tooth nous conte l’histoire de Gus, un jeune garçon de 9 ans qui vit dans le forêt avec son père. Mais Gus n’est pas un petit garçon comme les autres, Gus est moitié-humain, moitié-cerf, il a donc des bois sur la tête. Cela est dû à un virus qui s’est abattu sur le monde et qui a eu deux conséquences, la première est la mort des habitants de la Terre, il ne reste donc que très peu de personnes sur le territoire, la seconde est que chaque nouveau né est un hybride avec une partie animale. Et ces enfants sont traqués par les hommes, qui ne les comprennent pas et les prennent pour des menaces. Gus reste donc reclus dans sa forêt que son père lui a fait promettre de ne jamais quitter ! Bien sûr vous vous doutez que cela ne va pas se passer comme prévu et Gus va devoir quitter sa forêt pour explorer le monde avec Jepperd, un vieil homme bougon qui l’a sauvé de deux braconniers. Ils vont donc partir à l’aventure et à la découverte du monde pour notre hybride, sans qu’il sache s’il doive faire confiance en Jepperd qu’il ne connait pas du tout.

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Ce premier tome nous tient en haleine tout au long de sa lecture, je dispose de l’intégrale qui contient près de 300 pages et je l’ai dévoré en une soirée. Lemire arrive à mettre en place ses personnages de manière à ce que l’on est de l’empathie pour eux et que l’on souhaite connaitre ce qui leur arrive. Gus est extrêmement attachant, il représente la pureté de l’enfance et qui n’est pas encore modelé par le monde ou la société. Du fait qu’il n’ait jamais quitté sa forêt il est innocent au possible, et assez naïf, il va donc donner très rapidement sa confiance en Jepperd sans qu’il sache qui il est et pourquoi il l’aide. Jepperd quant à lui est un personnage très flou au début de l’histoire, on ne sait pas si on doit lui faire confiance comme le fait Gus, on a nos réserves envers lui. Et Lemire arrive via certaines scènes à nous rassurer sur ce personnage et sur sa relation avec Gus, mais cela est-il réellement la réalité ? L’auteur surfe sur cette ligne très fine concernant ce personnage, presque chaque chapitre change l’orientation de notre perception de celui-ci, tantôt sauveur, tantôt enfoiré de première, … Et je suis certain que la suite du récit ne fera que confirmer cette impression.

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Lemire prend également le risque d’explorer un aspect religieux dans son récit avec Gus, qui a été élevé par son père dans une optique religieuse. C’est également pour cela qu’il voit le monde de façon très manichéenne, une personne étant soit bonne soit mauvaise, et comme je l’ai dit Lemire contrebalance cette analyse avec Jepperd sur qui on ne sait réellement quel adjectif poser. Il est l’antithèse du manichéisme dans ce récit. C’est un plaisir de lire la différence entre ces deux personnages et voir leur relation évoluait. J’ai tellement hâte de continuer cette lecture.

Le seul bémol que je pourrais relever est que l’histoire prend son temps, mais c’est un classique chez Lemire qui aime développer son univers et ses personnages parfois au détriment de son intrigue principal. Le récit avance donc lentement et on est pour l’instant sans réponse sur beaucoup de sujet qui seront explorés dans les tomes suivants. Ce bémol est minime car cette méthode est une des raisons pour lesquels j’apprécie Lemire en tant qu’auteur, mais cela peut déranger certains de ne pas voir avancer l’histoire suffisamment au bout de 300 pages.

J’ai beaucoup parlé de l’histoire et des personnages mais qu’en est-il de la partie graphique de ce tome, Lemire est également aux dessins et forcément adorant son style j’ai adoré celui-ci. Il est capable de nous en mettre plein la vue sur certaines planches et son dessin cassé sur les expressions des visages et des corps colle très bien à l’univers qu’il essaie de mettre en place. Mais ce n’est pas cela qui m’a le plus marqué dans cet ouvrage, c’est plus sur les techniques de story-telling qu’il utilise. Les travelling entre les différentes cases, les compositions de planches qui reposent sur les éléments corporelles de Gus par exemple, le découpage à certains moments très intéressant, Lemire utilise toute sa panoplie de technique pour illustrer son histoire.

On peut également noter une progression des illustrations de Lemire depuis Sweet Tooth, en 10 ans il a évolué et a changé son fusil d’épaules. Il est adepte à l’heure actuelle des dessins à l’aquarelle que l’on retrouve dans Royal City ou dans AD After Death par exemple, technique qu’il n’utilise pas ici. Cela n’est pas dérangeant mais je trouve très intéressant de voir l’évolution d’un artiste au fil du temps, surtout quand cette évolution est pour le meilleur et qu’il arrive à se créer un style que pratiquement lui seul a dans le métier.

Ce premier tome de Sweet Tooth nous offre un récit extrêmement prenant et intéressant, Lemire oblige, les personnages sont développés de manière magistral, et c’est la première fois que je lis un récit où il propose un personnage aussi ambiguë qu’on a du mal à mettre dans une case ou à définir nos émotions envers lui. La partie graphique est très intéressante dans ces idées de découpage et de story-telling. Le seul petit bémol pourrait être que l’histoire ne fait que commencer et que l’on attend la suite !!!

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65

4 réflexions sur “Comics Review 47 : Sweet Tooth #1

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