Il y a 2 mois j’ouvrais ce blog pour partager mon avis sur mes différentes lectures comics, je le faisais sur Twitter auparavant mais le format ne me permettait pas de détailler mon propos. On arrive à la 10ème review et j’ai lancé un sondage sur Twitter pour savoir quel comics devrait être le 10ème, pour marquer un petit tournant (petit parce que bon je fais pas 500 vues par article ^^). Les votes ont donc désigné Batman Silence.

Pour ceux qui l’ignorent Silence (Hush en VO) est un arc de la publication du chevalier noir édité entre 2002 et 2003, paru dans le mensuel dédié à Batman entre les numéros 608 et 619, écrit par Jeph Loeb et dessiné par Jim Lee. Rien que le duo te pose les bases, Loeb a écrit certaines des meilleures enquêtes de Batman, Un Long Halloween par exemple, et Jim Lee est un dessinateur ultra-connu et réputé. 15 ans après sa publication Silence est considéré comme l’un des meilleurs arcs du personnage, voir même pour certains la meilleure histoire sur celui-ci.

On va pas tourner du pot plus longtemps, pour moi Silence est une bonne histoire sur Batman mais elle ne peut en aucun cas concurrencer Un Long Halloween sur pratiquement tous les points majeurs que je « juge » quand je lis un comics, scénario, ambiance, style graphique, …

Dans ce tome Batman fait face à un nouvel ennemi dont il ignore l’existence, celui-ci va rassembler de nombreux membres de la rogue gallery du chevalier noir pour le faire plier, on verra donc dans ce tome Killer Croc, l’Epouvantail, Harley Quinn, le Joker, … Jeph Loeb est adepte de ce genre de décision scénaristique, d’amener beaucoup de personnages de l’univers même si ce n’est que pour quelques pages voir quelques chapitres. Ça peut déplaire à certains mais sur moi ça fonctionne très bien, la multiplication des menaces apporte une tension à l’histoire et cela nous permet de voir comment Batman se débrouille pour se débarrasser de chacun d’eux. L’un des points forts de ce tome est l’évolution de la relation entre Batman et Catwoman, qui se rapproche jusqu’à devenir amant, ils s’embrassent plusieurs fois et Batman va même jusqu’à révéler à Selina son identité secrète. On explore donc les sentiments de Bruce et comment il compare cette situation avec ce qu’il a vécu avec les différents Robin.

Le deuxième énorme point fort dans ce tome c’est le chapitre 7 !!! Pour remettre en contexte, Bruce retrouve un ami d’enfance dans cet arc, un chirurgien qui le sauve la vie après un accident (on reviendra sur ce personnage Thomas Elliot). Sauf que patatras (#lesMotsDAntan) le Joker tue Thomas plus ou moins devant Batman. Le chapitre 7 va donc montrer l’explosion de rage de Bruce et comment il va se défouler sur le Joker au point de vouloir le tuer. Vous allez me dire « Ouais mais on sait qu’il le tuera pas, … », oui certains arcs sont souvent trop simples pour y croire mais ici cela est raconté de manière tellement animale qu’on, ou du tout du moins que j’y, croit. Batman attaque de manière répétée et à main nue le Joker, il pète littéralement un câble et ne semble pas être capable de s’arrêter. Le découpage est magistrale dans ce chapitre pour montrer la répétition des coups portés. Au final Catwoman viendra stopper Bruce mais l’impact de ce chapitre est génial.

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L’histoire nous tient en haleine au fur et à mesure des chapitres pour savoir qui est Silence, qui est ce personnage qui se joue du chevalier noir et pourquoi ? Et malheureusement le twist de révélation est cousu de fil blanc. A force de lire des comics et surtout des comics sur des personnages 3 fois plus vieux que nous, on se rend compte que lorsqu’un personnage du passé, dont on a jamais entendu parler auparavant, est introduit, il va finir par être le méchant de l’histoire. Et ici c’est le cas, c’est donc Thomas Elliot qui était sous les bandelettes de Silence. On a bien la révélation que le Sphinx orchestrait également l’opération avec Silence mais il n’empêche que c’est assez convenu. Pour comparer à Un Long Halloween où la révélation du tueur avait tout son sens et où l’auteur aimait jouer avec nous pour nous mettre sur la piste tout au long de l’oeuvre. Sans parler du fait que les enjeux sont réels dans cette oeuvre, des personnes sont tués, Batman est mis en question, ici on a pas de réels enjeux forts à part un personnage mystère qui veut jouer avec Batman.

Venons en à la touche graphique de ce run, Jim Lee est aux commandes, gage de qualité. Le monsieur a de très bonnes idées, notamment une utilisation massive de la cape de Batman pour distiller un sentiment de peur à ces adversaires, et quand je dis massive c’est vraiment massive.

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On sent que sur certains plans Jim se fait plaisir. Un autre exemple sur les scènes de flash back de l’enfance de Bruce et Thomas, qui sont dépeintes magnifiquement, on dirait presque à l’aquarelle tellement le résultat est bluffant. Cela fait ressortir ces scènes par rapport au reste du récit qui reste assez convenu en terme de dessin.

Car oui malheureusement je trouve le dessin de Jim Lee un peu convenu, un peu trop propre. Vous méprenez pas, je donnerais un rein pour avoir un de ses originaux accroché chez moi mais malgré tout je trouve son dessin sans grande prise de risque. On tourne les pages sans jamais réellement se dire « bordel c’est beau », ça fait totalement le job mais il manque le chouïa qui te fait te lever de ta chaise. Le fait que l’arc soit publié dans le Batman en parution mensuelle a probablement également joué là-dedans. Mais j’ai du mal à ressentir une atmosphère qui aille au chevalier noir, le dessin est trop lisse pour un personnage tel que lui. Encore une fois pour reprendre l’exemple de Un Long Halloween, Tim Sale arrivait à instiguer une atmosphère pesante par son dessin, une atmosphère unique qui colle au thème d’Halloween en plus.

Et pour finir sur la partie graphique j’ai eu un gros problème à la lecture sur la représentation des personnages féminins. Je veux bien qu’on nous montre des femmes fortes et des héroïnes mais chaque femme dans ce récit est dépeinte de manière ultra sexualisée. Vêtements ultra moulants, plastiques très en forme, positions suggestives, tout y passe, c’est le cas aussi pour les personnages masculins mais cela m’a plus choqué dans le cas des femmes et notamment de Loïs Lane qu’on ne voit pratiquement pas mais qui est représenté comme une bimbo, c’est du fan service mais dans le sens très grivois du terme. c’est très dommage car ça m’a un peu sorti de certaines scènes tellement c’était dérangeant.

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Silence est une bonne histoire du chevalier noir, elle met en scène de nombreux personnages iconiques et connus du grand public. Jeph Loeb sait comment garder en haleine un lecteur tout au long du récit et Jim Lee apporte sa patte graphique moderne mais peut être un peu convenu. Néanmoins un manque d’enjeux réels et une révélation qu’on voit arriver de loin n’en font pas le récit parfait sur Batman.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-67 WD-Icon-65 WD-Icon-65

 

3 réflexions sur “Comics Review 10 : Batman Silence

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