Une fois n’est pas coutume (ou alors très rarement), je lis et donc review aujourd’hui sur le blog un comics non super-héroïque. Lecture plus ou moins d’actualité avec la sortie cinématographique du 2ème opus du titre éponyme, aujourd’hui je m’attaque à Kingsman Services Secrets. Beaucoup d’attente sur ce titre car j’ai adoré le film de 2017 et donc je m’attendais à ressentir le même vent frais, la même délectation devant les scènes de baston, … Autant vous dire tout de suite c’est la déception.

Petit point historique sur l’écriture de ce tome, Mark Millar est à la plume accompagné de Matthew Vaughn. Millar c’est une tête d’affiche niveau scénariste de comics, il a créé Kingsman et Kick Ass, a écrit la saga Civil War pour Marvel notamment et le grandiose Superman Red Son pour DC entre autre. Matthew Vaughn ne vient pas du tout du monde des comics, il est scénariste et réalisateur de films, il a réalisé X-Men First Class, Kick Ass et les Kingsman. On a donc une collaboration assez intéressante à l’écriture, la petite histoire veut que Millar et Vaughn se sont rencontrés sur le tournage de l’adaptation du premier Kick Ass, où ils ont parlé du genre d’espionnage et comment ils pourraient y apporter du sang neuf. C’est comme cela qu’est né l’idée de la licence Kingsman. Les deux acolytes se sont donc attelés à écrire le script pour le comics et l’adaptation ciné en même temps, des ptits rapides ces deux là.

Au niveau de l’histoire, ceux qui ont vu l’adaptation ne seront pas pris au dépourvu, c’est pratiquement en tout point la même histoire. Un agent des services secrets tente de faire recruter un délinquant des quartiers sensibles, le bad guy de l’histoire cherche à réduire la population mondiale via le réseau cellulaire qui activera notre cerveau reptilien et nous fera nous entre-tuer. On voit quelques différences mais le schéma de base reste le même, et du coup j’ai un peu de mal à voir l’intérêt d’un scénario aussi proche pour ces deux œuvres qui sortent plus ou moins au même moment. Je peux comprendre une adaptation très fidèle à un matériel d’origine pour lui rendre hommage mais ici le comics et le film sortant dans la même intervalle la duplication n’a plus du tout d’intérêt. Pourquoi ne pas avoir raconté quelque chose de complètement différent tout en gardant le support de base avec l’espionnage et la relation de mentorat ?

Une des bonnes choses à noter est que le ton entre le comics et le film est conservé, on est donc plongés dans l’Angleterre des HLM et c’est plutôt intéressant comme ça peut l’être dans l’adaptation ciné. Malheureusement c’est plus ou moins les seuls choses qui sont intéressantes avec quelques notes d’humour. En lisant le comics j’ai du mal à croire que Millar ait pu allouer beaucoup de temps à l’écriture car le rythme du livre est son plus gros défaut. Jamais les auteurs ne prennent le temps d’installer des situations, tout va très et trop vite. Vous vous souvenez de l’entrainement de Egsy dans le film ? Ici c’est quelques planches par-ci, par-là sans réel intérêt. Le troisième acte de résolution du conflit qui prend son temps ? Ici c’est expédié en un seul chapitre !!!! La menace est divulguée à la fin de l’avant dernier chapitre, comment voulez-vous faire monter la tension si le plan du méchant est contrecarré en un chapitre ?!

Bon l’histoire c’est pas ça, mais en tant que lecteurs de romans graphiques on sait que l’aspect graphique a un intérêt énorme, il peut nous faire oublier certaines lacunes de scénarios ou alors nous sortir complètement de l’histoire si l’on accroche pas à son approche visuelle. Sur Kingsman, on a Dave Gibbons aux dessins, le monsieur derrière Watchmen notamment, donc on peut se dire que ca va rattraper le tir.

88b

Et là encore une fois j’ai du mal à comprendre, comment quelqu’un qui a effectué un travail de malade sur Watchmen, sur la gestion des ombres, le caractère design, … peut en arriver à dessiner une oeuvre aussi convenue. Rien ne ressort dans ce livre, aucune planche n’est iconique voir même attirante pour l’œil, aucun travail d’inventivité n’est réalisé sur le découpage, c’est sérieusement le désert total. Je prends pas mal de photos lors de mes lectures pour mes review, je dois souvent en éliminer pour ne pas trop polluer l’article, ici je n’ai pris aucune photo !!! Je sais que prendre l’exemple de Watchmen n’est peut être pas très adéquat, le roman graphique date des années 80, y’a prescription maintenant, le travail d’un artiste peut changer sur un laps de temps aussi grand, mais changer à ce point je ne peux m’y résoudre. On passe du génie de la représentation à un travail plus que moyen sans ambition et sans panache. Regardez la différence sur l’expression des visages, sur les décors, …

 

 

Grosse attente pour moi, ce Kingsman n’arrive à délivrer ses promesses sur aucun des facteurs qui fait de la lecture des comics un plaisir. Le scénario n’apporte rien par rapport à l’oeuvre cinématographique et les dessins sont d’une convenance sans nom et sans panache. On y perd même l’un des apports majeurs du film à savoir la mise en scène géniale des combats qui sont ici dessinés le plus simplement possible. Passez votre chemin cher amis, visionnez les films.

Note globale WD-Icon-67 WD-Icon-66 WD-Icon-65 WD-Icon-65 WD-Icon-65

 

Une réflexion sur “Comics Review 8 : Kingsman Services Secrets

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