Bienvenue à tous dans Comics Review, l’article où je review et j’analyse mes différentes lectures, 29 ème numéro aujourd’hui qui fait au Comics Review précédent consacré à Sin City, je m’attaque à la deuxième partie de cet omnibus avec les tomes 4, 5, 6 et 7. La recette des premiers tomes fonctionnent-elles toujours autant dans ces suites ?

Il y a une chance sur deux qu’une question de ce type finisse avec une réponse positive, et malheureusement la recette fonctionne un peu moins bien dans cette partie de mon point de vue. Pourquoi ? Parce que la recette a été changée !!! C’est Maïté ou Philippe Etchebest qui serait mécontent de ce procédé… (pardon pour cette blague affreuse, je vous autorise à quitter l’article et à me boycotter après cette infamie). Plus sérieusement, oui Miller a légèrement changé sa recette au fur et à mesure de l’écriture des différents tomes de Sin City, certains apports sont pour le bien, alors que d’autres me laissent plus indécis et ont fait descendre mon enthousiasme à la lecture. Néanmoins je tiens à rajouter que l’on est toujours dans du Sin City et même si on s’en éloigne légèrement, l’ambiance est toujours présente dans les histoires et les dessins et cela ne ternit finalement qu’assez peu la qualité globale du titre.

Plutôt que de garder la structure récurrente des review (histoire puis dessins), on va plutôt voir les différents changements apparus dans les tomes de manière chronologique de lecture. Le premier changement intervient lors du 4 ème tome « Cet Enfant de Salaud » avec l’apparition de la couleur dans les planches de Miller. Pas dans toutes les planches je vous rassure, la majorité des cases sont toujours en noir et blanc et les couleurs n’apparaissent que pour surligner un élément présent dans ces cases. Son utilisation est faite avec parcimonie, ce qui fait que l’on conserve l’ambiance mise en place par le côté graphique tout en ajoutant un peu de relief à certains éléments. Cela permet notamment de mettre en avant certains protagonistes, et plus explicitement de mettre en avant des traits de leur physique, de leur personnalité, … ou juste de leur garde-robe. Miller évolue donc dans sa manière de voir son oeuvre avec cet ajout, ajout que j’apprécie énormément. Comme vous pouvez le voir ci-dessous cela donne des planches magnifiques et des couleurs qui explosent et qui sortent de leur cadre.

Le 5 ème tome introduit deux changement, qui cette fois-ci ne me plaise pas complètement. Dans les chapitres précédents la construction du récit était toujours la même, on suivait un personnage badass être témoin d’un acte qui allait le pousser à se venger, à partir dans une croisade sanglante pour sauver quelqu’un ou pour laver son honneur. En tant que lecteur on était placé au même niveau que le personnage, on connaissait ses motivations, ce qui était extrêmement important pour pouvoir cautionner la violence utilisée lors des différentes aventures. On savait le but et les motivations de nos protagonistes et on les supportait dans leur entreprise en étant complètement impliqué. Le 5 ème chapitre retourne ce schéma narratif, en nous donnant l’explication des actes du personnage principal à la fin du récit. C’est donc assez déroutant, je comprends l’envie de l’auteur de vouloir jouer avec les codes qu’il a lui-même mis en place dans son récit mais je trouve que cette structure est moins intéressante que celle utilisée précédemment pour les raisons évoqués ci-dessus.

Un autre changement du tome « Valeurs Familiales » intervient sur la partie graphique. Je ne l’ai pas mentionné ici ou dans la review précédente mais vous l’avez probablement remarqué, les dessins sont nets, du noir et blanc, des structures carrés, rien n’était ajouté pour agrémenter les décors, c’était la structure minimaliste des planches de l’oeuvre. Or dans la suite de son ouvrage, Miller ajoute un effet brush sur certaines planches, comme s’il avait gratté un pinceau et que les éclaboussures s’étaient retrouvées sur les planches. Je ne comprends pas le but de ce choix graphique, en plus de ne pas l’apprécier. L’aspect « originel » de Sin City est propre, sans bavures, sans ajouts car il n’en a pas besoin, il colle parfaitement à ce qui est raconté et aux personnages que l’on voit. Ce procédé me semble être un ajout inutile, qui au contraire fait perdre cet aspect tellement stylisé à l’oeuvre, qui lui fait perdre son charme et qui pire encore la rend beaucoup plus ordinaire.

Le tome numéro 6 est complètement dispensable car il s’agit d’un recueil d’histoires courtes. Vous savez peut-être que j’adore ce style de tomes (ironie), je ne m’étend donc pas dessus, il n’y a rien à en dire à part que cela n’apporte absolument rien à l’ensemble.

Le dernier tome « L’enfer en retour » est bien plus dans les standards des premiers, même si à mon goût il expédie beaucoup trop rapidement la fin en nous volant un possible combat dantesque. Et surtout en nous offrant plusieurs planches où le personnage principal est sous drogue. Le problème c’est que ces planches sont complètement en couleur. J’approuve une touche de couleur de manière parsemée pour porter le récit et pour sortir un peu des carcans de l’oeuvre. Je suis beaucoup moins fan d’oublier le style graphique de celle-ci pour un apport si minime, ces pages m’ont semblé tellement peu représentative de l’univers de Sin City. J’ai eu l’impression de lire un autre récit, ça ne m’a pas sorti de la lecture mais je ne comprends pas bien le pourquoi de cet ajout. Tant qu’à faire du full noir et blanc autant y aller jusqu’au bout et ne mettant que des touches très subtiles de couleur.

Cette deuxième partie de cet omnibus est légèrement en dessous des 3 premiers tomes, à  cause de certains changements dans la structure des récits ou la patte graphique utilisée qui ne sont pas toutes intéressantes. Miller a évolué dans son récit est cette approche est tout à fait louable.

Néanmoins l’oeuvre dans sa globalité est d’une qualité assez exceptionnelle, j’ai rarement eu autant d’emprise à la lecture d’une bande dessinée ou d’un roman, les histoires sont scénarisés de manière incroyablement addictives. Je ne saurais que trop vous conseiller de sauter sur l’occasion et de vous procurer cet omnibus si vous les pouvez. En plus d’être un objet de collection, la lecture ne vous laissera à mon avis pas de marbre.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-66 WD-Icon-65

3 réflexions sur “Comics Review 29 : Sin City Partie 2

    1. Avant l’achat j’étais comme toi je trouvais « abusé » de mettre 75€ dans un comics. Mais comme c’est une intégrale en regroupant 7 déjà ça remet en perspective, ça serait le double à l’achat séparément.
      Et puis vu la qualité et l’originalité du bouquin je ne le regrette pas du tout

      Aimé par 1 personne

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