Bienvenue à tous dans Comics Review, l’article où je review et j’analyse mes différentes lectures, 26 ème numéro aujourd’hui où l’on va parler du dernier comics de Jeff Lemire sorti en France chez Urban Comics. Dans ce tome pas de super-héros, pas de menace mondiale ou de récit de ce genre, avec Royal City l’auteur nous offre un récit humain en nous présentant une famille qui cherche à vivre ou plutôt survivre.

J’ai déjà parlé de Jeff Lemire sur le blog avec la review de Black Hammer qui présentait une équipe de super-héros dans leur quotidien, dans les moments autres que les batailles face au mal et qui se concentrait sur les personnalités et les relations des différents protagonistes. On peut donc déjà voir une similitude entre ces deux histoires sur le fait que Mr Lemire aime mettre en scène l’humanité de ses personnages, de faire des histoires pour lesquels on peut se projeter, dans Black Hammer ce n’est pas les pouvoirs qui sont mis en avant mais les doutes des personnages quant à leur manière de vivre, de présenter une nouvelle petite amie, de vivre son homosexualité, de déclarer son amour, … Dans Royal City c’est d’autant plus le cas qu’on nous montre une famille ordinaire qui doit vivre avec les fantômes de son passé.

Royal City est la ville dans laquelle cette famille vit, où tout du moins l’ensemble de cette famille, le personnage de Patrick vivant à la ville mais revient dans son village natale durant ce premier tome. La famille Pike est composé de 5 membres, les deux parents et leurs 3 enfants qui sont des adultes, ayant chacun un travail. Le premier chapitre se charge de mettre en place les 5 membres de la famille et de mystérieux personnages s’appelant Tommy qui interagissent à chacun d’entre eux. L’afflux des différents noms et différents personnages n’est pas forcément très simple à la première lecture, on s’interroge sur l’identité de chacun d’eux et fort heureusement la révélation intervient à la fin du premier chapitre (certains comprendront peut-être plus rapidement que moi). Suite à cette révélation l’auteur s’attelle à creuser le passé et le présent des différents membres de cette famille, chacun d’eux est décortiqué pour nous montrer leur quotidien, ceux pour quoi ils se battent, les relations qu’ils entretiennent, … Je le répète encore une fois, le récit est humain, l’histoire prend le temps de définir l’environnement, les personnages, les relations, leurs doutes, … pour nous amener à la compréhension de cet univers. Sur ce point Jeff Lemire réalise un sans faute pour moi, sa narration est maîtrisée, le développement de chacun des individus est poussé à son maximum et c’est tellement agréable de voir cette adresse dans le story-telling. Je n’irai pas plus loin dans l’analyse de l’histoire de Royal City voulant vous laisser la pleine découverte si vous décidez de vous jeter dessus, et je vous recommande chaudement de le faire.

Venons-en à la partie graphique de cet ouvrage qui est, je pense, la partie qui pourrait faire débat parmi les lecteurs. En plus d’être au scénario Jeff Lemire s’occupe également des dessins, et ce n’est pas mentionné du contraire mais je pense également de la partie colorisation de l’oeuvre. Il est donc au four et au moulin (achievement unlocked pour expression de l’ancien temps dans une review). Le style graphique de Lemire peut déboussoler, on est sur un dessin très minimaliste, crayonné, à la limite du croquis.

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Cela fonctionne pour certains et ne fonctionne pas pour d’autres, pour moi c’est un grand OUI. Si vous lisez régulièrement le blog ou me suivez sur Twitter, vous devez savoir que je suis assez fan de ce style graphique, j’ai adoré The Few dans le même aspect et le travail de Sean Gordon Murphy ne me semble pas insensible du tout. J’adhère donc complètement à la patte mise en place par l’auteur, qui je trouve renforce encore plus le caractère humain de cette histoire. Grâce à son trait simple et sans fioriture, on comprend que l’important c’est ici l’histoire, les personnages et leurs évolutions. Néanmoins cela ne me donne pas l’impression que la partie visuelle soit en retrait par rapport au contenu, ce que j’avais ressenti pour Black Hammer, les deux se complètent à merveille et forment un tout cohérent. J’ai également l’impression (corrigé moi si je me trompe dans les commentaires) que la colorisation ait été effectué à l’aquarelle, celle-ci apporte un côté home made et des couleurs qui s’appliquent à merveille à l’oeuvre. Le fait que les couleurs débordent de leur case ou ne complètent pas totalement l’espace donne un cachet, un grain supplémentaire aux illustrations.

De plus malgré un trait simple, Jeff Lemire n’oublie pas de nous gâter avec des doubles planches magnifiques et des compositions très intéressantes. J’ai notamment beaucoup apprécié d’avoir l’impression que les bordures des cases avaient été tracées à la main, ça peut paraître idiot dit comme cela, mais encore une fois cela renforce le côté artisanal de l’oeuvre qui suit tout à fait le propos. C’est ce genre de petite pépite qui nous fait apprécier la lecture de bande dessinée.

 

Royal City est une oeuvre complètement maîtrisée de bout en bout, sur sa narration, son développement d’univers et de personnage, sa patte graphique, … Chaque élément est à sa place et tous les choix de l’auteur s’assemblent dans un tout cohérent qui nous transporte dans ce récit humain. C’est brillant et on en redemande, j’attends avec grande impatience le second tome.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-66

9 réflexions sur “Comics Review 26 : Royal City

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