Seconde review sur le blog, et aujourd’hui on part sur du lourd, du très lourd : V pour Vendetta.

Cette review devrait parler à un peu plus de monde grâce à l’adaptation cinématographique très connue. Et surtout ce comics est rentré dans la légende de la pop culture notamment avec le masque porté par le personnage principal, masque repris par les activistes Anonymous.

Avant de parler du contenu de ce comics, petite aparté sur le monsieur qui nous a offert ce chef d’oeuvre, il s’agit d’Alan Moore. Alan Moore n’est ni plus ni moins qu’un génie de l’écriture, il a révolutionné le monde des comics plusieurs fois en sortant des ouvrages qui en ont laissé plus d’un sur le cul. On peut citer Watchmen (qui a également eu le droit à son adaptation cinématographique par Zack Snyder), The Killing Joke qui est pour beaucoup d’amateurs de comics la meilleure histoire du Joker et une des meilleures du Batman, et donc V pour Vendetta (j’oublie certainement des tomes géniaux de Moore mais j’ai surtout connaissance des ces 3 ouvrages). En plus d’être un génie de l’écriture Moore est également un activiste très prononcé et disons qu’il n’a pas la langue dans sa poche, pour preuve il a toujours détesté n’importe quelle adaptation de ses œuvres et l’a fait savoir très fortement. Pour ceux que ça intéresse de voir l’esprit derrière les œuvres je vous conseille une série de reportages réalisés par Arte à visionner ici.

Voilà pour la présentation de l’auteur, on peut maintenant passer au comics en lui-même. Je dispose de la version édité par Urban Comics en français qui a ajouté certains croquis de préparation mais surtout une préface de l’auteur.

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Ne faites pas attention à mon bout de pouce ce n’est pas l’important dans cette préface. Ce qui m’a marqué en lisant celle-ci c’est la modestie de l’auteur sur le début de cette ouvrage, Moore n’était pas encore l’auteur reconnu qu’il est maintenant mais on a quand même du mal à imaginer qu’il ait pu penser que son oeuvre soit :

étrange, une fois examiné à la lumière de la suite.

Ce qui me frappe également c’est le caractère sacré qu’à une oeuvre pour l’auteur, il parle de ne pas éradiquer les traces de ces erreurs de jeunesse. Même imparfait à ces yeux son oeuvre est le reflet de son esprit de l’époque et ne doit pas être altérée. Certains auteurs n’ont malheureusement pas la même bonté d’esprit d’en faire autant, et oui c’est à toi qu’on pense George.

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Je m’étends, je m’étends mais il est grand temps d’en venir réellement à l’histoire de V pour Vendetta.

L’histoire se déroule dans l’Angleterre des années 90, une guerre nucléaire ayant éclaté dans le monde et le Royaume-Uni est l’un des derniers pays rescapés. Un chaos a donc pris part sur la planète et un groupe fasciste a pris le contrôle de la nation. Organisation fasciste et autoritaire oblige, ils ont mis en place des camps de concentration pour homosexuel ou des expériences sont menés sur ces derniers, le moindre fait et geste de tous les habitants est étudié via caméra et système d’écoute. Le seul média en place est un média de propagande bien sûr, bref y’a de la joie. Moore a d’ailleurs eu une idée assez brillante pour représenter cette organisation, à savoir que chaque personne fait partie d’une branche nommée en fonction des « méfaits » qu’ils commettent. Par exemple les employés de la milice armée du pouvoir font partie de La Main, ceux qui sont chargés d’espionner les citoyens via les caméras font partie de L’Oeil, ce qui diffusent les informations de propagande font partie de La Voix … et tout en haut de l’organisation nous avons le Commandeur.

Le récit débute par l’introduction du personnage de Evey, joué par Nathalie Portman dans le film, qui fait le trottoir pour gagner de l’argent. Elle se fait repérer par la milice du régime et comme dans le film V vient à sa rescousse et la prend sous son aile. On suit donc à travers ses yeux l’introduction du personnage de V et son plan pour déloger le pouvoir établi.

L’écriture d’Alan Moore est très addictive, chaque chapitre est très rapide à lire et donne envie de savoir la suite, dans le fond et la manière de raconter son récit on se rapproche plus d’un roman ou d’un film que d’un comics plus classique. La différence avec les comics à parution mensuelle est d’ailleurs flagrante, là où ces comics regorgent de cliffhanger pour inciter les lecteurs à acheter le numéro suivant, ce tome prend son temps pour raconter son histoire et ne cherche pas à utiliser ces méthodes. On est donc face à une très bonne histoire de rébellion sous occupation autoritaire, avec une manière de narrer le récit très addictive. Certaines planches dénotent complètement par rapport à des comics classiques, en utilisant des procédés propres aux cinémas, par exemple la différence temporelle entre les actions de deux personnages sur une même planche alors qu’on pourrait croire que leurs actions se passent au même moment.

L’avantage des comics ou de n’importe quel roman graphique c’est qu’en plus de raconter une histoire, il peut nous la montrer et utiliser des procédés graphiques qui peuvent valoir l’achat du tome à lui seul. Il faut tout d’abord replacer l’oeuvre dans son contexte, elle est sortie à la fin des années 80, le style de dessin est donc complètement différent de ce que l’on peut faire à l’heure actuelle. Les dessinateurs de l’époque utilisaient beaucoup moins de détails que maintenant pour représenter leurs scènes ou personnages. Et pour ce tome le dessinateur David Lloyd est au même niveau que l’auteur, à savoir tout en haut. Son dessin sobre et très peu détaillé sort du lot, peut être est-ce parce que je suis habitué à une avalanche de détails que j’apprécie cette représentation. Il dispose d’un talent énorme pour mettre en scène le mouvement et la gestion des ombres notamment (voir les planches ci-dessous).

 

Rien à ajouter sur le travail des ombres, et regardez le mouvement avec cette main qui soulève un bandeau ou encore le déplacement de ce policier entre les deux cases qui se suivent. Brillant !

Néanmoins le trop peu de détails des dessins, notamment sur les visages des personnages et l’utilisation de noms assez communs n’aident pas à la reconnaissance de ceux-ci, notamment pour les personnages secondaires. C’est le seul reproche que je peux faire à cet ouvrage, tellement il est bon et beau à mon goût.

Au final V pour Vendetta est probablement le meilleur comic book que j’ai eu le plaisir de lire, il est ultra addictif même si vous avez vu l’adaptation cinématographique avant de commencer la lecture, son histoire intemporel et ses dessins sont de top niveau. Donc si vous avez l’occasion d’y mettre les mains dessus, n’hésitez même pas une seule seconde.

3 réflexions sur “Comics Review #2 : V pour Vendetta

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