Bienvenue à tous dans Comics Review, l’article où je review et j’analyse mes différentes lectures, 20ème numéro aujourd’hui où je review des comics plus connu et ceux avec lesquels j’ai commencé la lecture des comics US. Comme à chaque dizaine je propose un sondage sur Twitter en proposant 4 choix et vous élisez ce que vous voulez me voir analyser. Voilà les résultats :

Capture

Comme vous pouvez le voir cette 20ème Comics Review sera consacré à légendaire oeuvre d’Alan Moore et Brian Bolland, The Killing Joke.

Ce comics est sorti à la fin des années 80, au moment où des auteurs comme Moore ou Miller envoyait des claques de forain en réinventant l’industrie de la BD US, j’étais pas né à cette époque et je ne lisais encore moins de comics, mais de ce que je peux en lire elle a revigoré une industrie qui était en perte de vitesse en sortant des œuvres majeures qui réinventait certaines personnages ou qui donnait une vision complètement neuve d’un médium, on peut citer Watchmen, V pour Vendetta, Dark Knight Returns, Year One, … (et je ne parle que de DC car c’est la maison que je connais le plus). Killing Joke est donc très souvent un tome d’entrée dans la lecture de comics, j’ai, et je pense beaucoup de lecteurs, commencé par lire des comics majeurs de ce type, c’est un choix simple ne serait-ce que pour trouver les tomes, ça permet d’assurer une qualité sans égale et pour démarrer c’est une très bonne chose. Cela permet de commencer sans prendre de risque et de pouvoir apprécier le média comics, d’un autre côté on ne se rend pas forcément compte de l’importance de ces œuvres quand on les lit en débutant, par exemple apprécier Dark Knight Returns de Miller, où Batman est sombre et extrémiste sans savoir que les versions précédentes étaient plutôt légères de ton comme dans la série Batman de 66, n’est pas chose aisée.

adam_west_watermark_original

Entrons dans le vif du sujet, Killing Joke est un comics de 48 pages !!! Oui en rien que 48 pages Alan Moore a réussi à faire entrer son récit dans la légende, pour que certains se rendent bien compte 48 pages c’est même pas deux chapitres de tomes libraire (TPB) qui regroupent entre 6 et 8 chapitres. Rien que cela permet de situer à quel point le récit est exceptionnel, ca va vite et ca va fort. Au niveau du scénario, ce tome se passe sur deux époques, on alterne donc période actuel et flashback lors des débuts de Bruce Wayne sous la cape de Batman. Néanmoins ceux-ci ne sont pas centrés sur le chevalier noir, mais sur un homme ordinaire, un comédien raté qui tente tant bien que mal de survivre. Ces scènes de flashback sont magnifiquement représentés par Brian Bolland, entièrement en noir et blanc à l’exception d’un ou deux éléments par case qui permettent de les faire ressortir du livre. Une ambiance de vieux film mafieux est dépeinte dans ces pages, pas seulement parce que la mafia intervient dans ces parties mais également via l’utilisation de cette palette de couleur, de vieux chapeaux. Tout respire l’ancien dans ces pages et on est réellement transporté dans cette époque, la transition entre les deux périodes se fait donc extrêmement facilement.

img_20180118_190638645219341.jpg

Vous allez me dire ils sont bien gentils tes flashbacks, ils sont beaux mais un homme ordinaire on s’en fout un peu. Sauf que cet homme ordinaire va devenir le Joker dans les pages suivantes, après le décès de sa femme, il va aider la mafia et va plonger dans un bain de produits chimiques et ressortir avec l’identité du Joker.

img_20180117_2217491350772289.jpg

Dans un premier temps ai-je besoin de parler de la beauté de cette page, le dessin est sublime et ne montre que ce qu’il est nécessaire de montrer, et c’est une constante tout au long du livre. Chaque case a son intérêt ici, le storytelling est parfait, et la mise en page sublime la partie importante, à savoir la révélation du Joker. Ce comics est découpé de manière très classique, un peu à la Watchmen pour ce à qui ça parle, pratiquement chaque page contient 9 cases, ou dans certains cas 6, chaque case faisant à quelque exceptions près la même taille sur une planche. Et ces exceptions sont les moments importants du récit, chaque case que les auteurs ont choisi de mettre en avant à droit à sa mise en valeur avec un affichage plus grand. Autre petit détail, les dessins restent dans le carcan de leur case, rien ne déborde, rien sauf deux représentations, dont celle du Joker ci-dessus ou l’on peut voir ses bras sortir du cadre pour encore une fois mettre l’accent sur ce passage.

Je continue sur le flashback du Joker, mais cette fois-ci plus sur la partie scénario, la force de ce tome c’est de réussir quelque chose qui semblait et semble toujours aujourd’hui quelque chose d’impossible. De donner une origin story au Joker. La force du personnage est que l’on ne sait pas qui il est, ni comment il est devenu ce qu’il est, cela le rend plus effrayant mais aussi beaucoup plus intéressant, le mystère est entier. Lui donner une origine semble donc une tâche vouée à l’échec, et Moore de manière simple, respectueuse réussit le tour de force de le réaliser, et de le réaliser de manière à ce que ce tome soit considéré, par la plupart, comme la meilleure histoire du Joker. Paradoxale non ? LA meilleure histoire d’un personnage mystérieux et qui plait aux fans pour cela, est une histoire qui dévoile totalement ces origines. Ce qui prouve que certaines histoires que l’on pense ne pas vouloir, pour lesquels on se bat pour garder le mystère, peuvent devenir parfaites dans les mains d’un génie.

Et le pire c’est que l’histoire ne se résume pas uniquement qu’à cette origin story du Joker, Moore présente aussi l’une des planches les plus iconiques de l’univers DC et qui aura une répercussion assez énorme au sein de la Bat-Family. Le Joker tirant sur Barbara Gordon aka Batgirl, ce qui la forcera à devenir Oracle après qu’elle soit confiné en fauteuil roulant. Et la scène de torture physique du commissaire Gordon avec les photos nues et ensanglantés de sa fille. Le comics n’est pas Rated Teen, ca se ressent et c’est tant mieux quand on voit ce que l’auteur en fait.

Deux histoires marquantes au sein du même récit se n’était pas suffisamment pour Moore, jamais deux sans trois comme on dit, il finit donc son chef d’oeuvre sur l’une des planches qui a fait, qui fait et qui continuera à faire parler pendant encore des années. La planche dont personne n’a réellement la finalité, Batman l’a-t-il fait ? A-t-il été jusqu’à tuer le Joker ?

img_20180117_222828-1490154726.jpg

C’est la théorie sur la signification de cette dernière planche, Batman qui disjoncte, se met à rire avec le Joker et lui porterait le coup fatal, ce qui arrêterait ses rires. Aura-t-on un jour la réponse à cette dernière planche ? En a-t-on réellement besoin ? Est-ce que ce mystère n’est-il pas bien plus intéressant à rester entier ? En 48 pages Moore arrive à raconter une des histoires les plus iconiques du genre, tout cela en étant sublimé par des dessins magnifiques et un montage sobre mais qui sait mettre en avant les moments importants, est-ce qu’en plus de toute cela l’histoire n’est-elle pas parfaite à finir de la sorte ? Pour éviter de terminer sur une déception quel meilleur moment que de finir sur un cliffhanger ? Je n’y pensais pas spécialement avant d’écrire la review mais cette fin me fait penser à la fin d’Inception et la toupie (même si Nolan a confirmé certaines fan théories là-dessus). Pour toutes ces raisons Killing Joke est pour moi un comics qui frôle avec la perfection, je n’oserais et ne voudrais voir quelque chose de changer dans ce récit, c’est le type d’histoires racontés par des gens passionnés qui nous font aimer ce média. Que peut-on demander de plus ?

 

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67

5 réflexions sur “Comics Review 20 : The Killing Joke

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s